4 Discours et prières entre la chambre haute et Gethsémané :

07/11/2014 15:51

11. LES PROPHÉTIES COMMUNIQUÉES EN PRÉPARATION

À LA MORT DE CHRIST

4 DE 4

 

Discours et prières entre la chambre haute et Gethsémané :

 

Réponses à des questions sur la destination de Jésus, le Père et le Saint-Esprit

JEAN 14 : 1 à 31

1 ¶  Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi.

2  Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place.

3  Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.

4 ¶  Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin.

5  Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons-nous en savoir le chemin ?

6  Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

7  Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu.

8  Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.

9  Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ?

10  Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres.

11  Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces œuvres.

12 ¶  En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père ;

13  et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.

14  Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

15 ¶  Si vous m’aimez, gardez mes commandements.

16  Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous,

17  l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous.

18 ¶  Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.

19  Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi.

20  En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous.

21  Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui.

22  Jude, non pas l’Iscariot, lui dit : Seigneur, d’où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde ?

23  Jésus lui répondit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui.

24  Celui qui ne m’aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé.

25 ¶  Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous.

26  Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

27  Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point.

28 ¶  Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est plus grand que moi.

29  Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu’elles arrivent, afin que, lorsqu’elles arriveront, vous croyiez.

30  Je ne parlerai plus guère avec vous ; car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi ;

31  mais afin que le monde sache que j’aime le Père, et que j’agis selon l’ordre que le Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

14:1-31 Tout ce ch. tourne autour de la promesse que Christ est le seul à pouvoir apporter du réconfort au croyant, non seulement par l’idée de son retour, mais déjà dans ce monde, grâce au ministère du Saint-Esprit (v. #Jn 14: 26). L’action se passe toujours dans la chambre haute où les disciples et Jésus s’étaient rassemblés avant son arrestation. Judas a été renvoyé (#Jn 13: 30) et Jésus a commencé de donner ses dernières recommandations aux onze restants. Le monde des disciples était sur le point de se briser; ils allaient connaître la confusion, le bouleversement et l’angoisse à cause des événements qui allaient survenir. Anticipant leur désespoir, Jésus cherche à les réconforter.

14: 1 On aurait pu s’attendre, quelques heures à peine avant la croix, à ce que les disciples réconfortent Jésus, et pourtant c’est encore lui qui doit les soutenir spirituellement et psychologiquement. C’est une nouvelle preuve de son amour de serviteur (cf. #Mt 20:26-28).

trouble. Avoir foi en Christ peut empêcher d’avoir le cœur troublé pendant l’épreuve.

14:2-3

Je vais vous préparer. Son départ serait tout à leur avantage, puisqu’il allait leur préparer un foyer céleste et qu’il reviendrait les chercher afin qu’ils puissent être avec lui. C’est l’un des passages qui évoquent l’enlèvement des saints à la fin des temps, lors du retour de Christ. Il ne décrit pas le moment où Jésus reviendra sur terre avec ses saints pour établir son royaume (#Ap 19:11-15), mais celui où il emmènera les croyants avec lui pour les faire vivre au ciel. Puisqu’il n’est pas mentionné ici de jugement des perdus, il ne peut s’agir de son retour en gloire et en puissance pour détruire les méchants (cf. #Mt 13:36-43, #Mt 13:47-50). Cela décrit plutôt son retour destiné à rassembler ceux, parmi les siens, qui seront encore vivants, et à ressusciter le corps des morts pour les emmener tous au ciel. Ce qu’il est convenu d’appeler l’enlèvement est aussi décrit en #1Co 15:51-54 ; #1Th 4:13-18. Après son enlèvement, l’Église célébrera le festin des noces (#Ap 19:7-10), recevra sa récompense (#1Co 3:10-15 ; #1Co 4:5 ; #2Co 5:9-10), puis retournera sur terre avec Christ lorsqu’il reviendra établir son royaume (#Ap 19:11-20:6).

14: 2

demeures. Littéralement des « habitations », des chambres ou même des appartements (au sens moderne du terme). Mais toutes se trouvent dans la grande maison du Père.

14: 6 C’est le sixième « je suis » de Jésus dans Jean (voir #Jn 6:35 ; #Jn 8:12 ; #Jn 10:7, #Jn 10:9 ; #Jn 10:11, #Jn 10:14 ; #Jn 11:25 ; #Jn 15: 1, #Jn 15: 5). En réponse à la requête de Thomas (v. #Jn 14: 4), Jésus déclare que lui seul peut mener à Dieu, car il est la vérité de Dieu (#Jn 1:14) et la vie de Dieu (#Jn 1:4 ; #Jn 3:15 ; #Jn 11:25). Dans ce v., il est fortement souligné que Jésus constitue le moyen exclusif de s’approcher de Dieu. Il n’y a pas plusieurs chemins qui mènent à Dieu, mais un seul: Jésus-Christ (#Jn 10:7-9 ; cf. #Mt 7:13-14 ; #Lu 13: 24 ; #Ac 4:12).

14:7-11

dès maintenant vous le connaissez. Ils connaissaient Dieu car ils avaient connu Christ pendant son ministère et le verraient bientôt dans sa mort et sa résurrection. Le connaître, c’est connaître Dieu. L’accent permanent sur la présentation de Jésus comme Dieu incarné est sans équivoque dans cet Évangile (v. #Jn 14: 11 ; #Jn 1:1-3, #Jn 1:14, #Jn 1:17-18, #Jn 5:10-23,26; #Jn 8:58; #Jn 9:35; #Jn 10:30,38; #Jn 12: 41; #Jn 17: 1-5; #Jn 20: 28).

14: 12

il en fera de plus grandes. Jésus ne voulait pas dire que ces œuvres seraient plus puissantes, mais qu’elles auraient un plus grand impact. Ils deviendraient des témoins pour le monde entier grâce à l’habitation du Saint-Esprit (#Ac 1:8), et ils conduiraient des multitudes au salut grâce à la présence en eux du consolateur. Il est plus question ici de miracles spirituels que matériels. Le livre des Actes constitue le récit historique du premier impact qu’eurent sur le monde les disciples remplis du Saint-Esprit (cf. #Ac 17: 6).

parce que je m’en vais au Père. C’est uniquement par la puissance du Saint-Esprit que les disciples de Jésus pourraient être utilisés pour faire ces plus grandes oeuvres. L’Esprit ne pouvait être envoyé pour jouer son rôle de consolateur tant que Jésus ne serait pas retourné vers son Père (v. #Jn 14: 26 ; #Jn 7: 39).

14:13-14 Devant le désarroi que provoque chez les disciples le départ de Jésus, celui-ci les réconforte en leur indiquant comment ils auront accès aux ressources nécessaires pour accomplir leur mission, sans sa présence immédiate à leurs côtés, sur laquelle ils avaient pris l’habitude de s’appuyer. Intercéder au nom de Jésus ne signifie pas rajouter cette expression en fin de prière, comme s’il s’agissait d’une simple formule. Cela signifie que:

1° la prière du croyant devrait toujours viser les objectifs et le royaume de Dieu, et non la satisfaction de motifs égoïstes;

2° la prière du croyant ne doit jamais reposer sur les mérites personnels supposés du croyant, mais toujours sur les mérites de Jésus seul;

3° la prière du croyant doit viser exclusivement la gloire de Dieu.

14:15-31 Dans ces vv., Jésus promet aux croyants le réconfort de cinq bénédictions surnaturelles dont le monde ne peut jouir:

1° une aide surnaturelle (vv. #Jn 14:15-17);

2° une vie surnaturelle (vv. #Jn 14:18-19);

3° une union surnaturelle avec lui (vv. #Jn 14:20-25);

4° un enseignant surnaturel (v. #Jn 14: 26);

5° une paix surnaturelle (vv. #Jn 14:27-31).

La clé de tout cela est au v. 15: ces promesses surnaturelles sont destinées à ceux qui aiment Jésus-Christ et dont l’amour pour lui est prouvé par leur obéissance.

14: 15 Cf. vv. #Jn 14:21-24. L’amour pour Christ est inséparable de l’obéissance (voir #Lu 6:46 ; #1Jn 5:2-3). Dans ce contexte (vv. #Jn 14:23-24), l’expression « mes commandements » ne désigne pas seulement les commandements éthiques de Jésus, mais toute la révélation de la part du Père (voir #Jn 3:31-32 ; #Jn 12:47-49 ; #Jn 17: 6).

14: 16

je prierai le Père. L’œuvre sacerdotale d’intercession de Christ commença avec sa requête adressée au Père d’envoyer le Saint-Esprit pour qu’il fasse sa résidence dans les croyants (#Jn 7:39 ; #Jn 15: 26 ; #Jn 16: 7 ; cf. #Ac 1:8 ; #Ac 2:4, #Ac 2:33).

un autre. Le mot grec signifie un autre de la même qualité, c’est-à-dire quelqu’un de semblable à Jésus lui-même, qui viendra prendre sa place pour continuer son œuvre. L’Esprit de Christ est la troisième personne de la Trinité; il est de la même essence divine que Jésus et parfaitement un avec lui, autant qu’il est un avec le Père.

consolateur. Le terme grec signifie littéralement « celui qui est appelé aux côtés de », avec le sens de quelqu’un qui encourage et exhorte. « Demeurer » désigne sa résidence permanente dans le cœur des croyants (#Ro 8:9 ; #1Co 6:19-20 ; #1Co 12: 13).

14: 17

l’Esprit de vérité. C’est l’Esprit de vérité, car il est la source de la vérité et la communique aux siens (v. #Jn 14: 26 ; #Jn 16:12-15). Sans lui, les hommes ne peuvent connaître la vérité divine (#1Co 2:12-16 ; #1Jn 2:20, #1Jn 2:27).

il demeure avec vous, et il sera en vous. Cela implique qu’il existe une différence entre le ministère du Saint-Esprit auprès des croyants avant et après la Pentecôte. Le Saint-Esprit a toujours été avec les croyants de tous les temps dans l’histoire de la rédemption, comme source de la vérité, de la foi et de la vie. Mais Jésus affirme que quelque chose de nouveau a été introduit dans son ministère. #Jn 7:37-39 le compare à « des fleuves d’eau vive ». #Ac 19:1-7 introduit certains croyants de l’A.T., qui n’avaient pas reçu le Saint-Esprit, dans la plénitude de cette intimité avec lui. Cf. #Ac 1:8 ; #Ac 2:1-4 ; #1Co 12:11-13.

14:18-19

je viendrai à vous …  vous me verrez. Il faisait d’abord allusion à sa résurrection, après laquelle ils pourraient le revoir (#Jn 20:19-29). Il n’y a aucune mention que Jésus soit apparu à des incroyants après sa résurrection (voir #1Co 15:1-9). Dans un autre sens, cela renvoie au mystère de la Trinité. Grâce à la venue du Saint-Esprit qui allait faire sa demeure en eux, Jésus reviendrait auprès des siens (#Jn 16: 16 ; cf. #Mt 28: 20 ; #Ro 8: 9 ; #1Jn 4:13).

14: 18

orphelins. Dans cette allusion voilée à sa mort, il promit de ne pas les laisser seuls (#Ro 8:9).

14: 19

vous vivrez aussi. Grâce à sa résurrection et par la présence en eux de la vie du Saint-Esprit, les croyants possèdent la vie éternelle (voir #Ro 6:1-11 ; #Col 3:1-4).

14: 20

En ce jour-là. Cela renvoie à sa résurrection, où il leur reviendrait vivant.

14:21-24 Une fois de plus, Jésus insiste sur la nécessité de l’obéissance régulière à ses commandements comme preuve de l’amour du croyant pour lui et pour le Père. Cela correspond aux enseignements de #Ja 2:14-26, qui indiquent que la vraie foi se manifeste par les œuvres produites par Dieu dans la puissance régénératrice et transformatrice de l’Esprit. Ces œuvres sont l’expression de l’amour que l’Esprit déverse dans le cœur du croyant (#Ro 5:5 ; #Ga 5:22).

14: 26

vous enseignera toutes choses. Le Saint-Esprit anima le cœur et l’esprit des apôtres au cours de leur ministère en les aidant à rédiger le N.T. De nombreuses facettes de Jésus et de son enseignement restaient obscures pour les disciples; mais grâce à son œuvre surnaturelle, ils en vinrent à une compréhension exacte du Seigneur et de son œuvre. Ils furent donc en mesure de les rapporter dans les Évangiles et le reste des écrits du N.T. (#2Ti 3:16 ; #2P 1:20-21). 

14: 27

Je vous laisse la paix …  pas comme le monde donne. « Paix » reflète l’hébreux schalom, qui devint la formule de salutation de Jésus à ses disciples après sa résurrection (#Jn 20:19-26). Au niveau individuel, cette paix, qui n’est pas accessible aux non-croyants, assure d’un grand calme dans les circonstances difficiles (cf. v. #Jn 14:1), bannit la crainte (#Ph 4:7) et règne dans le cœur des membres du peuple de Dieu pour garantir des relations harmonieuses (#Col 3:15). La manifestation concrète la plus grande de cette paix interviendra surtout dans le royaume messianique (#No 6:26 ; #Ps 29:11 ; #Esa 9:5-6 ; #Esa 52:7 ; #Esa 54:13 ; #Esa 57:19 ; #Ez 37:26 ; #Ag 2:9 ; cf. #Ac 10:36 ; #Ro 1:7 ; #Ro 5:1 ; #Ro 14: 17).

14: 28

plus grand que moi. Jésus n’est pas en train d’admettre une quelconque infériorité par rapport au Père (puisqu’il a plusieurs fois affirmé son égalité avec lui,mais il dit que, si les disciples l’aimaient, ils n’éprouveraient aucune réticence à le laisser repartir vers son Père, car il retourne dans le royaume qui était le sien et vers la plénitude de la gloire qu’il a laissée (#Jn 17: 5). Il retournait vers le Père pour partager avec lui une gloire plus grande que celle qu’il avait connue pendant son incarnation. Il ne présenterait aucune infériorité quant à sa gloire, car le temps de son humiliation était terminé.

14: 30

le prince du monde. Judas ne fut qu’un instrument du « prince » qui contrôle le système des ténèbres: Satan (#Jn 6:70 ; #Jn 13: 21, #Jn 13: 27).

Il n’a rien en moi. Hébraïsme qui indique que Satan n’avait aucune emprise sur Jésus; il ne pouvait exiger quoi que ce soit de lui, ni l’accuser du moindre péché. C’est la raison pour laquelle il ne put le retenir dans la mort. Christ allait triompher de lui et le détruire (#Hé 2:14). Sa mort ne signifiait en rien une victoire de Satan, mais au contraire l’accomplissement de la volonté de Dieu (v. #Jn 14: 31).

Le cep et les sarments

JEAN 15 : 1 à 17

1 ¶  Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.

2  Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit.

3  Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée.

4  Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.

5  Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.

6  Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.

7  Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.

8  Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples.

9 ¶  Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour.

10  Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour.

11  Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

12  C’est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.

13  Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

14  Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande.

15  Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père.

16  Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne.

17  Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

15:1-17 Avec cette longue métaphore de la vigne et des branches, Jésus établit les bases de la vie chrétienne. La vigne et les vendanges étaient très présentes dans le monde agricole de l’époque (voir aussi #Mt 20:1-16 ; #Mt 21:23-41 ; #Mr 12:1-9 ; #Lu 13:6-9 ; #Lu 20:9-16). Dans l’A.T., la vigne est couramment utilisée pour symboliser Israël (#Ps 80:9-17 ; #Esa 5:1-7 ; #Esa 27:2-6 ; #Jér 2:21 ; #Jér 12: 10 ; #Ez 15:1-8 ; #Ez 17:1-21 ; #Ez 19:10-14 ; #Os 10:1-2). Jésus se désigne de façon explicite comme la vraie vigne, et son Père comme le vigneron, qui s’occupe de la vigne. La vigne possède deux types de branches:

1° celles qui portent du fruit (vv. #Jn 15: 2, #Jn 15: 8) et

2° celles qui n’en portent pas (vv. #Jn 15: 2, #Jn 15: 6).

Les branches porteuses de fruit sont les croyants authentiques. Dans le contexte, Jésus parlait des onze disciples qui lui étaient restés fidèles, mais l’image englobe aussi tous les croyants de tous les temps. Les branches nues sont ceux qui professent croire, mais dont le manque de fruit indique qu’un salut authentique ne s’est jamais opéré et qu’ils ne reçoivent pas la vie du cep. Dans le contexte immédiat, c’était Judas qui était visé, mais l’image s’étend à tous ceux qui prétendent croire en Christ sans être réellement sauvés. L’image du feu fait avec les branches stériles représente le jugement eschatologique et le rejet éternel (voir #Ez 15:6-8).

15: 1

Je suis le vrai cep. C’est la dernière des sept fois (dans l’Évangile de Jean) où Jésus proclame sa divinité par la formule « je suis » (voir #Jn 6:35 ; #Jn 8:12 ; #Jn 10:7, #Jn 10:9 ; #Jn 10:11, #Jn 10:14 ; #Jn 11:25 ; #Jn 14:6).

15: 2

il le retranche. Dans cette image, le vigneron (c’est-à-dire le Père) coupe le bois mort pour que le bois vivant, les branches qui portent du fruit, puisse être vu distinctement. Cela représente les chrétiens apostats qui n’ont jamais vraiment cru et seront exclus au jour du jugement (v. #Jn 15: 6 ; #Mt 7:16 ; #Ep 2:10); la vie régénératrice de Christ n’a jamais coulé en eux (#Jn 8:31-32 ; cf. #Mt 13:18-23 ; #Mt 24: 12 ; #Hé 3:14-19 ; #Hé 6:4-8 ; #Hé 10:27-31 ; #1Jn 2:19 ; #2Jn 9).

il l’émonde. Dieu retire de la vie des croyants tout ce qui pourrait gêner la croissance du fruit: il les châtie pour supprimer le péché et tout ce qui pourrait faire obstacle à leur vie spirituelle, tout comme un agriculteur enlève tout ce qui empêche les branches de porter le maximum de fruits (#Hé 12:3-11).

15:4-6

Demeurez en moi. Le mot « demeurer » implique que l’on reste auprès de quelqu’un. Le fait que l’on « demeure » prouve que le salut est effectivement intervenu (#1Jn 2:19); la logique ne peut être ici inversée. Le fruit, ou la preuve, du salut se trouve dans la persistance de l’attachement à Dieu et à ses enseignements (#Jn 8:31 ; #Col 1:23 ; #1Jn 2:24). Le croyant qui persévère (« demeure ») est le seul véritable. Persévérance et foi sont toutes les deux en rapport avec l’authenticité du salut (#Hé 3:6-19).

15: 6 Il y a ici une image de destruction (cf. #Mt 3:10-12 ; #Mt 5:22 ; #Mt 13:40-42, #Mt 13: 50 ; #Mt 25: 41 ; #Mr 9:43-49 ; #Lu 3:17 ; #2Th 1:7-9 ; #Ap 20:10-15). Elle illustre le jugement réservé à ceux qui n’ont jamais été sauvés.

15:7-10 Les vrais croyants obéissent aux commandements du Seigneur en se soumettant à sa Parole (#Jn 14: 21, #Jn 14: 23). Du fait de leur engagement envers la Parole de Dieu, ils sont dévoués à sa volonté, et ainsi leurs prières portent beaucoup de fruit (#Jn 14:13-14); leur exaucement démontre la gloire de Dieu.

15:9-10

Demeurez dans mon amour. Cf. #Jude 21. Il n’y a rien d’émotionnel ni de mystique ici, mais il s’agit, comme le définit le v. 10, d’obéissance. Jésus en a donné un exemple par sa parfaite obéissance au Père, et il doit servir de norme pour définir l’obéissance que nous devons aussi à Dieu.

15: 11

que votre joie soit parfaite. A l’exemple de Jésus qui affirmait que son obéissance au Père était le fondement de sa joie, les croyants qui obéissent à ses commandements connaîtront la même joie (#Jn 17: 13 ; cf. #Jn 16: 24).

15: 13 Allusion à la preuve et à l’expression suprêmes de l’amour de Jésus (v. #Jn 15: 12), c’est-à-dire sa mort sacrificielle à la croix. Les chrétiens sont appelés à se témoigner mutuellement cette générosité prête au sacrifice, même si cela implique de donner sa vie en imitation de l’exemple de Christ (cf. #1Jn 3:16).

15: 14-15

amis. Abraham était appelé ami de Dieu (#2Ch 20:7 ; #Ja 2:23) parce que Dieu s’était révélé à lui et qu’il avait cru à cette révélation, ce qui lui donnait un accès privilégié à la pensée de Dieu. De même, ceux qui suivent Christ jouissent du privilège de révélations extraordinaires par l’entremise du Messie, le Fils de Dieu, et en croyant ils deviennent, eux aussi, des « amis » de Dieu. C’est pour ses « amis » que le Seigneur a donné sa vie (v. #Jn 15: 13 ; #Jn 10:11, #Jn 10:15, #Jn 10:17).

15: 16

moi, je vous ai choisis. Cf. v. #Jn 15: 19. Pour prévenir toute prétention et tout orgueil spirituel parmi les disciples du fait de leurs privilèges, Jésus leur expliqua clairement qu’ils n’en jouissaient pas du fait de leurs propres mérites, mais parce que c’était lui qui les avait souverainement choisis. Lorsque Dieu choisit Israël (#Esa 45:4 ; #Am 3:2), ce n’était pas en raison des mérites de ce peuple (#De 7:7 ; #De 9:4-6). Les anges furent élus par Dieu pour rester saints éternellement (#1Ti 5:21). Les croyants ont été élus pour le salut, en dehors de tout mérite (#Mt 24: 24, #Mt 24: 31.

portiez du fruit. L’un des objectifs de l’élection souveraine par Dieu, c’est que les disciples qui ont été bénis d’une telle révélation portent du fruit spirituel. Le N.T. définit ce fruit en termes d’attitude pieuse (#Ga 5:22), de conduite juste (#Ph 1:11), de louange (#Hé 13: 15) et, en particulier, de capacité d’en amener d’autres à la foi en Jésus, Messie et Fils de Dieu (#Ro 1:13-16).

Opposition de la part du monde

JEAN 15 : 18 à 16 : 4

18 ¶  Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous.

19  Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait.

20  Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.

21  Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé.

22  Si je n’étais pas venu et que je ne leur eusse point parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils n’ont aucune excuse de leur péché.

23  Celui qui me hait, hait aussi mon Père.

24  Si je n’avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père.

25  Mais cela est arrivé afin que s’accomplît la parole qui est écrite dans leur loi : Ils m’ont haï sans cause.

26 ¶  Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ;

27  et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement.

1 ¶  Je vous ai dit ces choses, afin qu’elles ne soient pas pour vous une occasion de chute.

2  Ils vous excluront des synagogues ; et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu.

3  Et ils agiront ainsi, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.

4  Je vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l’heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, parce que j’étais avec vous.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

15:18-19 Puisque Satan est celui qui domine le système mauvais du monde en rébellion contre Dieu (#Jn 14: 30), le monde ne déteste pas seulement Jésus, mais tous ceux qui le suivent (#2Ti 3:12). Haïr Jésus signifie aussi haïr le Père qui l’a envoyé (v. #Jn 15: 23).

15: 20

serviteur …  maître. Cet axiome, cité aussi en #Jn 13: 16, reflète la vérité évidente qui poussa Jésus à avertir ses disciples: ils devaient s’attendre à être traités comme lui, car ceux qui le détestaient ne connaissaient pas Dieu (v. #Jn 15: 21) et les détesteraient donc autant; à l’inverse, ceux qui écoutaient le Christ avec foi les écouteraient, eux aussi.

15:22-24

ils n’auraient pas de péché. Jésus ne voulait pas dire que, sans sa venue, ils auraient été sans péché, mais que sa venue les amenait à commettre les péchés les plus graves et les plus mortels: ceux consistant à se rebeller contre les vérités divines et à rejeter Dieu. Il s’agit ici du péché capital: rejeter Jésus, opter délibérément pour les ténèbres au lieu de la lumière, pour la mort plutôt que pour la vie. Il avait fait tant de miracles et donné tant d’indications pour attester qu’il était bien le Messie et le Fils de Dieu! Malgré tout, ils avaient choisi de se mettre en guerre contre le Sauveur, tant était grand leur amour du péché et leur rejet de Dieu. Voir #Hé 4:2-5 ; #Hé 6:4-6 ; #Hé 10:29-31.

15:25 Jésus cite #Ps 35:19 ; #Ps 69:5. La logique ici est que si David  un simple homme - avait pu subir tant de haine, les méchants détesteraient à bien plus forte raison le divin et parfait descendant de David: Christ, le roi promis, qui s’opposerait au péché et régnerait pour l’éternité sur son royaume de justice (voir #2S 7:16).

15:26-27

Quand sera venu le consolateur. De nouveau, Jésus promet d’envoyer le Saint-Esprit (#Jn 7:39 ; #Jn 14:16-17, #Jn 14: 26 ; #Jn 16: 7, #Jn 16:13-14). Cette fois-ci, il met l’accent sur l’aide apportée par le Saint-Esprit pour le témoignage, la proclamation de l’Évangile.

16:1-15 Jésus poursuit ici le développement de 15:18-25 au sujet de la haine du monde contre les disciples et de son opposition au témoignage du Saint-Esprit attestant qu’il était le Messie et le Fils de Dieu. Dans cette section, il précise comment le Saint-Esprit affronte le monde: non seulement il témoigne de Jésus, mais il convainc aussi les hommes de péché. A travers la conviction de péché et le témoignage de l’Évangile, l’Esprit fait passer le cœur des hommes de la rébellion contre Dieu à la foi en Jésus comme Sauveur et Seigneur. On peut diviser cette section en quatre parties:

1° la mise à mort des disciples par le monde (vv. #Jn 16:1-4);

2° le réconfort que le Seigneur apporte aux disciples (vv. #Jn 16:5-7);

3° la conviction des hommes par le Saint-Esprit (vv. #Jn 16:8-12);

4° le fait que le croyant est guidé par le Saint-Esprit dans toute la vérité (vv. #Jn 16:13-15).

16: 1

ces choses. Ce qu’il vient de dire en #Jn 15:18-25.

occasion de chute. Ce mot suggère l’installation d’un piège. La haine du monde était telle qu’il essaierait de piéger et de détruire les disciples pour les empêcher de témoigner de Jésus, Messie et Fils de Dieu. Jésus voulait qu’ils s’engagent en toute connaissance de cause (v. #Jn 16: 4).

16:  

rendre un culte à Dieu. Avant sa conversion, Paul personnifiait cette attitude, puisqu’il persécutait l’Église en pensant servir Dieu (#Ac 22:4-5 ; #Ac 26:9-11 ; #Ga 1:13-17 ; #Ph 3:6 ; #1Ti 1:12-17). Après sa conversion, de persécuteur il devint le persécuté, du fait de la haine du monde (#2Co 11:22-27 ; cf. Etienne en #Ac 7:54-8:3).

16: 4

j’étais avec vous. Il n’avait pas besoin de les avertir car il était là pour les protéger.

 

Venue et ministère de l`Esprit

JEAN 16 : 5 à 15

5  Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ?

6  Mais, parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur.

7 ¶  Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai.

8  Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement:

9  en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ;

10  la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus ;

11  le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé.

12  J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.

13  Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.

14  Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera.

15  Tout ce que le Père a est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

16: 5

aucun de vous ne me demande. Ils l’avaient fait auparavant (#Jn 13: 36 ; #Jn 14: 5), mais ils étaient désormais si absorbés dans leur tristesse et leur confusion qu’ils ne s’intéressaient plus à ses faits et gestes. Ils étaient trop préoccupés de ce qui allait leur arriver à eux-mêmes (v. #Jn 16: 6).

16: 7

le consolateur ne viendra pas. De nouveau, la promesse de l’envoi du Saint-Esprit est donnée pour réconforter les disciples. Le premier accent était mis sur sa puissance de vie (#Jn 7:37-39), le deuxième sur la présence de Christ en nous (#Jn 14:16-17), le suivant sur son ministère d’enseignement (#Jn 14: 26). Son ministère consistant à rendre les croyants capables de témoigner apparaît en #Jn 15:26-27.

16: 8

quand il sera venu. La venue du Saint-Esprit à la Pentecôte ne devait se produire que 40 jours plus tard (voir #Ac 2:1-13).

convaincra. Le terme a deux significations:

1° l’acte judiciaire qui vise au jugement (c’est-à-dire, en termes de droit, la conviction de péché) et

2° l’acte de persuader.

Cette seconde nuance est la meilleure, puisque le but du Saint-Esprit n’est pas de condamner, mais de convaincre le pécheur qu’il a besoin du Sauveur. Le Fils juge aux côtés du Père (#Jn 5:22, #Jn 5:27, #Jn 5:30). Au v. 14, il est dit qu’il révélera les gloires de Christ à son peuple. Il va aussi inspirer la rédaction du N.T. en guidant les apôtres et leur révéler les « choses à venir » au travers des prophéties du N.T. (v. #Jn 16: 13).

16: 9

péché. Le singulier indique qu’un péché spécifique est concerné, c’est-à-dire le refus de croire que Jésus est le Messie et le Fils de Dieu. C’est le seul péché, finalement, qui condamne à l’enfer. Bien que tout homme soit dépravé, maudit par sa violation de la loi divine et sa nature pécheresse, ce qui le condamne finalement à l’enfer, c’est son refus de croire au Seigneur Jésus-Christ comme Sauveur (cf. #Jn 8:24).

16: 10

justice. Le but du Saint-Esprit ici est de briser les prétentions de propre justice (l’hypocrisie) en révélant les ténèbres du cœur (#Jn 3:19-21 ; #Jn 7:7 ; #Jn 15: 22, #Jn 15: 24). Tant que Jésus était sur terre, il accomplit cette tâche. Il visait tout particulièrement le manque de profondeur et la vacuité du judaïsme, qui avait fini par se réduire à une série de commandements légalistes, dépourvus de toute réalité vivifiante (p. ex. #Jn 2:13-22 ; #Jn 5:10-16 ; #Jn 7:24 ; #Esa 64:4-5). Une fois Jésus retourné auprès du Père, c’est le Saint-Esprit qui continue sa tâche de conviction de péché.

16: 11

jugement. Le jugement, dans ce contexte, est celui du monde placé sous le contrôle de Satan. Son discernement a été aveuglé, il est biaisé et mauvais, comme le prouve son verdict sur Christ. Le monde est incapable de jugements véritables (#Jn 7:24), au contraire de l’Esprit de Christ (#Jn 8:16). Toutes les déclarations de Satan sont des mensonges (#Jn 8:44-47), c’est pourquoi l’Esprit doit convaincre les hommes que leur jugement sur Christ est faux. Satan est le prince du monde (#Jn 14: 30 ; #Ep 2:1-3) et, en tant que dieu de ce monde, il a perverti son discernement pour rendre les hommes incapables de croire en Jésus comme Messie et Fils de Dieu (#2Co 4:4). Toutefois, il a été vaincu à la croix. La mort de Christ semblait couronner la plus grande victoire de Satan, alors qu’elle signait, en réalité, sa destruction (cf. #Col 2:15 ; #Hé 2:14-15 ; #Ap 20: 10). L’Esprit conduira les pécheurs à un juste discernement.

16: 13

toute la vérité. Ce v., comme #Jn 14: 26, fait particulièrement allusion à la révélation surnaturelle de toute la vérité par laquelle Dieu s’est révélé lui-même en Christ (vv. #Jn 16:14-15). C’est le sujet des Écritures inspirées du N.T.

16: 14

Il me glorifiera. C’est en fait la même chose qu’au v. 13, dans le sens où toute vérité néotestamentaire, révélée par Dieu, a trait à Christ (#Hé 1:1-2). Christ était aussi le thème de l’A.T., comme le proclame le N.T. (#Jn 1:45 ; #Jn 5:37 ; #Lu 24: 27, #Lu 24: 44 ; #Ac 10:43 ; #Ac 18: 28 ; #Ro 1:1-2 ; #1Co 15: 3 ; #1Pi 1:10-11 ; #Ap 19: 10).

 

Annonce de la joie de la résurrection

JEAN 16 : 16 à 22

16 ¶  Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père.

17  Là-dessus, quelques-uns de ses disciples dirent entre eux : Que signifie ce qu’il nous dit : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez ? et : Parce que je vais au Père ?

18  Ils disaient donc : Que signifie ce qu’il dit : Encore un peu de temps ? Nous ne savons de quoi il parle.

19  Jésus, connut qu’ils voulaient l’interroger, leur dit : Vous vous questionnez les uns les autres sur ce que j’ai dit : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez.

20  En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira: vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie.

21  La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde.

22  Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

16:16-19 Jésus faisait allusion à son ascension (« vous ne me verrez plus ») et à la venue de l’Esprit saint (« vous me verrez »), proclamant ainsi que l’Esprit et lui ne font qu’un (#Ro 8:9 ; #Ph 1:19 ; #1Pi 1:11 ; #Ap 19: 10). Le Christ habite dans les croyants au moyen du Saint-Esprit, et en ce sens ils le voient déjà.

16: 20

votre tristesse se changera en joie. L’événement qui fit se réjouir le royaume perverti de l’homme (« le monde ») et attrista les disciples de Jésus sera celui-là même qui conduira le monde à pleurer et les croyants à se réjouir. Les disciples allaient bientôt prendre conscience de la nature merveilleuse du don du salut divin et du Saint-Esprit à travers ce qu’il accomplissait, et les bénédictions que constituent les prières quand elles sont exaucées (v. #Jn 16: 24). Les Actes rapportent la venue du Saint-Esprit ainsi que la puissance et la joie de l’Église primitive (#Ac 2:4-47 ; #Ac 13: 52).

16: 22

je vous reverrai. Après la résurrection, Jésus vit effectivement ses disciples (#Jn 20: 19-29 ; #Jn 21:1-23 ; cf. #1Co 15:1-8). Après ce bref temps de communion (#Ac 1:1-3), il serait avec eux en permanence par l’entremise de son Esprit.

 

Promesse de l`exaucement de prière et de paix

JEAN 16 : 23 à 33

23 ¶  En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom.

24  Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite.

25  Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père.

26  En ce jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ;

27  car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu.

28 ¶  Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père.

29  Ses disciples lui dirent : Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n’emploies aucune parabole.

30  Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n’as pas besoin que personne t’interroge ; c’est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu.

31  Jésus leur répondit : Vous croyez maintenant.

32  Voici, l’heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi.

33  Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

16: 23

En ce jour-là. Allusion à la Pentecôte, où le Saint-Esprit descendit (#Ac 2:1-13) et où le chagrin se changea en joie. C’est aussi un renvoi aux « derniers jours » qui furent inaugurés par la résurrection de Jésus et la venue du Saint-Esprit (#Ac 2:17 ; #2Ti 3:1 ; #Hé 1:2 ; #Ja 5:3 ; #2P 3:3 ; #1Jn 2:18).

vous ne m’interrogerez plus sur rien. Après son départ et l’envoi du Saint-Esprit, les croyants ne l’interrogeront plus, puisqu’il ne sera plus présent. Au lieu de cela, ils interrogeront le Père en son nom .

16: 24

que votre joie soit parfaite. Dans ce cas, la joie des croyants sera motivée par l’exaucement des prières et une pleine mesure de bénédictions célestes pour tout ce qui va dans le sens du but poursuivi par le Seigneur dans leur vie.

16: 25

en paraboles. Ce mot désigne une déclaration voilée, pleine de sens, mais qui reste obscure. Ce que les disciples trouvaient difficile à comprendre lorsque Jésus était encore avec eux sur terre deviendrait clair après sa mort, sa résurrection et la venue du Saint-Esprit (voir les vv. #Jn 16:13-14 ; #Jn 14: 26 ; #Jn 15:26-27). Ils comprendraient même mieux le ministère de Christ que lorsqu’il était avec eux, puisque le Saint-Esprit allait les inspirer pour rédiger les Évangiles et les épîtres, et exercer son ministère en eux et au travers d’eux.

16: 26-28

je ne vous dis pas. Christ clarifie ici ce qu’il voulait dire par prier en son nom. Cela ne signifie pas demander à Jésus de demander au Père quelque chose de notre part: cela reviendrait à dire que le Père serait indifférent aux besoins des croyants! Le Père, au contraire, aime ceux qui appartiennent à son Fils. En fait, il l’a envoyé pour racheter les croyants. Demander au nom de Jésus signifie simplement demander sur la base de ses mérites à lui, de sa justice, les choses qui l’honorent et le glorifient, de façon à bâtir son royaume.

16: 33

afin que vous ayez la paix en moi. « Paix » reflète l’hébreux schalom, qui devint la formule de salutation de Jésus à ses disciples après sa résurrection (#Jn 20:19-26). Au niveau individuel, cette paix, qui n’est pas accessible aux non-croyants, assure d’un grand calme dans les circonstances difficiles (cf. v. #Jn 14: 1), bannit la crainte (#Ph 4:7) et règne dans le cœur des membres du peuple de Dieu pour garantir des relations harmonieuses (#Col 3:15). La manifestation concrète la plus grande de cette paix interviendra surtout dans le royaume messianique (#No 6:26 ; #Ps 29:11 ; #Esa 9:5-6 ; #Esa 52:7 ; #Esa 54:13 ; #Esa 57:19 ; #Ez 37:26 ; #Ag 2:9 ; cf. #Ac 10:36 ; #Ro 1:7 ; #Ro 5:1 ; #Ro 14: 17).

tribulations. Mot qui désigne souvent des malheurs eschatologiques (#Mr 13: 9 ; #Ro 2:9) et la persécution des croyants en raison de leur témoignage pour Christ (cf. #Jn 15:18-16:4 ; #Ac 11:19 ; #Ep 3:13).

vaincu. La raison principale de persévérer malgré les persécutions, c’est la victoire de Jésus sur le monde (#Jn 12: 31 ; #1Co 15: 57). Au travers de sa mort imminente, il allait rendre nulle et sans effet l’opposition du monde. Même si le monde s’acharne à persécuter les croyants, ses assauts sont vains car la victoire remportée par Christ a déjà porté un coup fatal à tout le système mauvais du monde rebelle.

 

Prière de Jésus pour ses disciples et pour tous les futurs croyants

JEAN 17 : 1 à 26

1 ¶  Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, l’heure est venue ! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie,

2  selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.

3  Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.

4  Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire.

5  Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût.

6 ¶  J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole.

7  Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi.

8  Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.

9  C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi ;  — 

10  et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ;  — et je suis glorifié en eux.

11 ¶  Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils soient un comme nous.

12  Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie.

13  Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite.

14  Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

15  Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal.

16  Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.

17 ¶  Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité.

18  Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.

19  Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité.

20 ¶  Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole,

21  afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.

22  Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, — 

23  moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.

24 ¶  Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.

25  Père juste, le monde ne t’a point connu ; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé.

26  Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

17:1-26 Bien que #Mt 6:9-13 et #Lu 11:2-4 soient couramment appelés « prière dominicale » (c’est-à-dire du Seigneur), ils contiennent une prière enseignée par Jésus aux disciples pour servir de canevas à leurs propres prières. Celle que nous avons ici constitue la véritable prière du Seigneur, et elle atteste de la communion de vis-à-vis dont jouissait le Fils avec son Père. On ne sait que peu de choses du contenu des fréquentes prières de Jésus à son Père (#Mt 14: 23 ; #Lu 5:16), de sorte que celle-ci nous est précieuse, car elle révèle un peu du contenu de cette communion et de cette intercession. C’est un ch. de transition, qui marque la fin du ministère de Jésus sur terre et le début de son ministère d’intercession en faveur des croyants (#Hé 7:25). Il résume l’Évangile de Jean tout entier. Ses thèmes principaux incluent:

1° l’obéissance de Jésus à son Père;

2° la glorification du Père au travers de la mort et de l’exaltation de Jésus;

3° la révélation de Dieu en Jésus-Christ;

4° le choix de disciples tirés du monde;

5° leur mission envers le monde;

6° leur unité modelée sur celle du Père et du Fils;

7° la destinée finale du croyant dans la présence du Père et du Fils.

Ce ch. se divise en trois parties:

1° Jésus prie pour lui-même (vv. #Jn 17:1-5);

2° Jésus prie pour les apôtres (vv. #Jn 17:6-19);

3° Jésus prie pour tous les croyants du N.T. qui formeront l’Église (vv. #Jn 17:20-26).

17: 1

l’heure est venue!  C’est-à-dire l’heure de la mort, de la résurrection et de l’exaltation de Jésus (v. #Jn 12: 27 ; #Jn 13: 1 ; #Jn 17: 1). Jusqu’à ce moment-là, l’heure de Jésus avait toujours été future (#Jn 2:4 ; #Jn 4:21, #Jn 4:23 ; #Jn 7:30 ; #Jn 8:20).

 

Glorifie ton Fils. L’événement qui allait glorifier le Fils était sa mort. Grâce à elle, il a acquis l’adoration, le culte et l’amour des millions dont il a porté les péchés à la croix. Il a accepté ce chemin de gloire, sachant que, par ce moyen, il serait exalté vers le Père. Le but est que le Père puisse, à son tour, être glorifié pour son plan de rédemption dans le Fils. Par sa propre gloire, il cherchait ainsi la gloire du Père (#Jn 13:31-32).

17: 2

pouvoir sur toute chair. Cf. #Jn 5:27 ; Christ reçut l’autorité souveraine et absolue sur toutes choses, « dans le ciel et sur la terre ». C’est la preuve incontestable de sa divinité. Le temps de son humiliation était terminé et Dieu l’éleva au-dessus de tout (#Ph 2:9-11).

à tous ceux que tu lui as donnés. Allusion à l’élection par Dieu de ceux qui viendraient à Christ. La doctrine biblique de l’élection ou de la prédestination parcourt tout le N.T. (#Jn 15: 16, #Jn 15: 19 ; #Ac 13: 48 ; #Ro 8:29-33 ; #Ep 1:3-6 ; #2Th 2:13 ; #Tit 1:1 ; #1Pi 1:2).

17: 3

la vie éternelle. C’est la première d’une dizaine de références à la « vie éternelle » dans l’Évangile de Jean, une cinquantaine dans le N.T. La vie éternelle ne désigne pas seulement une vie d’une longueur infinie mais aussi d’une qualité supérieure. Littéralement cela signifie « la vie de l’âge à venir », et cela renvoie donc à la résurrection et à l’existence céleste dans la gloire et la sainteté parfaites. Cette vie, les croyants en font déjà l’expérience ici-bas, avant même d’arriver au paradis. Avoir la « vie éternelle », essentiellement, signifie partager la vie éternelle de la Parole vivante, Jésus-Christ. C’est la vie de Dieu dans chaque croyant, qui ne sera rendue complètement manifeste qu’à la résurrection des morts (#Ro 8:19-23 ; #Ph 3:20-21).

Cela développe la vérité du v. Jean 5 : 21: Jésus donne la vie à quiconque le désire. Ceux qui reçoivent cette vie sont ici désignés comme ceux qui écoutent la Parole et croient au Père et au Fils. Ce sont ceux qui ont la vie éternelle et ne seront jamais condamnés (#Ro 8:1 ; #Col 1:13).

17: 5

glorifie-moi auprès de toi-même. Sa mission terminée (v. #Jn 17: 4), Jésus regarde au-delà de la croix et demande à retrouver la gloire qu’il partageait avec le Père avant que le monde existe. Lorsque Jésus s’écria: « Tout est accompli » (#Jn 19: 30), il proclamait ainsi qu’il venait de parachever son œuvre rédemptrice en faveur des pécheurs en prenant sur lui la colère de Dieu.

17: 6-10

ils étaient à toi. Par cette expression, Jésus résume tout son ministère, y compris la croix, qui interviendrait quelques heures plus tard seulement. De nouveau, le Fils souligne que ceux qui croient en lui lui ont été donnés par le Père. « Ils étaient à toi » (cf. v. #Jn 17: 9) est une puissante affirmation du fait que, avant leur conversion déjà, les croyants appartenaient à Dieu (cf. #Jn 6:37). Cela est vrai du fait de l’élection divine. Ils ont été choisis avant la fondation du monde (#Ep 1:4), lorsque leur nom a été inscrit dans le livre de vie de l’Agneau (#Ap 17: 8). Cf. #Ac 18: 10, où Dieu dit qu’il y a beaucoup de personnes à Corinthe qui lui appartiennent mais ne sont toujours pas sauvées.

17: 8

ils les ont reçues. Le Fils de Dieu affirmait la foi salvatrice authentique de ses disciples.

17: 11

Je ne suis plus dans le monde. Sa mort et son retour vers le Père étaient si certains que Jésus parlait de son départ comme d’un événement déjà accompli. S’il prie ici pour les disciples, c’est parce qu’ils vont devoir affronter les tentations et la haine du monde sans le secours de sa présence immédiate à leurs côtés (#Jn 15:18-16:4). C’est en se fondant sur la nature immuable de Dieu (« nom ») qu’il prie en faveur de la sécurité éternelle des croyants. Il intercède pour que les croyants, tout comme les personnes de la Trinité, puissent connaître l’unité éternelle. Voir #Ro 8:31-39.

17: 12

je les gardais en ton nom. Jésus les avait protégés et gardés en sécurité par rapport au monde, comme il le dit en #Jn 6:37-40, #Jn 6:44. On peut en voir une illustration en #Jn 18:1-11. Les croyants peuvent se sentir en sécurité car ils sont dans la main de Christ et de Dieu.

fils de perdition. Cela désigne Judas en évoquant sa destinée, c’est-à-dire la damnation éternelle (#Mt 7:13 ; #Ac 8:20 ; #Ro 9:22 ; #Ph 1:28 ; #Ph 3:19 ; #1Ti 6:9 ; #Hé 10:39 ; #2P 2:1 ; #2P 3:7 ; #Ap 17: 8, #Ap 17: 11). La trahison de Judas ne correspondait pas à un échec de la part de Jésus; elle avait été prévue et ordonnée dans l’Écriture (#Ps 41:10 ; #Ps 109:8 ; cf. #Jn 13: 18).

17: 15

les préserver du malin. Il est fait ici allusion à la protection contre Satan et contre toutes les forces mauvaises qui lui sont inféodées (#Mt 6:13 ; #1Jn 2:13-14 ; #1Jn 3:12 ; #1Jn 5:18-19). Satan a bien été vaincu par le sacrifice de Jésus, mais il est toujours libre d’orchestrer l’action de son système mauvais à l’encontre des croyants. Il cherche à détruire les croyants (#1Pi 5:8), tous en général (#Ep 6:12), et Job et Pierre en particulier (#Lu 22:31-32). Dieu, cependant, est leur puissant protecteur (#Jn 12: 31 ; #Jn 16: 11 ; cf. #Ps 27:1-3 ; #2Co 4:4 ; #Jude 24-25).

17: 17

Sanctifie. Ce verbe se trouve aussi dans l’Évangile de Jean au v. 19 et en #Jn 10:36. La sanctification consiste à mettre quelque chose à part pour un usage particulier. Par conséquent, les croyants sont mis à part pour Dieu et pour ses objectifs exclusivement, de sorte qu’ils ne font que ce qui plaît à Dieu et qu’ils détestent tout ce qu’il déteste (#Lé 11:44-45 ; #1Pi 1:16). La sanctification se réalise par le moyen de la vérité, qui est la révélation donnée par le Fils concernant ce que le Père lui a ordonné de nous communiquer. Elle se trouve désormais consignée dans les écrits que nous ont laissés les apôtres. Cf. #Ep 5:26 ; #2Th 2:13 ; #Ja 1:21 ; #1Pi 1:22-23.

17: 19

je me sanctifie moi-même. Signifie seulement qu’il avait été mis totalement à part pour faire la volonté du Père (cf. #Jn 4:34 ; #Jn 5:19 ; #Jn 6:38 ; #Jn 7:16 ; #Jn 9:4). Il accomplit cela pour que les croyants puissent être mis à part pour Dieu grâce à la vérité dont il était porteur.

17: 21

afin que tous soient un. La base de cette unité repose sur l’adhésion à la révélation du Père, telle que transmise par le Fils à ses premiers disciples. Les croyants doivent aussi rester unis autour de leur foi commune en la vérité reçue de Dieu dans sa Parole (#Ph 2:2). Il ne s’agit pas d’un vœu, puisque c’est devenu une réalité le jour de la venue du Saint-Esprit (cf. #Ac 2:4 ; #1Co 12: 13). Ce n’est pas une unité d’expérience, mais l’unité de la vie éternelle à laquelle ont part tous ceux qui croient en la vérité. Elle a pour résultat le corps unique de Christ où tous les croyants ont part à sa vie.

17: 22

la gloire que tu m’as donnée. Cela renvoie à la participation des croyants à tous les attributs et à l’essence même de Dieu au moyen de la présence en eux du Saint-Esprit (v. #Jn 17: 10 ; cf. #Col 1:27 ; #2P 1:4), comme le v. 23 l’exprime clairement (« moi en eux »).

17: 23

qu’ils soient parfaitement un. L’idée ici est qu’ils soient rassemblés dans la même vie spirituelle autour de la vérité qui sauve. Cette prière fut exaucée par la réalité de #1Co 12:12-13 ; #Ep 2:14-22.

17: 24

soient aussi avec moi. Cela se réalisera au paradis, où nous verrons sa gloire dans toute sa plénitude (cf. v. #Jn 17: 5). Le jour viendra où les croyants non seulement verront sa gloire mais pourront aussi la partager (#Ph 3:20-21 ; #1Jn 3:2). Jusque-là nous y participons spirituellement (#2Co 3:18).

17:25-26 Cela résume la prière contenue dans ce ch. et nous assure de la présence permanente de Christ en nous et de la force de son amour. Cf. #Ro 5:5.

Deuxième annonce du reniement de Pierre

MATTHIEU 26 : 30 à 35

30  Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers.

31 ¶  Alors Jésus leur dit : Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.

32  Mais, après que je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée.

33  Pierre, prenant la parole, lui dit : Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi.

34  Jésus lui dit : Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois.

35  Pierre lui répondit : Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la même chose.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

26: 30

chanté les cantiques. Probablement le #Ps 118. Le Talmud considérait les #Ps 113 à 118 comme le Hallel (psaumes de louange) d’Égypte. Ils étaient chantés à la Pâque.

26: 31

une occasion de chute. Voir le v. 56. Jésus employa le même mot grec qu’en #Mt 24: 10 (« succomberont »), où il décrivait la chute et la trahison spirituelles des temps de la fin. Cependant, ici, Jésus parlait d’une chute qui n’avait pas la gravité d’une apostasie complète et finale. Dans un moment de peur bien charnel, les disciples désavouèrent Christ (v. #Mt 26: 34), mais il avait prié pour que leur foi ne défaille pas (#Lu 22: 32 ; #Jn 17:9-11), et sa prière fut exaucée. Jésus cite ici #Za 13: 7.

26:32

je vous précéderai en Galilée. Cela ne signifiait pas qu’ils ne le reverraient pas avant ce moment-là. Il se montra aux apôtres à plusieurs reprises avant qu’ils ne le revoient en Galilée (#Lu 24: 15, #Lu 24: 34, #Lu 24: 36 ; #Jn 20: 19, #Jn 20: 26). Cependant, son apparition la plus importante après la résurrection eut lieu en Galilée, où « il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois » (#1Co 15: 6).

26:34

avant que le coq chante. « Deux fois », ajoute Marc. Le coq commençait à chanter vers trois heures du matin (cf. #Mr 13: 35). Bien que Pierre et les autres disciples aient affirmé qu’ils ne rejetteraient jamais Christ (vv. #Mt 26:33, #Mt 26:35), quelques heures seulement les séparaient de l’accomplissement de cette prophétie (vv. #Mt 26:74-75 ; #Mr 14:66-72).

MARC 14 : 26 à 31

26  Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers.

27  Jésus leur dit : Vous serez tous scandalisés ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.

28  Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée.

29  Pierre lui dit : Quand tous seraient scandalisés, je ne serai pas scandalisé.

30  Et Jésus lui dit : Je te le dis en vérité, toi, aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois.

31  Mais Pierre reprit plus fortement : Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous dirent la même chose..

NOTE DE JOHN MACARTHUR

14: 26

avoir chanté les cantiques. Sans doute le #Ps 118, le dernier du Hallel traditionnellement chanté lors de la Pâque.

montagne des Oliviers. Colline située entre Béthanie et Jérusalem. La colline qui fait face au temple, sur le côté est de la vallée du Cédron et qui offre la plus belle vue de Jérusalem. Au pied de cette colline se trouve le jardin de Gethsémané.

14: 27

Vous serez tous scandalisés.  Le verbe peut aussi se traduire par « chuter » et renvoie à la défaillance temporaire des disciples dans leur fidélité à Jésus.

il est écrit. Citation de #Za 13: 7.

14: 28

en Galilée. Jésus promit ainsi aux disciples de les revoir dans la forme qu’il revêtirait après la résurrection (cf. #Mr 16:7 ; #Mt 28:16-17 ; voir la note sur Mt 28:7 {==> "Mt 28:7"}).

14: 30

Je te le dis en vérité. elle était employée comme une formule introductive aux paroles particulières d’autorité prononcées par Jésus (cf. #Mr 8:12 ; #Mr 9:41 ; #Mr 10:15, #Mr 10:29 ; #Mr 11:23 ; #Mr 12: 43 ; #Mr 13: 30 ; #Mr 14: 9, #Mr 14: 18, #Mr 14: 25, #Mr 14: 30).

avant que le coq chante deux fois. Selon la division juive du temps, le chant du coq désignait la troisième veille de la nuit, qui s’achève à 3 heures du matin, heure à laquelle les coqs commencent à chanter. Marc est le seul des Évangiles à indiquer que le coq chanta deux fois (v. #Mr 14: 72).

LUC 22 : 39 à 40

39 ¶  Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des oliviers. Ses disciples le suivirent.

40  Lorsqu’il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit : Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

22: 39

Ses disciples le suivirent. #Mt 26:36-37 et #Mr 14:32-33 donnent quelques détails supplémentaires. Jésus quitta la plupart des disciples à l’entrée de Gethsémané et emmena uniquement Pierre, Jacques et Jean pour qu’ils prient avec lui.

22: 40

ce lieu. Gethsémané.

Priez. Auparavant, il avait déjà averti les disciples  et notamment Pierre - qu’ils allaient être soumis à une épreuve extrêmement intense (v. #Lu 22: 31). Malheureusement, ils ne tinrent pas plus compte de cet avertissement que de son invitation pressante à prier.

JEAN  18 : 1

1 ¶  Lorsqu’il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l’autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

18:1-40 Ce ch. traite de l’arrestation et du procès de Jésus. Le but de Jean étant de présenter Jésus comme le Messie et le Fils de Dieu, il apporte des preuves dans ce sens à travers le récit de la Passion de Jésus. En décrivant toutes les actions avilissantes et humiliantes auxquelles Jésus fut soumis, Jean démontre avec une grande habileté que, loin de contredire la mission et la personne de Christ, elles forment un faisceau de preuves irréfutables de sa nature et de la raison pour laquelle il vint sur terre (#Jn 1:29 ; cf. #2Co 5:21).

18: 1

Jésus alla. On constate ici le courage suprême de Jésus, par sa détermination à aller à la croix, où sa pureté et sa sainteté parfaite seraient violées, tandis qu’il supporterait la colère de Dieu envers les péchés du monde (#Jn 3:16). Le temps de la puissance des ténèbres était venu (#Lu 22: 53).

torrent du Cédron. Il s’agissait d’un cours d’eau intermittent, sec la plupart du temps, mais qui se transformait en torrent lors de la saison des pluies. Il coulait dans la vallée du Cédron entre le mont du temple, à l’est de Jérusalem, et le mont des Oliviers, encore plus à l’est.

un jardin. De nombreux jardins se trouvaient sur les pentes du mont des Oliviers, ainsi nommé du fait des oliveraies qui le couvraient. #Mt 26: 36 et #Mr 14: 32 l’appellent « jardin de Gethsémané », qui signifie « pressoir à olives ».

il entra. Le texte suggère qu’il y avait une enceinte, un mur de pierre autour du jardin.

 

Trois prières de Jésus en agonie à Gethsémané

MATTHIEU 26 : 36 à 46

36 ¶  Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier.

37  Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses.

38  Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez avec moi.

39  Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

40  Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre : Vous n’avez donc pu veiller une heure avec moi !

41  Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.

42  Il s’éloigna une seconde fois, et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite !

43  Il revint, et les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis.

44  Il les quitta, et, s’éloignant, il pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.

45  Puis il alla vers ses disciples, et leur dit : Vous dormez maintenant, et vous vous reposez ! Voici, l’heure est proche, et le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.

46  Levez-vous, allons ; voici, celui qui me livre s’approche.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

26: 36

Gethsémané. Littéralement « pressoir à huile ». C’était un lieu de rencontre habituel pour Christ et ses disciples (#Jn 18: 2), situé face à Jérusalem de l’autre côté de la vallée du Cédron (#Jn 18: 1). Un jardin de vieux oliviers y subsiste aujourd’hui encore. Judas n’ignorait rien des habitudes de Jésus, ce qui lui permit de le trouver là, bien que Christ n’ait pas dévoilé ses intentions par avance.

26: 38

triste jusqu’à la mort. Son angoisse n’avait rien à voir avec la peur des hommes ou les tourments physiques de la croix. Il ressentait une tristesse extrême parce qu’il lui faudrait bientôt boire la coupe de la fureur divine contre le péché.

26: 39

cette coupe. Cf. v. #Mt 26: 42. Dans l’A.T., la coupe symbolise souvent la colère divine contre le péché (#Esa 51:17, #Esa 51:22 ; #Jér 25:15-17, #Jér 25:27-29 ; #La 4:21-22 ; #Ez 23: 31-34 ; #Ha 2:16). Le lendemain, Christ allait « porter les péchés de beaucoup » (#Hé 9:28), et la plénitude de la colère divine allait retomber sur lui (#Esa 53:10-11 ; #2Co 5:21). Tel était le prix du péché qu’il prit sur lui, le prix qu’il paya dans sa totalité. Son cri d’angoisse en #Mt 27: 46 reflète l’extrême amertume de la coupe de colère qui lui fut donnée.

non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Cette expression n’implique pas qu’il y ait eu un conflit entre les personnes qui composent la Trinité. Au contraire, elle illustre la façon dont Christ, dans son humanité, soumit sans contrainte sa volonté à celle du Père. En toutes choses, il s’abandonna entre les mains du Père, précisément pour qu’il n’y ait aucun conflit entre la volonté divine et ses propres désirs. Voir #Jn 4:34 ; #Jn 6:38 ; #Jn 8:29 ; #Ph 2:8.   

26: 41

la chair est faible. La tendresse de cette supplication est des plus touchantes. Christ était parfaitement conscient des sentiments propres à la faiblesse humaine (#Hé 4:15), il était cependant libre de tout péché. En cet instant précis, il luttait contre les passions humaines qui, sans être un péché en elles-mêmes, doivent être soumises à la volonté divine afin de ne laisser prise à aucun péché.    

MARC 14 : 32 à 42

32 ¶  Ils allèrent ensuite dans un lieu appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je prierai.

33  Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses.

34  Il leur dit : Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez.

35  Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta contre terre, et pria que, s’il était possible, cette heure s’éloignât de lui.

36  Il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.

37  Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre : Simon, tu dors ! Tu n’as pu veiller une heure !

38  Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.

39  Il s’éloigna de nouveau, et fit la même prière.

40  Il revint, et les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis. Ils ne surent que lui répondre.

41  Il revint pour la troisième fois, et leur dit : Dormez maintenant, et reposez-vous ! C’est assez ! L’heure est venue ; voici, le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.

42  Levez-vous, allons ; voici, celui qui me livre s’approche.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

14: 32

Gethsémané. Ce mot signifie « pressoir à huile » et désignait un verger d’oliviers sur l’une des pentes du mont des Oliviers. Jésus fréquentait cet endroit avec ses disciples quand il voulait rester à l’écart des foules pour prier (cf. #Jn 18:1).

14: 33

Pierre, Jacques et Jean. Jésus les avait probablement pris avec lui, dans le jardin, parce qu’ils étaient les chefs des douze et qu’il avait une leçon importante à leur enseigner pour qu’ils la transmettent aux autres (vv. #Mr 14:34-42).

éprouver de la frayeur. Le mot grec évoque un sentiment d’effarement et de terreur devant une perspective effrayante. A la perspective de supporter toute la colère de Dieu contre le péché, Jésus avait de quoi se sentir terrifié.

14: 34

jusqu’à la mort. A ce moment-là, la tristesse de Jésus était si forte qu’elle menaçait de lui être fatale. Il est possible de mourir d’angoisse (cf. #Lu 22: 44).

14: 35

s’il était possible. Jésus ne doutait pas que Dieu ait le pouvoir d’éloigner cette heure de lui, mais seulement de ce que cela soit possible selon son plan. Christ était sur le point de boire cette coupe d’amertume sur la croix, seul sacrifice que Dieu pouvait accepter pour les péchés (cf. #Ac 4:12).

cette heure. L’heure de sa mort sacrificielle, décrétée par Dieu. Elle inclut chaque événement, de la trahison (v. #Mr 14: 41) jusqu’aux procès de Jésus, aux moqueries et à sa crucifixion.

14: 36

Abba. Terme araméen affectueux, intime, qui correspond au français « papa » (cf. #Ro 8:15 ; #Ga 4:6).

toutes choses te sont possibles. Jésus savait qu’il était du pouvoir et de l’omniscience de Dieu de fournir un autre plan de salut, s’il le désirait.

coupe. C’était la coupe de la colère divine dont parle l’A.T. (#Ps 75:9 ; #Esa 51:17 ; #Jér 49:12). Christ allait endurer la colère de Dieu contre le péché, contre Satan, la puissance de la mort et la culpabilité de l’iniquité.

non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Révèle la détermination et le consentement absolus de Jésus à faire la volonté de Dieu. Il était venu dans le monde pour faire la volonté de Dieu, et sa résolution resta la même sur terre  cf. #Jn 6:38-40).

14: 37

Simon. Peut-être. Jésus choisit-il d’employer le nom « Simon » car le disciple n’était pas à la hauteur de la signification et de l’importance de son nouveau nom, « Pierre »

une heure. Indique que Jésus avait passé une heure à prier, et Pierre n’avait pas été capable de rester éveillé pendant ce court laps de temps.

14: 38

Veillez. Mot grec signifiant « rester sur ses gardes ». Jésus encourageait Pierre, Jacques et Jean à discerner les moments où ils étaient soumis à des attaques spirituelles. Ils ne devaient pas laisser la confiance qu’ils avaient en eux-mêmes les bercer et les endormir spirituellement.

la chair est faible. Du fait que leur esprit, malgré toute sa bonne volonté, est encore attaché à leur chair non rachetée, les croyants ne sont pas toujours en mesure de pratiquer la justice comme ils y aspirent (cf. #Ro 7:15-23 ;

14: 41

Dormez maintenant, et reposez-vous! Une exclamation ou plutôt une interrogation étonnée de Jésus: les trois disciples sont restés indifférents non seulement aux besoins de Christ à cette occasion mais aussi à leur besoin de force et de vigilance en prévision de la tentation imminente qu’ils allaient devoir affronter. Les disciples avaient besoin d’apprendre que la victoire revient à ceux qui restent vigilants dans la prière et dépendent de Dieu, et que la confiance en soi, doublée d’un manque de préparation, provoque la déroute spirituelle.

Fils de l’homme. Jésus se désignait ainsi pour mettre en évidence l’abaissement qui était le sien. Cette expression apparaît 14 fois chez Marc (vv. #Mr 2:10, #Mr 2:28 ; #Mr 8:31, #Mr 8:38 ; #Mr 9:9, #Mr 9:12, #Mr 9:31 ; #Mr 10:33, #Mr 10:45 ; #Mr 13: 26 ; #Mr 14: 21, #Mr 14: 41, #Mr 14: 62).

 

LUC 22 : 40 à 46

40  Lorsqu’il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit : Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

41  Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’environ un jet de pierre, et, s’étant mis à genoux, il pria,

42  disant : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.

43  Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier.

44  Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre.

45  Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse,

46  et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.

NOTE DE JOHN MACARTHUR

22: 40

ce lieu. Gethsémané.

Priez. Auparavant, il avait déjà averti les disciples  et notamment Pierre - qu’ils allaient être soumis à une épreuve extrêmement intense (v. #Lu 22: 31). Malheureusement, ils ne tinrent pas plus compte de cet avertissement que de son invitation pressante à prier.

22: 41

environ un jet de pierre. C’est-à-dire à portée de voix. Sa prière était en partie destinée à fortifier ses disciples (cf. #Jn 11:41-42).

22: 42

cette coupe. La coupe de la colère divine (cf. #Esa 51:17, #Esa 51:22 ; #Jér 25:15-17, #Jér 25:27-29 ; #La 4:21-22 ; #Ez 23:31-34 ; #Ha 2:16).

que ma volonté ne se fasse pas. Cf. #Mt 26: 39 ; #Jn 4:34 ; #Jn 5:30 ; #Jn 6:38 ; #Jn 8:29. Cette parole ne suggère pas qu’il y ait eu un conflit entre la volonté du Père et celle du Fils. Il était parfaitement naturel que la nature humaine de Christ recule devant la coupe de la colère divine. Cependant, même si cette coupe lui était en horreur, il la prit volontairement, car telle était la volonté du Père. Sa prière témoigne d’une soumission consciente, délibérée et volontaire de ses sentiments humains à la volonté parfaite du Père. On ne peut donc parler de conflit entre le Père et le Fils, pas plus qu’entre la nature divine de Christ et ses sentiments humains.

22:43-44 Les faits rapportés dans ces vv. ne figurent que dans le récit de Luc, le médecin.

22: 44

comme des grumeaux de sang. C’est la manifestation d’un état critique connu sous le nom d’hématidrose ou sueur de sang. Il peut être provoqué par une angoisse ou un effort physique extrême. Les capillaires sous-cutanés se dilatent et éclatent, mêlant le sang à la sueur. Christ lui-même déclara que sa souffrance l’avait conduit au seuil de la mort  cf. #Hé 12:3-4).

22: 45

endormis de tristesse. Cf. #Lu 9:32. La tension émotionnelle était extrêmement intense pour les disciples autant que pour Christ. Cependant, leur réaction fut de capituler devant les revendications de la chair. Ainsi, ils préférèrent assouvir leur envie de dormir immédiate plutôt que de veiller et de prier pour obtenir davantage de force, comme Christ le leur avait ordonné (v. #Lu 22: 40). Toutes les raisons de leurs échecs subséquents se trouvent dans le comportement qu’ils manifestèrent dans le jardin de Gethsémané.

22: 46

Levez-vous et priez. Un appel rempli de tendresse adressé aux disciples, qui, dans leur faiblesse, lui avaient désobéi au moment le plus critique. Peut-être, les exhorta-t-il à se tenir debout pour mieux vaincre leur somnolence. #Mt 26:43 et #Mr 14: 40 révèlent qu’une fois encore au moins il les trouva endormis. 

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