ECCLÉSIASTE

02/01/2014 13:19
 

 

ECCLÉSIASTE

 

940-931 AVANT J.C. SALMON

 

       Le titre français, l’Ecclésiaste, provient des traductions grecque et latine de ce livre de Salomon. La version des Septante l’a en effet intitulé ekklêsiastês (« prédicateur »), mot grec dérivé de ekklêsia, traduit par « assemblée » ou « Église » dans le N.T. Ce nom rend le titre hébreu qoheleth, « celui qui appelle ou rassemble » le peuple. Il désigne donc celui qui s’adresse à l’assemblée, c’est-à-dire le prédicateur (cf. #Ec 1:1, #Ec 1:2, #Ec 1:12 ; #Ec 7:27 ; #Ec 12:10-12). Avec Ruth, le Cantique des cantiques, Esther et les Lamentations, l’Ecclésiaste fait partie des « cinq rouleaux » ou Megilloth, livres lus dans les synagogues à cinq occasions particulières de l’année, l’Ecclésiaste étant réservé pour la Pentecôte.

 

Auteur et date

       Le profil autobiographique de l’auteur indique clairement qu’il s’agit de Salomon. Les preuves abondent:

1° les titres de l’auteur correspondent à Salomon, puisqu’il est désigné comme « fils de David, roi de Jérusalem » (#Ec 1:1) et « roi d’Israël à Jérusalem » (#Ec 1:12);

2° son parcours moral correspond bien à la vie de Salomon (#1R 2:1-11:@);

3° son activité  il a « enseigné la science au peuple » et « mis en ordre un grand nombre de sentences » (#Ec 12:11) - reflète la vie de Salomon.

       Une fois admis que Salomon est l’auteur de l’ouvrage, la date et l’occasion de sa rédaction deviennent évidentes: il fut probablement écrit dans les dernières années de sa vie (au plus tard vers 931 av. J.-C.), principalement pour mettre en garde les jeunes de son royaume, sans pour autant délaisser les autres tranches d’âge. C’était un appel à ne pas marcher sur les sentiers de la sagesse humaine et à vivre plutôt selon la sagesse révélée de Dieu (#Ec 12:9-14).

 

Contexte et arrière-plan

       Il est notoire que Salomon possédait une sagesse extraordinaire, ce qui cadre bien avec le portrait de l’Ecclésiaste. David en reconnaissait la présence chez son fils (#1R 2:6, #1R 2:9) avant même que Dieu ne lui en accorde une mesure supplémentaire. Après avoir reçu un cœur intelligent de la part du Seigneur (#1R 3:7-12), Salomon acquit sa réputation de sagesse grâce à un jugement d’une grande perspicacité (#1R 3:16-28). Sa renommée attira « tous les rois de la terre » à sa cour (#1R 4:34). En outre, il rédigea de nombreux chants et proverbes (#1R 4:32 ; cf. #Ec 12:11), ce dont ne sont capables que les plus grands sages. La sagesse de Salomon, comme la richesse de Job, était supérieure à « tous les fils de l’Orient » (#1R 4:30 ; #Job 1:3).

       Ce livre est approprié pour tous ceux qui voudraient profiter moins de l’expérience de Salomon que des principes qu’il en a retirés. Il cherche à répondre à certaines des questions les plus ardues de la vie, particulièrement à celles qui semblent contredire les attentes de l’auteur. Cela a conduit plusieurs commentateurs à considérer, à tort, que l’Ecclésiaste était un livre marqué par le scepticisme: malgré un comportement et une façon de penser déroutants, Salomon n’abandonna jamais sa foi en Dieu (#Ec 12:13, #Ec 12:14).

 

Thèmes historiques et théologiques

     Comme c’est le cas de presque toute la littérature biblique de sagesse, l’Ecclésiaste contient très peu d’éléments narratifs en dehors du parcours personnel de Salomon. Ce roi sage étudia la vie avec de grandes attentes, mais il dut constamment déplorer ses difficultés, dont il attribuait l’origine à la malédiction consécutive à la chute (#Ge 3:14-19). L’Ecclésiaste représente l’autobiographie douloureuse de Salomon qui, presque tout au long de sa vie, dilapida les bénédictions divines en les utilisant pour son propre plaisir plutôt que pour la gloire de Dieu. Cet écrit était un avertissement adressé aux générations futures: il les invitait à ne pas commettre la même erreur tragique, un peu à la manière de Paul dans sa lettre aux Corinthiens (cf. #1Co 1:18-31 ; #1Co 2:13-16).

       Le mot clé est « vanité »; il exprime la futilité des tentatives de trouver la satisfaction loin de Dieu. Utilisé 38 fois en rapport avec les nombreuses choses difficiles à comprendre à propos de la vie, il souligne que tout objectif ou ambition terrestre dont l’accomplissement serait recherché comme une fin en soi ne conduit qu’au vide intérieur. Paul se faisait vraisemblablement l’écho de cette insatisfaction de Salomon lorsqu’il écrivit: « La création a été soumise à la vanité » (#Ro 8:20). L’expérience du roi d’Israël liée aux effets de la malédiction (cf. #Ge 3:17-19) l’amena à considérer la vie comme une « poursuite du vent ».

       Salomon se demandait: « Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne? » (#Ec 1:3), et il répéta cette question en #Ec 2:22 et #Ec 3:9. Ce roi sage consacra de nombreux chapitres de son livre à ce dilemme. L’impossibilité de découvrir tous les rouages de l’activité de Dieu, à la fois à l’intérieur de la création et dans sa vie, était source d’une profonde affliction pour lui, comme cela avait été le cas pour Job. Mais la réalité d’un jugement universel, malgré de nombreuses inconnues, émerge comme une grande certitude. A la lumière de ce jugement, la seule vie épanouie est celle qui accorde une juste place à Dieu et qui s’engage à le servir. Toute autre manière de vivre est frustrante et dépourvue de sens.

       Un juste équilibre entre les thèmes de la jouissance de la vie et du jugement divin attache le lecteur au Dieu de Salomon par la corde bien solide de la foi. Pendant un temps, ce roi avait souffert d’un déséquilibre: il avait voulu jouir de la vie sans tenir compte de la crainte du jugement de l’Éternel pour le maintenir sur les sentiers de l’obéissance. Finalement, il avait compris l’importance de l’obéissance. Les résultats tragiques de l’expérience de Salomon, associés à sa perspicacité (fruit de son extraordinaire sagesse), font de l’Ecclésiaste un livre qui met en garde tous les croyants et les aide à grandir dans la foi (cf. #Ec 2:1-26). Il montre que, si nous percevons comme un cadeau de Dieu chaque jour de notre existence, ses bienfaits quotidiens, le travail et tout ce qu’il offre, alors nous vivrons une vie abondante (cf. #Jn 10:10). En revanche, si nous recherchons la satisfaction loin de Dieu, nous mènerons une vie futile, quelle que soit l’accumulation de nos biens.

 

Questions d’interprétation

       Quand l’auteur déclare que « tout est vanité », il résume le message central du livre (cf. #Ec 1:2 ; #Ec 12:10). Le mot traduit par vanité est utilisé au moins de trois façons différentes dans ce livre, et chaque fois en rapport avec la nature de l’activité humaine « sous le soleil »:

1° elle est fugace, pareille à une vapeur qui paraît pour un temps (cf. #Ja 4:14), étant donné le caractère transitoire de la vie;

2° elle est futile ou dépourvue de sens, étant donné la malédiction qui frappe l’univers avec ses effets destructeurs sur l’expérience de l’homme sur terre;

3° elle est incompréhensible ou énigmatique, étant donné le nombre de questions sans réponse que la vie recèle.

Salomon utilise le terme dans ces trois significations tout au long de l’Ecclésiaste.

       C’est certes le contexte qui indique quel sens précis l’auteur a voulu donner au mot « vanité », mais le plus fréquent est celui d’une chose incompréhensible ou insondable, en rapport avec le mystère qui entoure les projets divins. Salomon conclut en soulignant la nécessité de craindre l’Éternel et d’observer ses commandements (#Ec 12:13, #Ec 12:14). Bien plus qu’un simple résumé du livre, il s’agit du seul moyen d’espérer une vie de qualité et de la seule réponse raisonnable  foi et obéissance - à donner au Dieu souverain. Ce Dieu fait contribuer toutes les activités qui se déroulent sous le soleil à l’accomplissement de son plan parfait, mais il ne révèle que ce qu’il juge bon, dans sa sagesse, et considère tout homme comme responsable devant lui. Refuser de prendre Dieu et sa Parole au sérieux, c’est se condamner soi-même à vivre la vie la plus vaine qui soit.

Le livre rapporte l’ensemble des observations et conclusions de Salomon à propos de l’activité de l’homme et de ses résultats potentiels, avec la satisfaction limitée que tout cela apporte. Il souligne fréquemment l’importance de la sagesse pour connaître le succès, en particulier lorsqu’il doit admettre que Dieu n’a pas tout révélé dans les détails. Cela l’amène à conclure que la vie se résume, depuis la chute dans le jardin d’Éden, à jouir des bénédictions divines et à se préparer pour le jugement divin qui attend chacun.

 

Plan

I. Introduction (1:1-11)

A. Titre (1:1)

B. Une vie de lassitude (1:2-11)

 

II. Les recherches de Salomon (1:12-6:9)

A. Introduction: le roi et ses recherches (1:12-18)

B. La recherche du plaisir (2:1-11)

C. La sagesse et la folie (2:12-17)

D. Le travail et ses récompenses (2:18-6:9)

1. La nécessité de tout laisser à d’autres (2:18-26)

2. La difficulté de trouver le bon moment pour agir (3:1-4:6)

3. La solitude dans le travail (4:7-16)

4. La possibilité de tout perdre (4:17-6:9)

 

III. Les conclusions de Salomon (6:10-12:10)

A. Introduction: le problème de l’ignorance (6:10-12)

B. La difficulté de choisir la meilleure voie (7:1-8:17)

1. La prospérité et l’adversité (7:1-14)

2. La justice et la méchanceté (7:15-24)

3. Les femmes et la folie (7:25-29)

4. Le sage et le roi (8:1-17)

C. L’ignorance de l’avenir (9:1-11:6)

1. La certitude de la mort (9:1-4)

2. L’ignorance des morts (9:5-10)

3. L’ignorance de l’heure de la mort (9:11-12)

4. L’ignorance de ce qui va se passer (9:13-10:15)

5. L’ignorance des maux à venir (10:16-11:2)

6. L’ignorance des biens à venir (11:3-6)

D. La jouissance de la vie et le jugement (11:7-12:10)

 

 

IV. Derniers conseils de Salomon (12:11-16)

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