ANCIEN TESTAMENT JOUR 922 DE 929

07/07/2021 00:09

ANCIEN TESTAMENT JOUR 922 DE 929

ZACHARIE 11 de 14

 

 

Zacharie 11 : 1 à 17

    1 ¶  Liban, ouvre tes portes, Et que le feu dévore tes cèdres !

 

11:1-3

Zacharie décrivit le feu du jugement qui détruirait les impies comme un incendie consumant les arbres. Cette dévastation ne serait pas limitée à un jugement spirituel mais inclurait la mort des habitants. Ce passage est le plus poétique de tout le livre. Le « Liban », le « Basan » et le « Jourdain » représentent tout le pays, parcouru par le jugement de haut en bas, depuis le nord en passant par l’intérieur et en suivant la vallée du Jourdain jusqu’à la frontière sud.

11:1-17

Au contraire des ch. #Za 9 et 10, dans lesquels le Messie est dépeint sous les traits d’un merveilleux berger, ce passage présente une image horrible: le rejet du Messie, le vrai berger. Le prophète passe de la gloire du Messie, bien accueilli lors de sa seconde venue, à l’apostasie et au rejet du Messie par la nation d’Israël dans son ensemble lors de sa première venue.

 

2  Gémis, cyprès, car le cèdre est tombé, Ceux qui s’élevaient sont détruits ! Gémissez, chênes de Basan, Car la forêt inaccessible est renversée !

 

Gémis, cyprès. Si les majestueux cèdres sont abattus, les arbres plus fragiles seront moins capables encore de tenir debout.

chênes de Basan. Le poème passe du Liban, à la frontière nord d’Israël, au Basan, région située à l’est de la mer de Galilée et célèbre pour ses chênes et ses riches pâturages (cf. #Am 4:1 ; #Mi 7:14).

 

3  Les bergers poussent des cris lamentables, Parce que leur magnificence est détruite ; Les lionceaux rugissent, Parce que l’orgueil du Jourdain est abattu.

 

bergers …  lionceaux. Les bergers déplorent la perte de leurs pâturages, et les jeunes lions celle de leur nourriture et de leur tanière: c’étaient des images poétiques du malheur qui devait frapper le pays à travers des jugements dévastateurs. Au fil du ch., il devient de plus en plus clair qu’il s’agit probablement d’une annonce de la destruction de Jérusalem, survenue en 70 apr. J.-C., et des dévastations qui s’ensuivirent pour le pays tout entier, avec pour conséquence la dissolution des structures étatiques juives.

 

4 ¶  Ainsi parle l’Eternel, mon Dieu : Pais les brebis destinées à la boucherie !

 

11:4-14

La cause de la calamité des vv. 1-3 est exposée ici: le rejet du vrai berger. Dieu chargea le prophète Zacharie de jouer, tel un acteur, le rôle d’un berger pour illustrer le vrai berger, Jésus-Christ, et le rejet auquel il allait être confronté. Les instructions données aux vv. #Za 11:4-6 sont mises en œuvre aux vv. #Za 11:7-14. 11:4-6 L’Eternel informait son peuple qu’il allait être traité comme des brebis destinées à la boucherie, dont les bergers n’ont aucune pitié: ils s’intéressent seulement à l’argent qu’elles peuvent leur rapporter. De même, il allait envoyer son troupeau au carnage sans aucune pitié. Suite à ce retrait de la protection et de la compassion divines (cf. #Os 1:6), les Israélites allaient être livrés au Romains (« aux mains les uns des autres ») et à leurs autorités (« roi »; cf. #Jn 19:14-15), et cela déboucherait sur leur massacre en 70 apr. J.-C. par l’armée romaine (cf. #Jn 11:47-50). Plus d’un million de Juifs ont été tués au cours de l’attaque romaine, et presque un demi-million lors des épisodes guerriers qui ont suivi dans la région d’Israël.

 

5  Ceux qui les achètent les égorgent impunément ; Celui qui les vend dit : Béni soit l’Eternel, car je m’enrichis ! Et leurs pasteurs ne les épargnent pas.

6  Car je n’ai plus de pitié pour les habitants du pays, Dit l’Eternel ; Et voici, je livre les hommes Aux mains les uns des autres et aux mains de leur roi ; Ils ravageront le pays, Et je ne délivrerai pas de leurs mains.

7  Alors je me mis à paître les brebis destinées à la boucherie, assurément les plus misérables du troupeau. Je pris deux houlettes: j’appelai l’une Grâce, et j’appelai l’autre Union. Et je fis paître les brebis.

 

11:7-14

Le texte montre Zacharie en train de jouer un personnage, dans une sorte de mise en scène destinée à illustrer le rejet de Christ qui allait conduire au jugement d’Israël décrit aux vv. 1-3. 11:7

paître les brebis. Le prophète nourrit ses compatriotes en leur enseignant la vérité de Dieu, et le Messie ferait de même lorsqu’il viendrait.

les plus misérables du troupeau. Seuls les pauvres réagiraient favorablement lorsque Jésus viendrait nourrir son troupeau (cf. #Mt 11:5 ; #1Co 1:26). Ils n’emboîteraient pas le pas aux sacrificateurs, scribes et pharisiens, dans leur orgueil, mais suivraient Christ.

Grâce …  Union. L’acte symbolique mis en scène par le prophète exigeait qu’il se serve de deux « houlettes ». Les bergers du Proche-Orient avaient souvent deux houlettes, l’une pour chasser les bêtes sauvages et une autre pour guider le troupeau et ramener les brebis qui s’en écartaient (cf. #Ps 23:4). La seconde évoque Christ en tant que bon berger: il exprima l’amour et la miséricorde de Dieu par la tendresse avec laquelle il conduisit et protégea les siens (#Mr 6:34). La première évoque son ministère unificateur: il chercha à rassembler la maison dispersée d’Israël pour qu’elle forme un seul troupeau (cf. v. #Za 11:14 ; #Mt 15:24).

 

8  J’exterminai les trois pasteurs en un mois ; mon âme était impatiente à leur sujet, et leur âme avait aussi pour moi du dégoût.

 

J’exterminai les trois bergers. Ces « trois bergers » sont difficiles à identifier. L’une des interprétations les plus anciennes y voit les sacrificateurs, les anciens et les scribes d’Israël. Jésus put faire connaître la grâce et l’union au petit peuple, mais il se heurta à l’hypocrisie des autorités religieuses, et cette attitude de rejet amena la disparition des trois fonctions. Dieu mit un terme aux offices médiateurs traditionnels entre lui et les hommes pour les remplacer par le sacerdoce universel des croyants (cf. #1Pi 2:5, #1Pi 2:9 ; #Ap 1:6 ; #Ap 5:10 ; #Ap 20:6).

était impatiente à leur sujet. Littéralement « fut courte en eux », qui évoque les limites de la patience divine envers ceux qui refusent de se repentir.

 

9  Et je dis : Je ne vous paîtrai plus ! Que celle qui va mourir meure, que celle qui va périr périsse, et que celles qui restent se dévorent les unes les autres !

 

se dévorent les unes les autres. Dans cette mise en scène, Zacharie joua un berger qui, contre toute attente, abandonne ses brebis, cessant de les conduire et de les protéger. Ceux qui s’entêtaient dans leur incrédulité allaient être laissés libres de suivre leurs propres penchants et seraient, de ce fait, vulnérables. Pendant le siège de Jérusalem par les Romains en 70 apr. J.-C., les habitants souffrirent tellement de la faim que certains se livrèrent au cannibalisme (cf. #Jér 19:9).

 

10  Je pris ma houlette Grâce, et je la brisai, pour rompre mon alliance que j’avais traitée avec tous les peuples.

 

rompre mon alliance. Il s’agit, apparemment, de la promesse faite par l’Eternel à Moïse d’empêcher les nations de décimer Israël si celui-ci persévérait dans l’obéissance (#De 28:1-14). Dieu allait mettre un terme à la protection et aux soins dont il avait fait bénéficier son peuple obstinément désobéissant (cf. #De 28:15-68), et il permettrait aux Romains d’envahir et de détruire Israël (cf. #Lu 19:41-44 ; #Lu 21:24).

 

11  Elle fut rompue ce jour-là ; et les malheureuses brebis, qui prirent garde à moi, reconnurent ainsi que c’était la parole de l’Eternel.

 

Le reste fidèle de l’époque de Christ sut que la Parole de Dieu s’accomplissait. Il perçut la venue du jugement, mais il échappa à ses conséquences à long terme en raison de sa foi en Christ.

 

12  Je leur dis : Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire ; sinon, ne le donnez pas. Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d’argent.

 

trente sicles d’argent. Zacharie poursuivit sa mise en scène en jouant Jésus en train de demander aux personnes en faveur desquelles il exerçait son ministère à quelle valeur elles l’estimaient. L’estimation donnée, dans un esprit de dérision, par les chefs correspondait au montant de la compensation payée au propriétaire d’un esclave encorné par un bœuf (cf. #Ex 21:32). C’est la somme exacte que Judas Iscariot reçut pour trahir le souverain berger (#Mt 26:14-16). En proposant cette récompense, les Juifs de l’époque de Jésus affirmèrent qu’il ne valait pas plus, à leurs yeux, qu’un esclave quelconque.

 

13  L’Eternel me dit : Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m’ont estimé ! Et je pris les trente sicles d’argent, et je les jetai dans la maison de l’Eternel, pour le potier.

 

Le prophète reçut de nouvelles instructions pour jouer le rejet de Christ: il dut jeter les trente pièces d’argent dans le temple. Cela s’accomplit lorsque Judas Iscariot, pris de remords, revint au temple et jeta aux pieds des sacrificateurs l’argent qu’ils lui avaient donné pour sa trahison. Les sacrificateurs ramassèrent l’argent et l’utilisèrent pour acheter le champ du potier (cf. #Mt 27:3-10).

ce prix magnifique. Par ce dernier sarcasme, Dieu saluait l’insulte suprême qu’il essuierait de la part de l’humanité.

 

14  Puis je brisai ma seconde houlette Union, pour rompre la fraternité entre Juda et Israël.

 

Le prophète avait cassé la première houlette (v. #Za 11:10) avant le rejet du berger par les Juifs, et c’est après ce rejet qu’il cassa le bâton symbolisant l’unité de la nation (v. #Za 11:7). Cela s’accomplit à travers la brèche que les Romains parvinrent à introduire dans le corps politique juif. Flavius Josèphe rapporte que, pendant la conquête romaine, les Juifs se dressèrent les uns contre les autres en raison de leurs dissensions internes et de la rivalité entre les camps rivaux. Ils se portèrent par conséquent les uns aux autres autant de coups que les Romains leur en donnèrent.

 

15 ¶  L’Eternel me dit : Prends encore l’équipage d’un pasteur insensé !

 

11:15-16

Une fois le vrai berger disparu, la mise en scène exigeait que le prophète joue le rôle d’un berger stupide, l’Antéchrist de la soixante-dixième semaine de Daniel (cf. #Da 9:27 ; #Jn 5:43 ; #2Th 2:3). La prophétie de Zacharie sautait ainsi du Ier siècle apr. J.-C. aux derniers jours avant la seconde venue de Christ, ignorant le mystère que représentait l’ère de l’Eglise. Ce berger « insensé » (impie) soumet les brebis rebelles à coups de bâton, dans une attitude contraire à tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un berger, puisqu’il est censé entourer son troupeau de soins attentifs et tendres. Dieu permettrait l’apparition de ce berger insensé: ayant refusé le bon berger, Israël en recevrait un autre, qui s’attaquerait aux brebis (v. #Za 11:16). C’est précisément ainsi que l’Antéchrist agira (cf. #Da 9:27 ; #Mt 24:15-22).

 

16  Car voici, je susciterai dans le pays un pasteur qui n’aura pas souci des brebis qui périssent ; il n’ira pas à la recherche des plus jeunes, il ne guérira pas les blessées, il ne soignera pas les saines ; mais il dévorera la chair des plus grasses, et il déchirera jusqu’aux cornes de leurs pieds.

17  Malheur au pasteur de néant, qui abandonne ses brebis ! Que l’épée fonde sur son bras et sur son œil droit ! Que son bras se dessèche, Et que son œil droit s’éteigne !

 

son bras …  son œil droit. Zacharie condamna le berger insensé en rappelant que sa force (« bras ») et son intelligence (« œil ») lui seraient retirés (cf. #Da 7:9-14, #Da 7:24-27 ; #Da 8:23-25 ; #2Th 2:8 ; #Ap 19:20 ; #Ap 20:10).

 

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