ANCIEN TESTAMENT JOUR 418 DE 929

21/02/2020 00:32

ANCIEN TESTAMENT JOUR 418 DE 929

Néhémie 5 de 13

 

Néhémie 5 : 1 À 19

1 ¶  Il s’éleva de la part des gens du peuple et de leurs femmes de grandes plaintes contre leurs frères les Juifs.

 

5:1-5

leurs frères les Juifs. Il s’agissait peut-être à nouveau des riches qui refusaient de travailler et avaient noué des alliances avec les ennemis. Les Juifs pauvres étaient fatigués de leur dur labeur, éprouvés par les railleries constantes de leurs ennemis, et ils manquaient du nécessaire pour vivre. N’ayant pas l’argent nécessaire pour payer leurs impôts, ils se voyaient dans l’obligation d’emprunter. Comme ils devaient travailler en ville, ils ne pouvaient pas cultiver les champs pour se nourrir. Des plaintes s’élevèrent en outre contre la terrible exploitation et les mesures d’extorsion pratiquées par les riches: ils refusaient d’aider leurs compatriotes, les obligeant à vendre leurs maisons et leurs enfants alors qu’ils n’avaient pas les moyens de les racheter. En temps normal, la loi offrait l’espoir d’une libération par la remise des dettes, tous les sept ans ou au cours de la cinquantième année, celle du jubilé (#Lé 25). La coutume du rachat permettait, par ailleurs, de libérer presque à n’importe quel moment l’individu asservi, mais la situation financière désespérée d’alors rendait apparemment cela impossible.

5:1-13

La situation économique s’était détériorée, du fait de l’opposition et des temps difficiles, et cela avait un effet dévastateur sur la vie, fragile, de Juda. Les pressions financières à l’intérieur même de la communauté agissaient de façon pire que l’opposition ennemie sur le moral des anciens exilés.

 

2  Les uns disaient : Nous, nos fils et nos filles, nous sommes nombreux ; qu’on nous donne du blé, afin que nous mangions et que nous vivions.

3  D’autres disaient : Nous engageons nos champs, nos vignes, et nos maisons, pour avoir du blé pendant la famine.

4  D’autres disaient : Nous avons emprunté de l’argent sur nos champs et nos vignes pour le tribut du roi.

5  Et pourtant notre chair est comme la chair de nos frères, nos enfants sont comme leurs enfants ; et voici, nous soumettons à la servitude nos fils et nos filles, et plusieurs de nos filles y sont déjà réduites ; nous sommes sans force, et nos champs et nos vignes sont à d’autres.

6 ¶  Je fus très irrité lorsque j’entendis leurs plaintes et ces paroles-là.

7  Je résolus de faire des réprimandes aux grands et aux magistrats, et je leur dis : Quoi ! vous prêtez à intérêt à vos frères ! Et je rassemblai autour d’eux une grande foule,

 

réprimandes aux grands et aux magistrats. La participation des grands et des magistrats au projet de reconstruction était négligeable (cf. #Né 3:5), et leur loyauté envers Tobija et les autres accentuait leur comportement opportuniste, les plaçant pour ainsi dire dans le camp de l’opposition. Ils étaient devenus des ennemis intérieurs.

prêtez à intérêt. Le terme utilisé pouvait désigner un intérêt normal ou excessif. Selon la loi mosaïque, les Juifs avaient l’interdiction d’exiger un intérêt sur les prêts qu’ils faisaient à leurs compatriotes, qu’il s’agisse d’argent, de nourriture ou de quoi que ce soit d’autre. Si la personne était sans ressources, ils devaient même considérer ce prêt comme un don. Si elle était en mesure de rembourser plus tard, ce devait être sans aucun taux d’intérêt (voir #Lé 25:36-37 ; #De 23:19-20). Une telle générosité caractérisait les hommes pieux (voir #Ps 15:5 ; #Jér 15:10 ; cf. #Pr 28:8). En revanche, un intérêt pouvait être exigé des étrangers (#De 23:20). Le taux d’intérêt pouvait dépasser 50% dans l’Antiquité. Une telle pratique profitait du désespoir des gens et rendait tout remboursement impossible; elle épuisait les ressources de la famille tout entière et réduisait les débiteurs à un esclavage permanent.

 

8  et je leur dis : Nous avons racheté selon notre pouvoir nos frères les Juifs vendus aux nations ; et vous vendriez vous-mêmes vos frères, et c’est à nous qu’ils seraient vendus ! Ils se turent, ne trouvant rien à répondre.

 

Nous avons racheté. Néhémie dénonça avec sévérité la mauvaise conduite de ceux qui avaient vendu leurs frères à travers la pratique de l’intérêt. Il mit leur attitude en contraste avec la sienne: lui-même avait racheté, avec ses propres ressources, des Juifs exilés qui avaient perdu leur liberté à Babylone à cause de leurs dettes.

 

9  Puis je dis : Ce que vous faites n’est pas bien. Ne devriez-vous pas marcher dans la crainte de notre Dieu, pour n’être pas insultés par les nations nos ennemies ?

10  Moi aussi, et mes frères et mes serviteurs, nous leur avons prêté de l’argent et du blé. Abandonnons ce qu’ils nous doivent !

 

Moi aussi. Néhémie avait à nouveau donné l’exemple en accordant des prêts, mais sans exiger d’intérêt.

 

11  Rendez-leur donc aujourd’hui leurs champs, leurs vignes, leurs oliviers et leurs maisons, et le centième de l’argent, du blé, du moût et de l’huile que vous avez exigé d’eux comme intérêt.

 

Rendez-leur donc aujourd’hui. Pour réparer le mal qu’ils avaient commis, les coupables devaient restituer ce qu’ils avaient confisqué à des personnes incapables de rembourser leurs prêts, y compris les intérêts qu’ils avaient encaissés.

 

12  Ils répondirent : Nous les rendrons, et nous ne leur demanderons rien, nous ferons ce que tu dis. Alors j’appelai les sacrificateurs, devant lesquels je les fis jurer de tenir parole.

 

jurer. Les coupables furent touchés dans leur conscience par les paroles de Néhémie. La peur, la honte et les regrets les poussèrent à jurer de rendre les biens confisqués avec les intérêts, et même de libérer les esclaves. Cette annulation des dettes eut un effet unificateur sur les deux parties concernées. La séance se termina officiellement par un engagement solennel du peuple au travers du serment prêté devant les sacrificateurs (ou « par » eux, selon une autre interprétation possible, en tant que représentants de l’administration). Tous promirent de rester fidèles à ce serment.

 

13  Et je secouai mon manteau, en disant: Que Dieu secoue de la même manière hors de sa maison et de ses biens tout homme qui n’aura point tenu parole, et qu’ainsi cet homme soit secoué et laissé à vide ! Toute l’assemblée dit : Amen ! On célébra l’Eternel. Et le peuple tint parole.

 

secouai mon manteau. Ce geste du gouverneur Néhémie, symbolisant une malédiction, appelait la colère de Dieu sur quiconque ne respecterait pas son engagement de libérer ses débiteurs. Le peuple se montra d’accord avec lui et respecta son engagement.

 

14 ¶  Dès le jour où le roi m’établit leur gouverneur dans le pays de Juda, depuis la vingtième année jusqu’à la trente-deuxième année du roi Artaxerxès, pendant douze ans, ni moi ni mes frères n’avons vécu des revenus du gouverneur.

 

trente-deuxième année. C’est-à-dire l’année au cours de laquelle Néhémie retourna auprès d’Artaxerxès en Perse (vers 433 av. J.-C.; cf. #Né 13:6).

vécu des revenus du gouverneur. Il s’agissait des revenus liés à l’administration perse. Néhémie avait choisi de ne pas y recourir, car il aurait dû pour cela exiger des impôts de son peuple, déjà frappé par la pauvreté (v. #Né 5:15). Cette affirmation témoigne des richesses qu’il avait accumulées, en tant qu’échanson du roi en Perse, et prises avec lui. D’après les vv. #Né 5:17-18, il subvenait avec largesse aux besoins de 150 hommes (et leurs familles) qui exerçaient des responsabilités avec lui.

 

15  Avant moi, les premiers gouverneurs accablaient le peuple, et recevaient de lui du pain et du vin, outre quarante sicles d’argent ; leurs serviteurs mêmes opprimaient le peuple. Je n’ai point agi de la sorte, par crainte de Dieu.

 

quarante sicles. Environ un demi-kilo.

par crainte de Dieu. Si Néhémie n’opprimait pas ses compatriotes, contrairement à ses prédécesseurs, c’était parce qu’il estimait que cela constituerait un acte de désobéissance envers Dieu.

 

16  Bien plus, j’ai travaillé à la réparation de cette muraille, et nous n’avons acheté aucun champ, et mes serviteurs tous ensemble étaient à l’ouvrage.

 

nous n’avons acheté aucun champ. Même si l’époque était idéale pour acheter la propriété de ceux qui étaient obligés de vendre, Néhémie conserva une politique personnelle cohérente et ne chercha pas à profiter de la détresse d’autrui. Il travailla sur la muraille, au lieu de passer son temps à accumuler des biens.

 

17  J’avais à ma table cent cinquante hommes, Juifs et magistrats, outre ceux qui venaient à nous des nations d’alentour.

18  On m’apprêtait chaque jour un bœuf, six moutons choisis, et des oiseaux ; et tous les dix jours on préparait en abondance tout le vin nécessaire. Malgré cela, je n’ai point réclamé les revenus du gouverneur, parce que les travaux étaient à la charge de ce peuple.

 

revenus du gouverneur. Dans le Proche-Orient ancien, on calculait les dépenses du personnel d’un roi non en termes d’argent, mais en fonction des fournitures (cf. #1R 4:22 ; #1R 18:19 ; #Ec 5:10).

 

19  Souviens-toi favorablement de moi, ô mon Dieu, à cause de tout ce que j’ai fait pour ce peuple !

 

Souviens-toi …  de moi. C’est la première de quatre prières identiques de Néhémie (cf. #Né 13:14, #Né 13:22, #Né 13:31).

 

 

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