ANCIEN TESTAMENT JOUR 319 DE 929

14/11/2019 00:40

ANCIEN TESTAMENT JOUR 319 DE 929

2 Rois 6 de 25

 

2 Rois 6 : 1 À 33

1 ¶  Les fils des prophètes dirent à Elisée : Voici, le lieu où nous sommes assis devant toi est trop étroit pour nous.

 

le lieu où nous sommes assis. Certains prennent le verbe « s’asseoir » (utilisé aussi au v. 2 et traduit « habitation ») dans le sens de « vivre ». Cela amène à conclure que les « fils des prophètes », ceux auxquels Elisée dispensait un enseignement particulier, vivaient en communauté. Cependant, le même verbe est utilisé pour David assis devant l’Eternel dans l’adoration (#2S 7:18) et pour les anciens assis devant Ezéchiel afin d’écouter ses conseils (#Ez 8:1 ; #Ez 14:1). Il peut donc simplement s’agir d’une allusion au bâtiment dans lequel les jeunes gens étaient enseignés. Le nombre croissant de personnes désireuses de profiter de cet enseignement nécessitait des locaux plus grands.

 

2  Allons jusqu’au Jourdain ; nous prendrons là chacun une poutre, et nous nous y ferons un lieu d’habitation. Elisée répondit : Allez.

3  Et l’un d’eux dit : Consens à venir avec tes serviteurs. Il répondit: J’irai.

4  Il partit donc avec eux. Arrivés au Jourdain, ils coupèrent du bois.

 

Jourdain …  bois. Dans la vallée du Jourdain poussaient des arbres plutôt petits, tels que les saules, les tamaris et les acacias, qui produisaient du bois de charpente léger. La construction serait simple et humble.

 

5  Et comme l’un d’eux abattait une poutre, le fer tomba dans l’eau. Il s’écria : Ah ! mon seigneur, il était emprunté !

 

fer …  emprunté. Le fer était cher et relativement rare en Israël à cette époque, et cet apprenti prophète devait être très pauvre: la hache lui avait été prêtée, car il n’avait pas les moyens d’en acheter une. Il n’avait aucun moyen de rembourser le propriétaire.

 

6  L’homme de Dieu dit : Où est-il tombé ? Et il lui montra la place. Alors Elisée coupa un morceau de bois, le jeta à la même place, et fit surnager le fer.

 

fit surnager le fer. Elisée jeta un bâton dans le fleuve, à l’endroit où le fer de la hache était tombé, et le bâton ramena le fer à la surface, malgré son poids. Par ce miracle, l’Eternel montra, une fois de plus, qu’il prenait soin de celui qui lui était fidèle.

 

7  Puis il dit : Enlève-le ! Et il avança la main, et le prit.

8 ¶  Le roi de Syrie était en guerre avec Israël, et, dans un conseil qu’il tint avec ses serviteurs, il dit : Mon camp sera dans un tel lieu.

 

roi de Syrie. Ben-Hadad Ier ou, plus probablement, Ben-Hadad II (v. #2R 6:24).

en guerre. Le roi syrien avait probablement mené des raids (v. #2R 6:23) destinés à piller les villes d’Israël.

 

9  Mais l’homme de Dieu fit dire au roi d’Israël : Garde-toi de passer dans ce lieu, car les Syriens y descendent.

 

l’homme de Dieu. C’est-à-dire Elisée (v. #2R 6:12).

roi d’Israël. C’est-à-dire Joram.

Garde-toi de passer dans ce lieu. Grâce aux révélations surnaturelles qu’il recevait, Elisée pouvait informer continuellement Joram des villes israélites que le roi de Syrie prévoyait d’attaquer. Le roi prenait alors les précautions nécessaires et fortifiait la ville afin de déjouer les projets syriens.

 

10  Et le roi d’Israël envoya des gens, pour s’y tenir en observation, vers le lieu que lui avait mentionné et signalé l’homme de Dieu. Cela arriva non pas une fois ni deux fois.

11  Le roi de Syrie en eut le cœur agité ; il appela ses serviteurs, et leur dit : Ne voulez-vous pas me déclarer lequel de nous est pour le roi d’Israël ?

 

lequel de nous. Le roi syrien était persuadé qu’un membre de son entourage révélait ses plans à Israël.

 

12  L’un de ses serviteurs répondit : Personne ! ô roi mon seigneur ; mais Elisée, le prophète, qui est en Israël, rapporte au roi d’Israël les paroles que tu prononces dans ta chambre à coucher.

13 ¶  Et le roi dit : Allez et voyez où il est, et je le ferai prendre. On vint lui dire : Voici, il est à Dothan.

 

le ferai prendre. Le roi syrien projetait de capturer Elisée, puisqu’il connaissait tous ses secrets (v. #2R 6:12), afin qu’il ne puisse plus informer le roi d’Israël, quoi qu’il sache.

Dothan. Ville située dans la région montagneuse de Manassé, à environ 16 km au nord de Samarie et 19 km au sud de Jizreel. Elle contrôlait un col primordial le long de la route principale qui reliait Damas à l’Egypte (cf. #Ge 37:17).

 

14  Il y envoya des chevaux, des chars et une forte troupe, qui arrivèrent de nuit et qui enveloppèrent la ville.

 

une forte troupe. Contrairement à ce qu’il avait fait lors des raids précédents, de petite envergure (vv. #2R 6:8, #2R 6:23), le roi de Syrie envoya cette fois-ci des troupes conséquentes, avec des chevaux et des chars, pour s’emparer d’Elisée. Arrivée à Dothan, l’armée encercla la ville.

 

15  Le serviteur de l’homme de Dieu se leva de bon matin et sortit ; et voici, une troupe entourait la ville, avec des chevaux et des chars. Et le serviteur dit à l’homme de Dieu : Ah ! mon seigneur, comment ferons-nous ?

16  Il répondit : Ne crains point, car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux.

 

ceux qui sont avec nous. Elisée désignait ainsi l’armée céleste de Dieu (cf. #Jos 5:13-15 ; #2Ch 32:7-8 ; #Da 10:20 ; #Da 12:1).

 

17  Elisée pria, et dit : Eternel, ouvre ses yeux, pour qu’il voie. Et l’Eternel ouvrit les yeux du serviteur, qui vit la montagne pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Elisée.

 

ouvre ses yeux. Elisée dut demander au Seigneur d’accorder à son serviteur la possibilité de voir le monde normalement invisible, et il put effectivement voir les armées célestes prêtes à combattre les Syriens (cf. #Ge 32:1-2).

 

18  Les Syriens descendirent vers Elisée. Il adressa alors cette prière à l’Eternel: Daigne frapper d’aveuglement cette nation ! Et l’Eternel les frappa d’aveuglement, selon la parole d’Elisée.

 

aveuglement. Le mot hébreu n’apparaît qu’ici et en #Ge 19:11. Il semble se rapporter à un aveuglement provoqué par une lumière éclatante (« chars de feu », v. 17). Les deux emplois bibliques du terme impliquent un acte miraculeux, avec une présence angélique, et tous deux sont utilisés dans le contexte de la délivrance d’un danger.

 

19  Elisée leur dit : Ce n’est pas ici le chemin, et ce n’est pas ici la ville ; suivez-moi, et je vous conduirai vers l’homme que vous cherchez. Et il les conduisit à Samarie.

 

suivez-moi …  vers l’homme que vous cherchez. Puisqu’il se rendait lui-même à Samarie, Elisée ne mentait pas: il conduisit effectivement l’armée syrienne à l’endroit où elle le trouverait.

 

20  Lorsqu’ils furent entrés dans Samarie, Elisée dit : Eternel, ouvre les yeux de ces gens, pour qu’ils voient ! Et l’Eternel ouvrit leurs yeux, et ils virent qu’ils étaient au milieu de Samarie.

 

dans Samarie. Dieu livra une grande partie de l’armée syrienne aux mains du roi d’Israël, et ce sans aucune effusion de sang. Les Syriens furent forcés de constater qu’ils étaient entièrement cernés et prisonniers d’Israël.

 

21  Le roi d’Israël, en les voyant, dit à Elisée : Frapperai-je, frapperai-je, mon père ?

 

mon père. En utilisant cette expression, qui évoquait le respect présent dans une relation filiale, le roi d’Israël montrait qu’il reconnaissait l’autorité d’Elisée.

 

22  Tu ne frapperas point, répondit Elisée ; est-ce que tu frappes ceux que tu fais prisonniers avec ton épée et avec ton arc ? Donne-leur du pain et de l’eau, afin qu’ils mangent et boivent ; et qu’ils s’en aillent ensuite vers leur maître.

 

Tu ne frapperas point. Avec toute l’autorité dont il jouissait par délégation divine, Elisée interdit l’exécution des prisonniers. Il était rare et cruel de mettre, de sang froid, des prisonniers de guerre à mort, et c’était encore plus inapproprié du fait qu’ils avaient été capturés grâce à la puissance miraculeuse de Dieu. Un comportement généreux des Israélites rendrait témoignage à la bonté de Dieu et pouvait, en outre, prévenir de futures attaques syriennes. Il s’agissait d’une victoire morale (v. #2R 6:23).

 

23  Le roi d’Israël leur fit servir un grand repas, et ils mangèrent et burent ; puis il les renvoya, et ils s’en allèrent vers leur maître. Et les troupes des Syriens ne revinrent plus sur le territoire d’Israël.

 

un grand repas. Dans le Proche-Orient ancien, la prise en commun d’un repas pouvait signifier la conclusion d’une alliance entre les deux parties (cf. #Lé 7:15-18).

 

24 ¶  Après cela, Ben-Hadad, roi de Syrie, ayant rassemblé toute son armée, monta et assiégea Samarie.

 

Ben-Hadad. Ce même Ben-Hadad avait déjà assiégé Samarie (#1R 20:1) suite à un acte de bonté stupide et mal placé d’Achab (#1R 20:42).

toute son armée. Contrairement à la tactique employée lors des raids de petite envergure (vv. #2R 6:8, #2R 6:23) et lors de l’envoi de troupes pour capturer Elisée (v. #2R 6:14), Ben-Hadad rassembla, cette fois-ci, son armée tout entière et marcha sur la capitale pour l’assiéger.

 

25  Il y eut une grande famine dans Samarie ; et ils la serrèrent tellement qu’une tête d’âne valait quatre-vingts sicles d’argent, et le quart d’un kab de fiente de pigeon cinq sicles d’argent.

 

une tête d’âne …  quatre-vingts sicles d’argent. Le siège provoqua une famine terrible qui affecta toute la ville, au point qu’on acceptait de payer un prix exorbitant pour avoir une partie peu intéressante d’un animal impur (#Lé 11:2-7 ; #De 14:4-8).

fiente de pigeon. Il s’agissait soit d’un surnom pour certains pois ou racines, soit de crottes, utilisées comme combustible ou nourriture en situation de crise.

 

26  Et comme le roi passait sur la muraille, une femme lui cria : Sauve-moi, ô roi, mon seigneur !

 

Sauve-moi, ô roi. Cette femme demanda au roi Joram de rendre un verdict dans sa dispute avec une autre femme

 

27  Il répondit : Si l’Eternel ne te sauve pas, avec quoi te sauverais-je ? avec le produit de l’aire ou du pressoir ?

28  Et le roi lui dit : Qu’as-tu ? Elle répondit : Cette femme-là m’a dit : Donne ton fils ! nous le mangerons aujourd’hui, et demain nous mangerons mon fils.

 

6:28-29

Donne ton fils! nous le mangerons. Les malédictions liées à l’alliance mosaïque avaient annoncé cette sorte de cannibalisme païen, en particulier en cas d’apostasie (#Lé 26:29 ; #De 28:52-57). La manière dont la femme présenta son cas, sans témoigner la moindre émotion, ajoutait encore à l’horreur de son récit.

 

29  Nous avons fait cuire mon fils, et nous l’avons mangé. Et le jour suivant, je lui ai dit : Donne ton fils, et nous le mangerons. Mais elle a caché son fils.

30  Lorsque le roi entendit les paroles de cette femme, il déchira ses vêtements, en passant sur la muraille ; et le peuple vit qu’il avait en dedans un sac sur son corps.

 

déchira ses vêtements. Signe de souffrance et de deuil.

sac sur son corps. Un vêtement grossier, fait de peau de chèvre, porté en signe de deuil (cf. #Ge 37:34) ou de repentance. Le roi ne s’humiliait pas réellement pour ses péchés ni pour ceux de la nation, sinon il n’aurait pas menacé Elisée de mort.

 

31  Le roi dit : Que Dieu me punisse dans toute sa rigueur, si la tête d’Elisée, fils de Schaphath, reste aujourd’hui sur lui !

 

la tête d’Elisée. Il peut y avoir eu plusieurs raisons à cette menace de mort proférée par le roi contre Elisée:

1° il considérait le siège comme l’œuvre de l’Eternel (v. #2R 6:33), et il supposait donc qu’étant son représentant, le prophète, avec qui les rois d’Israël étaient en conflit, était aussi impliqué;

2° il se rappelait qu’Elie avait pu mettre fin à une famine (#1R 18:41-46);

3° il pensait que la clémence d’Elisée envers l’armée syrienne (v. #2R 6:22) avait, d’une manière ou d’une autre, provoqué ce siège;

4° il estimait que, jouissant d’une puissance miraculeuse, le prophète aurait dû mettre fin à la famine.

Mais le plus probable, c’est que Joram avait espéré que le port de signes de deuil, peut-être conseillé par le prophète en tant qu’acte de repentance sincère (ce qui n’était pas le cas, déboucherait sur la fin du siège. Comme tel n’avait pas été le cas, il cherchait à tuer Elisée.

 

32  Or Elisée était assis dans sa maison, et les anciens étaient assis auprès de lui. Le roi envoya quelqu’un devant lui. Mais avant que le messager soit arrivé, Elisée dit aux anciens : Voyez-vous que ce fils d’assassin envoie quelqu’un pour m’ôter la tête ? Ecoutez ! quand le messager viendra, fermez la porte, et repoussez-le avec la porte : le bruit des pas de son maître ne se fait-il pas entendre derrière lui ?

 

les anciens étaient assis auprès de lui. Les anciens étaient les dirigeants de Samarie, et leur rassemblement indiquait l’estime dont jouissait Elisée auprès des hauts responsables de la société.

fils d’assassin. Cette expression peut avoir deux significations:

1° Achab, le père de Joram, était un meurtrier (#1R 21:1-16);

2° Joram lui-même avait le caractère d’un assassin.

 

33  Il leur parlait encore, et déjà le messager était descendu vers lui, et disait : Voici, ce mal vient de l’Eternel ; qu’ai-je à espérer encore de l’Eternel ?

 

qu’ai-je à espérer encore de l’Eternel? Joram considérait, à juste titre, l’Eternel comme l’instigateur de ce siège et de cette famine, mais il déclara n’avoir aucun espoir de le voir renverser la situation.

 

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