JOUR 11 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

23/08/2018 00:33

JOUR 11 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

MATTHIEU 21 ET 22

 

MATTHIEU 21

1 ¶  Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux disciples,

 

Bethphagé. Une petite ville proche de Béthanie, sur le versant sud-est du mont des Oliviers. Elle est mentionnée uniquement dans le contexte de l’entrée triomphale de Christ (#Mr 11:1 ; #Lu 19:29).

 

2  en leur disant : Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, et amenez-les-moi.{*}

3  Si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez : Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il les laissera aller.{*}

 

Si quelqu’un vous dit quelque chose. Marc rapporte que ce fut exactement ce qui se produisit (#Mr 11:5-6). Jésus venait d’arriver à Bethphagé (v. #Mt 21:1), et il n’avait pas encore eu l’occasion de prendre des dispositions pour se servir de ces animaux. Pourtant, il connaissait l’endroit exact où ils se trouvaient et l’attitude des propriétaires. Une telle connaissance révèle son omniscience divine.

 

4  Or, ceci arriva afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète:

5  Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, Plein de douceur, et monté sur un âne, Sur un ânon, le petit d’une ânesse.

 

un ânon, le petit d’une ânesse. Une citation de #Za 9:9 (cf. #Esa 62:11). L’accomplissement précis de cette prophétie messianique ne pouvait pas échapper aux foules juives, qui accueillirent et acclamèrent Jésus d’une manière digne du seul Messie

 

6  Les disciples allèrent, et firent ce que Jésus leur avait ordonné.

7  Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent sur eux leurs vêtements, et le firent asseoir dessus.

 

l’ânesse et l’ânon. L’Evangile de Matthieu est le seul à mentionner l’ânesse. Cependant, tous rapportent le jeune âge de l’ânon (#Jn 12:14), et certains précisent même que personne ne l’avait monté auparavant (#Mr 11:2 ; #Lu 19:30). L’ânesse accompagna son petit, peut-être dans le but de le décider à coopérer.

 

le firent asseoir dessus. Christ chevauchait l’ânon (#Mr 11:7).

 

8  La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d’autres coupèrent des branches d’arbres, et en jonchèrent la route.

 

étendirent leurs vêtements sur le chemin. Cette ancienne coutume était la manifestation d’un hommage réservé aux personnages royaux (cf. #2R 9:13). Par ce geste, la foule reconnaissait en Jésus le roi des Juifs qu’il déclarait être.

 

9  Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts !

 

Hosanna. Ce mot est la transcription d’un terme hébreu traduit par « accorde le salut » (#Ps 118:25).

 

Béni soit celui. Cette expression est une citation littéralement du v. 26 du même psaume. Accompagnées du titre messianique « Fils de David », ces acclamations témoignaient que la foule reconnaissait véritablement les affirmations messianiques de Christ. Cet événement survint le dimanche 9 du mois de Nisan de l’an 30, soit exactement 483 ans après le décret d’Artaxerxès mentionné en #Da 9:24-26.

 

10  Lorsqu’il entra dans Jérusalem, toute la ville fut émue, et l’on disait : Qui est celui-ci ?

11  La foule répondait : C’est Jésus, le prophète, de Nazareth en Galilée.

12 ¶  Jésus entra dans le temple de Dieu. Il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons.

 

chassa. C’était la seconde fois que Jésus purifiait le temple. #Jn 2:14-16 décrit un incident semblable au début du ministère public de Christ. Des détails notables différencient ces deux événements. La première fois, les officiels du temple contestèrent aussitôt l’action de Jésus ;( cf. #Jn 2:18). Aucun des récits de la deuxième intervention dans le temple ne signale une telle opposition de la part des Juifs. En revanche, tous les synoptiques rapportent que Jésus s’adressa aux personnes présentes (v. #Mt 21:13), et même qu’il profita de l’incident pour présenter un enseignement en public (#Mr 11:17 ; #Lu 19:46-47).

 

ceux qui vendaient et qui achetaient. Il considérait aussi bien les vendeurs que les clients comme coupables de souiller le temple. Parmi les articles achetés et vendus il y avait des « pigeons », ainsi que d’autres animaux pour le sacrifice (cf. #Jn 2:14).

 

changeurs. Il était nécessaire de recourir aux agents de change, massivement présents sur les lieux, parce que des pièces romaines et d’autres monnaies étrangères étaient jugées inacceptables pour les offrandes du temple. Evidemment, les marchands et les changeurs exigeaient des sommes exorbitantes, de sorte que le marché du temple avait pris l’allure d’un repaire de voleurs (v. #Mt 21:13). Ce genre de commerce avait lieu dans le parvis des païens, un vaste espace recouvrant plusieurs acres autour du temple.

 

13  Et il leur dit : Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs.{*}

 

Il est écrit. Jésus rapproche deux prophéties de l’A.T., #Esa 56:7 (« ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples ») et #Jér 7:11 (« Est-elle à vos yeux une caverne de voleurs, cette maison sur laquelle mon nom est invoqué? »).

14  Des aveugles et des boiteux s’approchèrent de lui dans le temple. Et il les guérit.

15  Mais les principaux sacrificateurs et les scribes furent indignés, à la vue des choses merveilleuses qu’il avait faites, et des enfants qui criaient dans le temple : Hosanna au Fils de David !

 

enfants. Littéralement « garçons ». La foule réunie à Jérusalem pour la Pâque comprenait un grand nombre de garçons de douze ans qui allaient célébrer leur première Pâque, tout comme Jésus l’avait fait.

 

16  Ils lui dirent : Entends-tu ce qu’ils disent ? Oui, leur répondit Jésus. N’avez-vous jamais lu ces paroles : Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle ?{*}

 

Oui … . N’avez-vous jamais lu. La réponse de Jésus aux principaux sacrificateurs et aux scribes « indignés » avait la valeur d’une affirmation sans équivoque de sa divinité. Jésus cita le #Ps 8:3 qui parle de la « gloire » de Dieu proclamée « par la bouche des enfants » et l’appliqua aux louanges qu’il avait reçues lui-même des enfants dans le temple. Ainsi, il se déclarait digne d’être adoré en tant que Dieu.

 

17  Et, les ayant laissés, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit.

18 ¶  Le matin, en retournant à la ville, il eut faim.

19  Voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha ; mais il n’y trouva que des feuilles, et il lui dit : Que jamais fruit ne naisse de toi ! Et à l’instant le figuier sécha.{*}

 

à l’instant. Le terme est relatif. L’arbre a pu mourir dans l’instant, cependant #Mr 11:14-20 suggère que les effets du dépérissement ne furent pas visibles avant le lendemain. Jésus avait maudit l’arbre délibérément pour offrir une leçon de choses aux témoins de la scène ; il n’avait pas agi précipitamment, sous l’emprise de la frustration. Le figuier est souvent employé dans l’Ecriture en tant que symbole d’Israël (#Os 9:10 ; #Joe 1:7). Le figuier stérile, en particulier, symbolise souvent le jugement divin sur Israël qui ne porte pas de fruit en dépit des abondants privilèges spirituels qu’il a reçus (#Jér 8:13 ; #Joe 1:12). Le geste de Jésus illustre donc le jugement de Dieu contre l’Israël terrestre pour son refus honteux de porter du fruit, attitude qui se manifesta pleinement dans le rejet du Messie. L’une des paraboles de Christ enseignait une leçon similaire (#Lu 13:6-9).

 

20  Les disciples, qui virent cela, furent étonnés, et dirent : Comment ce figuier est-il devenu sec en un instant ?

21  Jésus leur répondit : Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous diriez à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait.{*}

 

si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point. Cela présuppose que la demande est conforme à la volonté de Dieu, car seule une foi qui vient de Dieu peut être libérée du doute (cf. #Mr 9:24).

 

cela se ferait. C’était exactement ce genre de miracle aux proportions gigantesques qu’avaient réclamé les scribes et les pharisiens, mais Christ le refusa toujours. Dans ce passage, il emploie une métaphore pour parler de la puissance absolue de Dieu, qui agit librement dans la vie de ceux qui possèdent la foi véritable.

 

22  Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez.{*}

23 ¶  Jésus se rendit dans le temple, et, pendant qu’il enseignait, les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple vinrent lui dire : Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné cette autorité ?

 

ces choses. C’est-à-dire ses enseignements publics et ses miracles. Peut-être, faisaient-ils aussi allusion à l’incident de la veille, où Jésus avait chassé les vendeurs du temple.

 

qui t’a donné cette autorité? Ils étaient contraints de reconnaître qu’il était investi d’une autorité indiscutable. Ses miracles étaient par trop évidents et nombreux pour qu’il puisse s’agir d’une supercherie. Même son enseignement était empreint d’une force et d’une clarté telles que l’autorité de ses paroles était manifeste à tous.

 Les scribes citaient d’autres sources pour établir l’autorité de leur enseignement. Jésus, lui, était sa propre autorité (#Mt 28:18). La question de l’autorité fut un important sujet de confrontation entre Jésus et les Juifs, qui voyaient leur autorité remise en question. Cf. #Mr 1:22 ; #Mr 11:28-33 ; #Lu 4:32 ; #Lu 20:2-8 ; #Jn 12:49-50 ; #Jn 14:10.

 

24  Jésus leur répondit : Je vous adresserai aussi une question ; et, si vous m’y répondez, je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses.{*}

25  Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel, ou des hommes ? Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux ; Si nous répondons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc n’avez-vous pas cru en lui ? {*}

 

Le baptême de Jean, d’où venait-il? Jésus prit les chefs religieux juifs à leur propre piège. Ils étaient persuadés qu’il répondrait en affirmant que son autorité venait directement de Dieu (comme il l’avait fait à de nombreuses reprises par le passé, cf. #Jn 5:19-23 ; #Jn 10:18). Ils l’auraient ensuite accusé de blasphème et auraient usé de cette charge comme prétexte pour le tuer, comme ils avaient tenté de le faire auparavant (#Jn 5:18 ; #Jn 10:31-33). Cette fois-ci, cependant, il leur répondit par une question qui les plaça devant un dilemme insoluble. Ils savaient que Jean était très respecté parmi le peuple. Ils ne pouvaient pas approuver son ministère sans se condamner eux-mêmes, mais ils ne pouvaient pas non plus refuser de reconnaître sa légitimité parce qu’ils craignaient la réaction du peuple (v. #Mt 21:26). En réalité, Jésus mit en lumière le fait qu’eux-mêmes ne possédaient pas l’autorité qui leur permettrait de l’examiner.

 

26  Et si nous répondons : Des hommes, nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète.

27  Alors ils répondirent à Jésus: Nous ne savons. Et il leur dit à son tour : Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses.{*}

28 ¶  Que vous en semble ? Un homme avait deux fils ; et, s’adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne.{*}

29  Il répondit : Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla.{*}

30  S’adressant à l’autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit : Je veux bien, seigneur. Et il n’alla pas.{*}

31  Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu.{*}

 

Lequel des deux a fait la volonté du père? Jésus les poussa à témoigner contre eux-mêmes. La leçon de la parabole, c’est que les actes valent plus que les paroles (cf. #Mt 7:21-27 ; #Ja 1:22). Il leur fallut reconnaître cette vérité et, ce faisant, se condamner eux-mêmes. L’idée que les publicains et les prostituées entreraient dans le royaume avant les hypocrites à l’apparence pieuse revenait souvent dans le ministère de Jésus, ce qui rendait furieux les chefs religieux juifs.

 

32  Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n’avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui ; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui.{*}

 

dans la voie de la justice. C’est-à-dire en exhortant à la repentance et à la foi, lesquelles ont pour conséquence l’imputation de la justice de Dieu.

 

les publicains et les prostituées. Les parias de la société juive, ceux qui étaient ouvertement le plus méprisés par les sacrificateurs et les anciens, avaient trouvé le salut, contrairement aux chefs convaincus de leur propre justice. Cf. #Ro 10:3.

 

33 ¶  Ecoutez une autre parabole. Il y avait un homme, maître de maison, qui planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays.{*}

 

une vigne …  un pressoir. Voir #Esa 5:2. Jésus fit clairement allusion à ce passage de l’A.T., qui était familier aux chefs religieux. La « vigne » est un symbole fréquent de la nation juive dans l’Ecriture. Ici, le maître, représentant Dieu, s’occupe de sa vigne avec beaucoup de soin avant de la louer à des vignerons, qui représentaient les chefs religieux.

 

34  Lorsque le temps de la récolte fut arrivé, il envoya ses serviteurs vers les vignerons, pour recevoir le produit de sa vigne.{*}

 

ses serviteurs. Les prophètes de l’A.T.

 

35  Les vignerons, s’étant saisis de ses serviteurs, battirent l’un, tuèrent l’autre, et lapidèrent le troisième.{*}

 

battirent l’un, tuèrent l’autre, et lapidèrent le troisième. Matthieu a tendance à simplifier et à fusionner les détails. Marc précise que les trois serviteurs viennent séparément, et que les vignerons « battent » le premier, « lapident » le deuxième et « tuent » le troisième (#Mr 12:2-5). C’est ainsi que les chefs religieux juifs ont traité de nombreux prophètes de l’A.T. (#1R 22:24 ; #2Ch 24:20-21 ; #2Ch 36:15-16 ; #Né 9:26 ; #Jér 2:30).

 

36  Il envoya encore d’autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers ; et les vignerons les traitèrent de la même manière.{*}

37  Enfin, il envoya vers eux son fils, en disant : Ils auront du respect pour mon fils.{*}

 

mon fils. Cette personne représente le Seigneur Jésus-Christ, qu’ils tuèrent (vv. #Mt 21:38-39), ce qui attira sur eux le jugement divin (v. #Mt 21:41).

 

38  Mais, quand les vignerons virent le fils, ils dirent entre eux : Voici l’héritier ; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage.{*}

39  Et ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent.{*}

40  Maintenant, lorsque le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ?{*}

41  Ils lui répondirent : Il fera périr misérablement ces misérables, et il affermera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en donneront le produit au temps de la récolte.

 

affermera la vigne à d’autres vignerons. Une fois de plus, les chefs religieux juifs prononcèrent leur propre jugement. Leur verdict à l’encontre des méchants vignerons représentait aussi le jugement de Christ contre eux (v. #Mt 21:43). Le royaume et tous les avantages spirituels accordés à Israël seraient maintenant octroyés à « d’autres vignerons », qui symbolisent l’Eglise (v. #Mt 21:43), constituée essentiellement de non-Juifs (cf. #Ro 11:11).

 

42  Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle ; C’est du Seigneur que cela est venu, Et c’est un prodige à nos yeux ?{*}

 

La pierre …  rejetée. Ce rejet correspond à la crucifixion, tandis que le rétablissement de la pierre « principale de l’angle » annonce la résurrection.

 

la principale de l’angle. Aux yeux d’une personne non avertie, cette citation du #Ps 118:22-23 semble sans rapport avec la parabole qui la précède. Et pourtant: Jésus cite ces vv. tirés d’un psaume messianique pour montrer que le Fils qui a été tué et jeté hors de la vigne est aussi la pierre « principale de l’angle » dans le plan de rédemption de Dieu.

 

43  C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits.{*}

 

une nation qui en rendra les fruits. L’Eglise. Pierre appela l’Eglise « une nation sainte » (#1Pi 2:9).

 

44  Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé.{*}

 

cette pierre. Christ est une « pierre d’achoppement et un rocher de scandale » pour les non-croyants (#Esa 8:14 ; #1Pi 2:9). Le prophète le dépeignit comme une grande pierre qui se détacha de la montagne « sans le secours d’aucune main », puis qui s’abattit sur les royaumes du monde et les écrasa (#Da 2:44-45). Qu’une poterie tombe sur une pierre, ou que ce soit l’inverse, le résultat est le même. Cette parole suggère que les deux attitudes à l’égard de Christ, l’inimitié autant que l’indifférence, sont aussi mauvaises l’une que l’autre. Ceux qui s’en rendent coupables sont menacés par le jugement.

 

45  Après avoir entendu ses paraboles, les principaux sacrificateurs et les pharisiens comprirent que c’était d’eux que Jésus parlait,

 

comprirent que c’était d’eux que Jésus parlait. Christ employa tellement d’images messianiques familières (vv. #Mt 21:42-44) que leur signification ne pouvait échapper aux principaux sacrificateurs ni aux pharisiens.

 

46  et ils cherchaient à se saisir de lui ; mais ils craignaient la foule, parce qu’elle le tenait pour un prophète.

 

MATTHIEU 22

1 ¶  Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit:

2  Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils.{*}

 

semblable à un roi qui fit des noces pour son fils. Jésus raconta une parabole similaire, quoique différente, en #Lu 14:16-23. Ici, il s’agit du festin des noces du propre fils du roi; ainsi, les invités qui se montrent indifférents (v. #Mt 22:5) ou qui rejettent l’invitation (v. #Mt 22:6) manquent d’égards pour la personne même du roi. De plus, en maltraitant et tuant ses messagers, ils commettent un affront impensable à sa bonté.

 

3  Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces ; mais ils ne voulurent pas venir.{*}

4  Il envoya encore d’autres serviteurs, en disant : Dites aux conviés: Voici, j’ai préparé mon festin ; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces.{*}

 

Il envoya encore d’autres serviteurs. Ce passage illustre la patience et la longanimité de Dieu à l’égard de ceux qui le méprisent délibérément. Il ne cesse d’offrir son invitation, même après que sa bonté a été ignorée ou repoussée.

 

5  Mais, sans s’inquiéter de l’invitation, ils s’en allèrent, celui-ci à son champ, celui-là à son trafic ;{*}

6  et les autres se saisirent des serviteurs, les outragèrent et les tuèrent.{*}

7  Le roi fut irrité ; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville.{*}

 

Le roi fut irrité. Sa patience venue finalement à bout, il les jugea.

 

brûla leur ville. Ce jugement anticipe la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C. Même le temple monumental édifié en gros blocs de pierre fut alors détruit par le feu et réduit en poussière.

 

8  Alors il dit à ses serviteurs : Les noces sont prêtes ; mais les conviés n’en étaient pas dignes.{*}

9  Allez donc dans les carrefours, et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez.{*}

 

appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. C’est l’offre gratuite de l’Evangile, qui s’étend à tous les hommes sans distinction (cf. #Ap 22:17).

 

10  Ces serviteurs allèrent dans les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives.{*}

11  Le roi entra pour voir ceux qui étaient à table, et il aperçut là un homme qui n’avait pas revêtu un habit de noces.{*}

 

un habit de noces. Puisque tous sans exception ont été invités au banquet, cet homme ne doit pas être considéré comme un simple trouble-fête. En réalité, tous les invités ayant été rassemblés à la hâte sur « les chemins », aucun d’entre eux ne pouvait se présenter en habits décents. Cela signifie que les vêtements sont fournis par le roi lui-même. Ainsi, le fait que cet homme ne s’est pas vêtu correctement dénote son rejet volontaire de l’offre généreuse du roi. Il insulte le roi plus gravement encore que ceux qui ont tout simplement refusé de venir, parce qu’il ose commettre cet affront en sa présence. L’ensemble de cette image peut représenter l’attitude de gens qui s’identifient de manière extérieure au royaume, professent être chrétiens et appartiennent à l’Eglise au sens visible du terme, mais qui rejettent cependant l’habit de justice offert par Christ (cf. #Esa 61:10) et cherchent à établir leur justice par eux-mêmes (cf. #Ro 10:3 ; #Ph 3:8-9). Honteux d’admettre leur propre pauvreté spirituelle, ils refusent un habit meilleur que le Roi leur offre généreusement. Ils se rendent ainsi coupables d’un péché abominable contre sa bonté.

 

12  Il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces ? Cet homme eut la bouche fermée.{*}

 

Cet homme eut la bouche fermée. Il n’a aucune excuse.

 

13  Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.{*}

 

les ténèbres du dehors. Ce terme s’applique certainement à l’obscurité extrême, celle qui est la plus éloignée de la lumière.

 

des pleurs et des grincements de dents. Cette expression décrit la souffrance inconsolable et le tourment sans repos. Jésus l’employa couramment pour parler de l’enfer (cf. #Mt 13:42, #Mt 13:50 ; #Mt 24:51).

 

14  Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.{*}

 

il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. L’appel dont il est question ici est parfois qualifié d’appel « général » ou « externe ». Il correspond à une sommation à la repentance et à la foi, qui est inhérente au message de l’Evangile. Il s’étend à tous ceux qui entendent l’Evangile. « Beaucoup » l’entendent, mais « peu » y répondent (voir la comparaison entre peu et beaucoup en #Mt 7:13-14). Ceux qui répondent à l’appel constituent les « élus », ceux qui sont choisis. Dans les écrits pauliniens, le mot « appel » se réfère habituellement à l’appel irrésistible de Dieu, adressé aux seuls élus (#Ro 8:30); il est connu sous le nom d’appel « efficace » (ou « interne »). Jésus le mentionne en #Jn 6:44, où il dit que Dieu attire les élus à lui d’une manière surnaturelle. Dans ce v., il est question d’un appel général qui s’adresse à « quiconque » entend l’Evangile (cf. #Ap 22:17). Le texte fait part de l’équilibre entre la responsabilité humaine et la souveraineté divine : les « appelés » qui rejettent l’invitation le font de leur propre chef, de sorte que leur exclusion du royaume est parfaitement juste. Les « élus » ont part au royaume uniquement parce que Dieu leur fait la grâce de les choisir et de les attirer à lui.

 

15 ¶  Alors les pharisiens allèrent se consulter sur les moyens de surprendre Jésus par ses propres paroles.

16  Ils envoyèrent auprès de lui leurs disciples avec les hérodiens, qui dirent : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité, sans t’inquiéter de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes.

 

les hérodiens. Un parti constitué de Juifs qui soutenaient la dynastie hérodienne, elle-même soutenue par les Romains. Les hérodiens ne formaient pas un parti religieux comme les pharisiens, mais bel et bien un parti politique, dominé probablement par les sadducéens (y compris les chefs du temple). A l’opposé, les pharisiens haïssaient l’occupation romaine et rejetaient l’influence des hérodiens. Le fait que les deux groupes allaient conspirer ensemble pour prendre Jésus au piège révèle à quel point ils se sentaient menacés. Hérode lui-même voulait la mort de Jésus (#Lu 13:31); les pharisiens, de leur côté, étaient déjà en train de comploter pour le tuer (#Jn 11:53). Ils unirent leurs efforts afin d’atteindre leur but commun.

 

17  Dis-nous donc ce qu’il t’en semble : est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ?

 

est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Il est ici question d’une des multiples charges imposées par Rome, une taxe levée par individu, qui s’élevait à un denier par an. Le peuple avait en horreur tous les impôts parce qu’ils servaient à financer l’armée de l’occupant, mais celui qu’il exécrait le plus était le tribut, à cause de sa valeur symbolique. Il suggérait implicitement que Rome possédait le peuple lui-même, alors que celui-ci se déclarait la propriété de Dieu, en tant qu’individu et en tant que nation. Une question sur cet impôt en particulier révèle dès lors toute sa signification. Si Jésus leur répondait par la négative, les hérodiens l’accuseraient de trahison contre Rome. S’il répondait par l’affirmative, ce seraient les pharisiens qui l’accuseraient de déloyauté à l’égard de la nation juive, et il perdrait le soutien des masses.

 

18  Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ?{*}

18  Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ?{*}

19  Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. {*}

 

denier.  Une pièce d’argent, de la valeur d’un jour de salaire pour un soldat romain. Les pièces étaient fabriquées sous l’autorité de l’empereur, car lui seul pouvait autoriser l’émission de pièces d’or ou d’argent. Le denier du temps de Jésus était frappé par Tibère. L’une des faces portait son effigie, tandis que l’autre le représentait assis sur son trône, vêtu d’une tenue de sacrificateur. Les Juifs considéraient de telles images comme de l’idolâtrie, interdite par le deuxième commandement (#Ex 20:4); le tribut payé avec cette pièce était ainsi une double insulte.

 

20  Il leur demanda : De qui sont cette effigie et cette inscription ?{*}

21  De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.{*}

 

à César …  à Dieu. L’image de l’empereur était gravée sur la pièce; l’image de Dieu est gravée dans la personne (#Ge 1:26-27). Le chrétien doit « rendre » obéissance à César dans les limites de son règne (#Ro 13:1-7 ; #1Pi 2:13-17), mais « ce qui est à Dieu » n’appartient pas à César et doit être rendu à Dieu seul. Christ reconnaissait à l’empereur le droit de prélever des impôts, et il invitait ses disciples à les payer. Cependant, il ne suggérait pas  quoi qu’en disent certains - que cet homme détenait l’autorité unique ou suprême en matière sociale ou politique. En fin de compte, tout appartient à Dieu (#Ro 11:36 ; #2Co 5:18 ; #Ap 4:11), y compris le domaine sur lequel César ou tout autre dirigeant terrestre exerce son autorité.

 

22  Etonnés de ce qu’ils entendaient, ils le quittèrent, et s’en allèrent.

23 ¶  Le même jour, les sadducéens, qui disent qu’il n’y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question:

 

point de résurrection. Les sadducéens étaient connus pour leur rejet du surnaturel. Ils ne croyaient pas à la résurrection des morts (#Mt 22:23) ni à l’existence des anges (#Ac 23:8). Contrairement aux pharisiens, ils ne faisaient aucun cas de la tradition humaine et dédaignaient le légalisme. Dans toute l’Ecriture, ils reconnaissaient l’autorité du seul Pentateuque. Ils étaient pour la plupart de riches membres de l’aristocratie au sein de la tribu des sacrificateurs ; au temps du roi Hérode, leur secte dirigeait le temple, malgré leur nombre plus restreint que celui des pharisiens. Les deux groupes avaient peu de choses en commun. Les sadducéens étaient des rationalistes libéraux, les pharisiens, des inconditionnels de la loi et des rituels ; les uns étaient des opportunistes politiques enclins au compromis, les autres, des séparatistes. Ils s’unirent pourtant dans leur opposition à Christ (#Mt 22:15-16, #Mt 22:23, #Mt 22:34-35), et Jean les traita publiquement de vipères.

 

24  Maître, Moïse a dit : Si quelqu’un meurt sans enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère.

 

son frère épousera sa veuve. C’est une allusion à la loi du lévirat, énoncée en #De 25:5-10. Cette disposition visait à assurer la continuation de la lignée familiale et le soutien des veuves.

 

25  Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria, et mourut ; et, comme il n’avait pas d’enfants, il laissa sa femme à son frère.

26  Il en fut de même du second, puis du troisième, jusqu’au septième.

27  Après eux tous, la femme mourut aussi.

28  A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l’ont eue.

29  Jésus leur répondit : Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu.{*}

30  Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel.{*}

 

comme les anges de Dieu dans le ciel. Comme les sadducéens ne croyaient pas aux anges, ces paroles mettaient en lumière encore une de leurs fausses croyances. Les anges sont des créatures qui ne peuvent mourir, qui ne se reproduisent pas et qui n’ont donc aucun besoin de se marier. « A la résurrection », les croyants seront dotés d’une nature similaire.

 

31  Pour ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit:{*}

32  Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob ? Dieu n’est pas Dieu des morts, mais des vivants.{*}

 

pas le Dieu des morts. L’argument de Jésus (tiré du Pentateuque, car les sadducéens ne reconnaissaient que l’autorité de Moïse, se basait sur le présent emphatique de « Je suis » d’#Ex 3:6. Cet argument subtile mais efficace fit définitivement taire les sadducéens (v. #Mt 22:34).

 

33  La foule, qui écoutait, fut frappée de l’enseignement de Jésus.

34 ¶  Les pharisiens, ayant appris qu’il avait réduit au silence les sadducéens, se rassemblèrent,

35  et l’un d’eux, docteur de la loi, lui fit cette question, pour l’éprouver:

 

docteur de la loi. Un scribe spécialisé dans l’interprétation de la loi.

 

36  Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ?

37  Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.{*}

 

cœur …  âme …  Pensée. #Mr 12:30 ajoute « force ». Il s’agit ici d’une citation de #De 6:5, qui fait partie du shema (« écoute », en hébreu, #De 6:4) et qui dit « cœur …  âme …  force ». Certains manuscrits de la LXX ajoutent « pensée ». L’emploi des divers termes n’a pas pour but de délimiter des facultés humaines spécifiques mais de souligner que l’amour tel qu’il est requis englobe tout.

 

38  C’est le premier et le plus grand commandement.{*}

39  Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.{*}

 

Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Citation de #Lé 19:18. Contrairement à certaines interprétations actuelles, ce passage n’invite nullement à un amour de soi-même. Il véhicule la même idée, formulée en des termes différents, que la règle. Il incite les croyants à mesurer leur amour pour les autres à l’aune de ce qu’ils souhaitent pour eux-mêmes.

 

40  De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.{*}

 

toute la loi et les prophètes. C’est-à-dire l’A.T. dans son ensemble. Jésus résume le devoir moral de l’homme en deux catégories : l’amour pour Dieu et l’amour pour le prochain. Ces deux catégories distinguent les quatre premiers commandements du décalogue des six autres.

 

41 ¶  Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus les interrogea,

42  en disant : Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il fils ? Ils lui répondirent : De David. {*}

 

Que pensez-vous. Une expression souvent employée par Christ pour introduire une question destinée à mettre son interlocuteur à l’épreuve (v. #Mt 22:17 ; #Mt 17:25 ; #Mt 18:12 ; #Mt 21:28 ; #Mt 26:65). Les pharisiens, les hérodiens, les sadducéens et les scribes venaient tous de l’éprouver. Il avait aussi un test pour eux.

 

De David.  Fils de David » était le titre messianique le plus en usage à l’époque de Jésus. Leur réponse reflète leur conviction que le Messie ne serait qu’un homme. Jésus profita de leur réponse pour affirmer une fois de plus sa divinité.

 

43  Et Jésus leur dit : Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit:{*}

 

animé par l’Esprit. Littéralement « dans l’Esprit », c’est-à-dire sous l’inspiration du Saint-Esprit (cf. #Mr 12:36).

 

44  Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ?{*}

 

Citation de #Ps 110:1.

 

45  Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ?{*}

 

David l’appelle Seigneur. David n’aurait jamais appelé « Seigneur » un homme ordinaire. Jésus n’était pas en train de débattre pour déterminer s’il était approprié de qualifier le Messie de « fils de David ». Après tout, ce titre est fondé sur la révélation relative au Messie qu’apporte l’A.T. (#Esa 11:1 ; #Jér 23:5), et il est employé avec une signification messianique en #Mt 1:1. Cependant, Jésus mit l’accent sur le fait que le titre « fils de David » n’avait pas pour prétention de résumer toute la vérité sur le Messie, qui est aussi « Fils de Dieu » (#Lu 22:70). On ne pouvait se tromper sur la portée de ses paroles : Jésus déclarait clairement sa divinité.

 

46  Nul ne put lui répondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n’osa plus lui proposer des questions.

 

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