JOUR 119 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

09/12/2018 00:01

JOUR 119 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

3 JEAN 1 ET JUDE 1

 

3 JEAN 1 * 1 à 14

 

1 ¶  L’ancien, à Gaïus, le bien-aimé, que j’aime dans la vérité.

 

L’ancien. Déjà utilisé par l’apôtre en #2Jn 1, ce qualificatif fait probablement allusion à son âge avancé, à son statut de témoin oculaire et apostolique de la vie de Jésus, ainsi qu’à sa position d’autorité dans l’Église.

 

Gaïus. Nous ne savons rien de lui, hormis la mention de son nom dans cette salutation. Comme « Gaïus » faisait partie des 18 noms courants parmi lesquels les parents romains choisissaient le prénom de leurs fils, toutes les suppositions quant à l’identité exacte de ce personnage sont sujettes à caution. Ce que nous savons, c’est que sa marche chrétienne et sa conduite (vv. #3Jn 1-6) lui valaient une grande estime de la part de Jean, des autres membres de la communauté et même des étrangers à qui il offrait l’hospitalité. L’apôtre exprima clairement combien il l’appréciait en l’appelant « bien-aimé » à quatre reprises (vv. #3Jn 1-2, #3Jn 5, #3Jn 11). Gaïus appartenait probablement à une Église d’Asie Mineure placée sous sa responsabilité. Jean projetait de lui rendre visite un peu plus tard (v. #3Jn 14).

 

le bien-aimé. Dans le N.T., le terme est appliqué uniquement à des chrétiens (#Col 3:12 , #Phm 1-2 ; #2P 3:14 ; #1Jn 4:1).

 

que j’aime dans la vérité. Puisqu’ils partagent la même connaissance de la vérité, les chrétiens puisent aussi à la même source de l’amour (#2Jn 1). Certains interprètent « dans la vérité » comme signifiant « vraiment » ou « réellement » (#Mr 12:32 ; #Jn 1:47), mais l’usage qu’en fait Jean par ailleurs, dans des épîtres où la vérité revêt une importance cruciale, suggère qu’il voulait plutôt préciser la nature de son amour: un amour qui était en accord avec les vérités fondamentales de la foi (cf. v. #3Jn 4 ; #1Jn 2:21 ; #1Jn 3:19).

 

2  Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme.

 

je souhaite. Littéralement « je prie ». Le vœu qu’exprime Jean au sujet de Gaïus est significatif: la condition spirituelle de cet homme était si bonne qu’il pouvait lui souhaiter une santé physique à la mesure de sa vigueur spirituelle. Mentionner une prière pour la santé de quelqu’un faisait partie des coutumes épistolaires de l’époque, mais Jean a adapté cette convention d’une manière unique afin de souligner combien il appréciait l’excellent état de santé spirituel de Gaïus.

 

3 ¶  J’ai été fort réjoui, lorsque des frères sont arrivés et ont rendu témoignage de la vérité qui est en toi, de la manière dont tu marches dans la vérité.

 

lorsque des frères sont arrivés et ont rendu témoignage. Cette remarque montre que les chrétiens louaient régulièrement l’obéissance parfaite de Gaïus aux principes fondamentaux de la foi. Sa réputation spirituelle était bien établie.

 

tu marches dans la vérité. Les actes de Gaïus correspondaient à ses paroles. Il était l’exemple parfait d’une personne qui met en pratique ce qu’elle prêche (#2Jn 4). L’éloge qu’il reçut de Jean compte parmi les plus remarquables de tout le N.T., car il visait non seulement une connaissance théorique de la vérité, mais aussi sa fidèle mise en pratique. Ce comportement exemplaire faisait tout particulièrement contraste avec la mauvaise réputation de Diotrèphe (v. #3Jn 10).

 

4  Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité.

 

Je n’ai pas de plus grande joie. C’est essentiellement dans la conduite de Gaïus que l’affection de Jean trouvait sa source (#Lu 6:46).

 

mes enfants. Le possessif « mes » est emphatique dans l’original. Le cœur de Jean se réjouissait de la conduite irréprochable de ses enfants dans la foi. Il les aimait comme un père (cf. #1Co 4:14-16 ; #1Th 2:11 ; #1Th 3:1-10). Ceux qui marchent (comportement) selon la vérité (croyance) sont intègres; il n’y a pas de place pour une dichotomie entre la profession de foi et la vie concrète.

 

5  Bien-aimé, tu agis fidèlement dans ce que tu fais pour les frères, et même pour des frères étrangers,

 

tu agis fidèlement. La foi authentique a toujours pour fruit des bonnes œuvres authentiques (#Ja 2:14-17).

 

pour les frères, et même pour des frères étrangers. Gaïus ne se contentait pas d’exercer l’hospitalité envers ceux qu’il connaissait bien; il l’exerçait aussi envers des chrétiens qui lui étaient inconnus. Il est ici question des prédicateurs itinérants auxquels il venait en aide lors de leurs voyages.

 

6  lesquels ont rendu témoignage de ta charité, en présence de l’Église. Tu feras bien de pourvoir à leur voyage d’une manière digne de Dieu.

 

lesquels ont rendu témoignage de ton amour, en présence de l’Église. Gaïus était réputé pour son hospitalité et sa bonté (ainsi que pour son obéissance, v. 3) jusque dans les Églises de la région.

 

Tu feras bien. Cet encouragement à poursuivre l’exercice de l’hospitalité était particulièrement important du fait des agissements de Diotrèphe, qui combattait avec virulence ce principe chrétien (v. #3Jn 10).

 

d’une manière digne de Dieu. Cf. #Col 1:10 ; #1Th 2:12. Cette invitation à traiter les autres comme Dieu les traiterait (cf. #Mt 10:40) est une expression clé pour décrire la manière dont on doit exercer l’hospitalité (#Mt 25:40-45).

 

7  Car c’est pour le nom de Jésus-Christ qu’ils sont partis, sans rien recevoir des païens.

 

1:7-8 Jean indique plusieurs principes de base pour une hospitalité « digne de Dieu ».

1° Il convient d’accorder l’hospitalité à ceux dont les mobiles sont purs. Les missionnaires itinérants voyageaient « pour le nom de Jésus-Christ » (v. #3Jn 7 ; cf. #Ro 1:5). Il devait s’agir de personnes qui accomplissaient leur ministère pour la gloire de Dieu, et non la leur.

2° Il faut accorder l’hospitalité à ceux qui n’exercent pas de ministère rémunéré. Puisque les missionnaires ne recevaient rien des « païens » (v. #3Jn 7), l’Église était leur seul soutien. L’avarice n’avait pas de prise sur eux (#2Co 2:17 et note; #1Ti 5:17-18).

3° Ceux qui exercent l’hospitalité participent au ministère de leurs hôtes (v. #3Jn 8). Le devoir d’accueillir d’authentiques serviteurs de Dieu, exprimé dans le v. 8, est justifié par la même raison que l’interdiction d’offrir l’hospitalité à de faux docteurs en #2Jn 10-11: dans les deux cas, l’hôte participe aux œuvres  bonnes ou mauvaises - de ceux qu’il abrite sous son toit.

 

8  Nous devons donc accueillir de tels hommes, afin d’être ouvriers avec eux pour la vérité.

9 ¶  J’ai écrit quelques mots à l’Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit point.

 

J’ai écrit quelques mots à l’Église. Jean avait apparemment déjà écrit une lettre à l’Église, peut-être sur le thème de l’hospitalité, mais nous n’en disposons pas. Comme Diotrèphe rejetait l’autorité de l’apôtre (cf. vv. #3Jn 9-10), il est possible qu’il n’ait pas lu cette lettre à l’assemblée.

 

Diotrèphe, qui aime à être le premier. Dans la seconde partie de son épître, Jean condamne le refus d’exercer l’hospitalité envers des serviteurs de Dieu fidèles à la Parole. L’expression qui qualifie Diotrèphe désigne une personne égoïste, centrée sur elle-même et préoccupée uniquement par ses propres intérêts. Elle suggère l’image d’un démagogue qui fait sa propre promotion, ne servant personne mais désirant être servi par tous. Les actes de Diotrèphe étaient en contradiction directe avec l’enseignement de Jésus et du N.T. sur le service dans l’Église (cf. #Mt 20:20-28 ; #Ph 2:5-11 ; #1Ti 3:3 ; #1Pi 5:3).

 

ne nous reçoit point. Diotrèphe manifestait tout l’opposé de la bonté et de l’hospitalité envers les serviteurs de Dieu; il allait jusqu’à nier l’autorité apostolique de Jean sur l’assemblée locale, ce qui revenait à nier la révélation de Dieu transmise par l’intermédiaire de cette autorité. Il poussait l’orgueil jusqu’à tenter de supplanter Christ dans sa position de chef, manifestée à travers Jean au sein de l’Église. Le caractère de Diotrèphe était l’exact opposé de celui de Gaïus, homme bon et aimant qui exerçait spontanément l’hospitalité.

 

10  C’est pourquoi, si je vais vous voir, je rappellerai les actes qu’il commet, en tenant contre nous de méchants propos ; non content de cela, il ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église.

 

si je vais, je rappellerai les actes qu’il commet. L’autorité apostolique de Jean signifiait que Diotrèphe allait devoir répondre de son attitude. L’apôtre n’allait pas fermer les yeux sur cette usurpation de la place de Christ dans l’Église. Le v. 10 précise les fautes dont Diotrèphe se rendait coupable.

1° Il s’attaquait à l’apôtre en paroles. Le verbe traduit « tenir contre » signifie littéralement « dire des sornettes, bavarder à tort et à travers ». Les accusations contre Jean étaient sans fondement.

2° Les propos qu’il tenait étaient méchants. Non seulement les accusations de Diotrèphe étaient fausses, mais de plus elles étaient pleines de malveillance.

3° Il ne pratiquait pas l’accueil envers les frères. Les attaques de Diotrèphe n’étaient pas réservées à l’apôtre, il défiait aussi délibérément d’autres croyants.

4° Il chassait des croyants de l’Église. L’expression grecque suggère que Diotrèphe avait pour habitude d’excommunier tous ceux qui résistaient à son autorité.

 

ne reçoit pas les frères. Si quelqu’un reconnaissait l’autorité de Jean (v. #3Jn 9) ou exerçait l’hospitalité en faveur des serviteurs de Dieu itinérants, son attitude menaçait directement l’autorité que convoitait Diotrèphe.

 

11  Bien-aimé, n’imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n’a point vu Dieu.

 

n’imite pas le mal, mais le bien. Le v. introduit l’éloge de Démétrius au v. 12: Gaïus devait prendre en exemple l’attitude et les actes de cet homme.

 

celui qui fait le mal n’a point vu Dieu. D’après cette affirmation de Jean, les œuvres de Diotrèphe prouvaient qu’il n’avait jamais été chrétien. Nous avons ici une application pratique du test moral.

 

12 ¶  Tous, et la vérité elle-même, rendent un bon témoignage à Démétrius ; nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est vrai.

 

Tous …  rendent un bon témoignage. Comme Gaïus, Démétrius jouissait d’une bonne réputation dans toute la région.

 

la vérité elle-même. Démétrius représentait un excellent exemple pour les autres, car il mettait la vérité de la Parole de Dieu en pratique dans sa vie.

 

Démétrius. Tout comme Gaïus, Démétrius était un prénom courant dans le monde gréco-romain (#Ac 19: 24, #Ac 19: 38). Nous ne savons rien de ce chrétien en dehors de 3 Jn. Peut-être, fût-il le porteur de cette lettre, qui aurait alors aussi servi à l’introduire auprès de Gaïus.

 

13  J’aurais beaucoup de choses à t’écrire, mais je ne veux pas le faire avec l’encre et la plume.

 

l’encre et la plume …  de vive voix. le papier et l’encre. Le mot « papier » désigne une feuille de papyrus. 2 Jean tenait en entier sur une seule de ces feuilles. Le terme « encre » signifie aussi « noir » et désignait un mélange d’eau, de charbon de bois et de gomme de résine, dont on se servait pour écrire.

de vive voix. Littéralement « bouche à bouche ». Cf. #No 12:8, où Dieu dit parler à Moïse « bouche à bouche ».

 

14  J’espère te voir bientôt, et nous parlerons de bouche à bouche. (1-15) Que la paix soit avec toi ! Les amis te saluent. Salue les amis, chacun en particulier.



JUDE 1 * 1 à 25

 

1 ¶  Jude, serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques, à ceux qui ont été appelés, qui sont aimés en Dieu le Père, et gardés pour Jésus Christ:

 

serviteur. Avant la crucifixion et la résurrection, Jude ne croyait pas que Jésus était le Messie (#Mt 13: 55 ; #Mr 6:3 ; #Jn 7:5), mais il vint se présenter humblement devant lui, ensuite, comme un esclave soumis à sa seigneurie.

 

frère de Jacques. Jacques était le responsable bien connu de l’Église de Jérusalem (#Ac 12:17 ; #Ac 15: 13 ; #Ac 21: 18 ; #Ga 2:9) et l’auteur de l’épître qui porte son nom.

 

appelés. Comme d’habitude dans les épîtres, il ne s’agit pas d’une invitation générale au salut, mais de l’appel irrésistible au salut que Dieu adresse aux élus (cf. #Ro 1:7 ; #1Co 1:23-24 ; #1Th 5:24 ; #2Th 2:13-14). En acceptant de répondre à cet appel, on se place au bénéfice de

1° la communion avec Christ (#1Co 1:9);

2° la paix (#1Co 7:15);

3° la liberté (#Ga 5:13);

4° une marche qui en vaut la peine (#Ep 4:1);

5° l’espérance (#Ep 4:4);

6° la sainteté (#1Pi 1:15);

7° la bénédiction (#1Pi 3:9);

8° la joie éternelle (#1Pi 5:10).

 

Cf. « grâce de notre Dieu » (v. #Jude 4).

 

aimés. Certains manuscrits grecs portent « sanctifiés ». Cf. #Jn 13: 1 ; #Jn 14: 23 ; #Jn 16: 27 ; #Jn 17: 20, #Jn 17: 23 ; #Ro 5:8 ; #1Jn 3:1 qui insistent sur l’idée de l’amour inconditionnel  et, par conséquent, indéfectible - de Dieu envers ceux qui croient en Christ. C’est bien sûr grâce à cet amour que les croyants sont « sanctifiés », c’est-à-dire séparés du péché et mis à part pour Dieu, par la transformation qu’opère la conversion.

 

Dieu le Père. Le plan de salut, de même que son accomplissement, procèdent de Dieu qui est le Père, non seulement au sens de créateur et d’origine de tout ce qui existe, mais aussi parce qu’il est notre « Sauveur » (v. #Jude 25 ; cf. #1Ti 2:4 ; #Tit 1:3 ; #Tit 2:10 ; #Tit 3:4).

gardés. Dieu est non seulement à l’origine du salut mais il l’amène aussi à son achèvement à travers Christ, préservant ou gardant le croyant en sécurité dans la perspective de la vie éternelle (cf. #Jn 6:37-44 ; #Jn 10:28-30 ; #Jn 17: 11, #Jn 17: 15 ; #Ro 8:31-39 ; #2Ti 4:18 ; #Hé 7:25 ; #Hé 9:24 ; #1Pi 1:3-5).

 

2  que la miséricorde, la paix et la charité vous soient multipliées !

 

la miséricorde, la paix et l’amour. C’est par cette expression « miséricorde et paix » que les Juifs avaient coutume de se saluer. « Amour » fut ajouté ensuite pour en faire une salutation typiquement chrétienne. C’est ici le seul passage du N.T. où ces trois qualités apparaissent si proches les unes des autres. Là où prévalent la loi et les œuvres, on ne recueille qu’échec et mort. Là où prévaut la grâce, on trouve la miséricorde (#Ep 2:4 ; #Hé 4:16), la paix (#Ro 5:1) et l’amour (#Ro 5:5), et ce, de plus, en abondance.

 

3 ¶  Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.

 

Bien-aimés. Cf. vv. #Jude 17-20.

 

je me suis senti obligé. Cf. #1Co 9:16. Ce v. implique que Jude avait eu l’intention d’écrire une épître sur le thème du salut en tant que bénédiction commune à tous les croyants, sans doute pour raviver la communion fraternelle et l’unité entre les frères, leur rappelant ainsi que Dieu ne fait acception de personne. Cependant, devant l’émergence des apostats et des faux docteurs, il choisit plutôt de les appeler à se battre pour faire prévaloir la vérité.

 

combattre. Ce n’était pas le salut des destinataires de sa lettre qui était en cause, mais celui de ceux qui avaient besoin d’entendre le véritable Évangile et qui étaient trompés par le faux évangile que leur présentaient les faux docteurs dans leurs prédications fallacieuses et leur mauvais exemple. Jude lançait donc un appel urgent aux chrétiens: ils devaient combattre l’erreur sous toutes ses formes et lutter pour la vérité, comme un soldat à qui l’on a confié la garde d’un trésor très saint (cf. #1Ti 6:12 ; #2Ti 4:7).

 

la foi. C’est l’ensemble de la vérité révélée relative au salut, telle que la contiennent les Écritures (cf. #Ga 1:23 ; #Ep 4:5, #Ep 4:13 ; #Ph 1:27 ; #1Ti 4:1). #Jude 20. Il y a là un appel à bien connaître la saine doctrine (#Ep 4:14 ; #Col 3:16 ; #1Pi 2:2 ; #1Jn 2:12-14), à exercer le discernement pour faire émerger la vérité au-dessus de l’erreur (#1Th 5:20-22), à être prêt à affronter et contrecarrer l’hérésie.

 

transmise aux saints une fois pour toutes. La révélation de Dieu représente un bloc monolithique  depuis qu’est terminée la rédaction des Écritures - et il faut se garder d’en enlever ou d’y ajouter quoi que ce soit (cf. #De 4:2 ; #De 12:32 ; #Pr 30:6 ; #Ap 22:18-19). Les Écritures sont complètes, suffisantes, et il y a été mis le point final. Elles sont, par conséquent, « gravées dans le marbre » pour l’éternité. Rien ne saurait être ajouté au corps bien organisé que forme la Parole inspirée, car elle se suffit à elle-même. Depuis, la responsabilité primordiale des croyants est de l’étudier (#2Ti 2:15), de la prêcher (#2Ti 4:2) et d’en assurer la préservation.

 

saints. Les croyants sont appelés saints car ils ont été séparés du péché pour être consacrés à Dieu.  

 

4  Car il s’est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus-Christ.

 

Car il s’est glissé parmi vous certains hommes. Il s’agit de faux docteurs qui s’étaient infiltrés au sein des fidèles, qui protestaient de leur orthodoxie et en donnaient toutes les apparences, mais qui avaient surtout l’intention de détourner le peuple de Dieu du droit chemin (cf. #Mt 7:15 ; #Ac 20: 29 ; #Ga 2:4-5 ; #1Ti 4:1-3 ;  #2P 2:1, #2P 2:20 ; #1Jn 2:18-23). Ces apostats n’étaient que de diaboliques faussaires, qui se présentaient le plus souvent comme prédicateurs itinérants (cf. #2Co 11:13-15 ; #2P 2:1-3 ; #2Jn 7-11). Leur duplicité les rendait dangereux. Trois caractéristiques les trahissaient cependant:

1° leur vie était dissolue;

2° ils pervertissaient le sens de la grâce;

3° ils ne reconnaissaient pas Christ.

 

dont la condamnation. Allusion au jugement prononcé contre eux des siècles auparavant. En décrivant ainsi les apostats, Jude les plaçait dans le droit fil de ce qui leur est réservé depuis toujours: le châtiment divin.

 

écrite depuis longtemps. Il y avait des siècles que l’apostasie et les apostats étaient dénoncés; les vv. #Jude 5-7 en fournissent l’illustration, et Hénoc (vv. #Jude 14-16) en parlait déjà. Cf. #Esa 8:19-21 ; #Esa 47:9-15 ; #Os 9:9 ; #Sop 3:1-8. Leur funeste destin était écrit à l’avance dans les Écritures pour servir d’avertissement à ceux qui viendraient plus tard. Jésus lui-même met ses auditeurs en garde contre eux en #Mt 7:15-20 (cf. #Ac 20:29). L’avertissement le plus récent à ce sujet se trouve en #2P 2:3, #2P 2:17 ; #2P 3:7.

 

impies. Littéralement « sans vénération ». Leur manque de respect pour Dieu était visible, du fait qu’ils n’infiltraient son Église que dans le but de la corrompre et de tirer profit des biens de ses membres. Cf. vv. #Jude 15-16, #Jude 18-19.

 

dérèglement. Littéralement « vice sans entrave » ou « immoralité grossière », ce qui est typique du style de vie honteux de ceux qui prennent prétexte de la grâce de Dieu pour se livrer sans vergogne à une immoralité débridée (cf. #Ro 6:15).

renient notre seul maître et Seigneur Jésus-Christ. Deux mots différents sont ici utilisés pour désigner le Seigneur. Les apostats reniaient Christ comme maître souverain (despotês) et, par leur conduite honteuse, ils prouvaient qu’ils ne reconnaissaient pas Christ comme leur Seigneur (kurios), celui qu’ils devaient honorer de ce fait par leur vie. Certains manuscrits ajoutent « Dieu » après « maître », mais pas les plus anciens, qui placent clairement l’accent sur une seule personne  le Seigneur Jésus-Christ - et affirment qu’il est renié par les apostats. Cf. #Mt 10:33 ; #2Ti 2:12 ; #Tit 1:16 ; #1Jn 2:22-23. Il est typique des apostats, faux docteurs et autres religions endurcies dans l’erreur de pervertir ce que les Écritures déclarent comme vrai au sujet du Seigneur Jésus-Christ.

 

5  Je veux vous rappeler, à vous qui savez fort bien toutes ces choses, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple et l’avoir tiré du pays d’Égypte, fit ensuite périr les incrédules ;

 

sauvé …  fit ensuite périr. Cf. #Hé 3:16-19. Dieu avait miraculeusement délivré la nation d’Israël de son esclavage en Égypte (#Ex 12:51 ; #De 4:34), mais elle ne l’avait remercié que par l’incrédulité et le doute; les Israélites n’avaient plus la foi que Dieu avait le pouvoir de les conduire dans le pays promis (#No 13:25-14: 4), au point qu’ils se mirent à adorer une idole faite de main d’homme et qu’ils murmurèrent contre Dieu plutôt que de l’adorer (#Ex 16:7-12 ; #1Co 10:10-11). Cela valut à cette génération apostate de périr au cours de 38 années d’errance dans le désert (#No 14:22-30, #No 14: 35).

1:5-7 Jude évoque trois actes d’apostasie bien connus de l’A.T. pour rappeler (v. #Jude 5) leurs conséquences fâcheuses, comme il le déclare au v. 4.

 

6  qu’il a réservé pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les ténèbres, les anges qui n’ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure ;

 

anges qui n’ont pas gardé. Cette apostasie des anges déchus est décrite en #Ge 6:1-3: ils prirent possession d’hommes pour aller cohabiter avec des femmes. La transition avec Sodome et Gomorrhe au v. 7 souligne la similitude entre le péché de l’homosexualité et ce dont ces anges se rendirent coupables en #Ge 6.

 

jugement du grand jour. Désigne le jugement dernier où tous les démons et Satan seront jetés dans « l’étang de feu » qui leur est réservé (#Mt 25:41 ; #Ap 20: 10), de même que tous les impies (#Ap 20: 15).

 

7  que Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se livrèrent comme eux à l’impudicité et à des vices contre nature, sont données en exemple, subissant la peine d’un feu éternel.

 

Sodome …  Gomorrhe. La destruction de ces deux villes, situées au sud-est de la mer Morte, est mentionnée plus de 20 fois dans les Écritures pour illustrer le jugement divin à l’époque d’Abraham et de Lot (cf. #Ge 18: 22-19: 29). Cette destruction était la conséquence de leur apostasie, puisqu’elle survint 450 ans après le déluge, alors qu’au moins l’un des fils de Noé, Sem (#Ge 11:10-11), était encore vivant. Puisque ce n’était que 100 ans après la mort de Noé (#Ge 9:28), il ne faisait aucun doute que leurs habitants connaissaient le message de droiture et de jugement divin que Noé leur avait prêché et dont ils avaient fait fi.

 

comme eux. Rappel du v. 6.

 

débauche …  vices contre nature. Allusion aux désirs sexuels de leurs habitants, autant hétérosexuels (#Ge 19: 8) qu’homosexuels (#Ge 19:4-5). Pour la condamnation absolue des pratiques homosexuelles, cf. #Lé 18: 22 ; #Lé 20: 13 ; #Ro 1:27 ; #1Co 6:9 ; #1Ti 1:10.

 

feu éternel. Sodome et Gomorrhe illustrent le feu divin du jugement de la terre (cf. #Ap 16:8-9 ; #Ap 20: 9) qui n’était qu’une préfiguration du feu qui ne s’éteindra jamais dans l’enfer éternel (cf. #Mt 3:12 ; #Mt 18: 8 ; #Mt 25:41 ; #Mr 9:43-44, #Mr 9:46, #Mr 9:48 ; #Lu 3:17 ; #Ap 19: 20 ; #Ap 20:14-15 ; #Ap 21: 8).

 

8 ¶  Malgré cela, ces hommes aussi, entraînés par leurs rêveries, souillent pareillement leur chair, méprisent l’autorité et injurient les gloires.

 

entraînés par leurs rêveries. Cela désigne un état de confusion de l’âme ou une imagination anormale, qui produit délires et désordres dans le domaine des sens. L’esprit de ces hommes était devenu imperméable à la vérité de la Parole de Dieu: ainsi trompés et abusés, ils imaginaient les perversions les plus honteuses et étaient devenus aveugles et sourds à la réalité et à la vérité. Peut-être prétendaient-ils même avoir reçu ces idées en songe de la part de Dieu. Les apostats, qui sont décrits de 3 façons différentes, sont en outre désignés 5 fois par le démonstratif « ceux-ci » en grec (vv. #Jude 10, #Jude 12, #Jude 14, #Jude 16, #Jude 19).

 

souillent pareillement leur chair. Comme les habitants de Sodome et Gomorrhe (v. #Jude 7), les apostats n’ont guère de retenue, voire aucune. C’est pourquoi ils sont souvent caractérisés par leur style de vie immoral (v. #Jude 4). Cf. #Tit 1:15 ; #Hé 12:15 ; #2P 2:10-19 ; #2P 3:3.

 

méprisent l’autorité. Comme les anges déchus (v. #Jude 6), ces imposteurs défiaient toute autorité, qu’elle soit civile ou spirituelle, et rejetaient par conséquent celle des Écritures et de Christ (v. #Jude 4).

 

injurient les gloires. #Jude 10. Il est probable que ces gloires soient des anges, comme l’atteste le v. 9.

 

9  Or, l’archange Michel, lorsqu’il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement injurieux, mais il dit : Que le Seigneur te réprime !

 

l’archange Michel. Le chef des anges de Dieu, qui veille tout particulièrement sur Israël (#Da 10:13, #Da 10:21 ; #Da 12:1) et commande tous les saints anges (#Ap 12:7). Nulle part ailleurs dans les Écritures n’est mentionnée cette lutte pour obtenir le corps de Moïse. Sur ordre de Dieu, Michel dut se battre contre Satan, comme ce fut aussi le cas en une autre occasion, en #Da 10:13

 

le diable. Autre nom de Satan, signifiant « accusateur » ou « calomniateur » (cf. #Ap 12:9-10).

 

le corps de Moïse. Moïse mourut sur le mont Nebo et fut enterré secrètement en un lieu inconnu de tout homme (#De 34:5-6). Il est probable que cette confrontation eut lieu au moment où Michel enterra Moïse, pour empêcher Satan de se servir du corps en vue de pratiques diaboliques de nature inconnue. Peut-être Satan avait-il l’intention d’en faire une idole, un objet de culte pour Israël. C’est pourquoi Dieu veilla à ce que Michel l’enterre. Cette histoire est rapportée dans le récit pseudépigraphique de l’Assomption de Moïse.

 

porter contre lui un jugement injurieux. Plutôt que de se permettre de maudire lui-même un ange aussi puissant que Satan lui-même, Michel s’en remit à la puissance ultime et souveraine de Dieu, suivant en cela l’exemple de l’ange de l’Éternel en #Za 3:2. C’est une excellente illustration de la façon dont les chrétiens doivent se comporter à l’égard de Satan et des démons; ils ne sont pas censés s’adresser à eux directement, mais doivent plutôt demander au Seigneur d’intervenir contre eux.

 

10  Eux, au contraire, ils parlent d’une manière injurieuse de ce qu’ils ignorent, et ils se corrompent dans ce qu’ils savent naturellement comme les brutes.

 

parlent d’une manière injurieuse. Littéralement « blasphèment ». #Jude 8. Les docteurs apostats se croient investis de puissance et d’autorité et, dans leur arrogance égocentrique éhontée, se moquent de ce qu’ils ne comprennent même pas.

 

ce qu’ils …  ce qu’ils. Les apostats sont pleins d’arrogance intellectuelle mais ignorants du point de vue spirituel parce qu’ils sont aveuglés par Satan (#2Co 4:4). Leur intelligence non régénérée les rend impropres à comprendre les réalités spirituelles (#1Co 2:14). Par rapport aux choses de Dieu, ils ne valent pas mieux que le plus stupide des animaux.

 

se corrompent. Il s’agit d’une autodestruction spirituelle et morale.

 

11  Malheur à eux ! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré.

 

Malheur. En réclamant le châtiment spirituel le plus grave à l’encontre des apostats, Jude suivait l’exemple des prophètes (cf. #Esa 5:8-23) et de Christ (cf. #Mt 23: 13, #Mt 23:15-16, #Mt 23: 23, #Mt 23: 25, #Mt 23: 27, #Mt 23: 29). Les châtiments les plus sévères tomberont sur les apostats (#Hé 10:26), car ils ont imité Caïn, Balaam et Koré.

 

la voie de Caïn. Caïn s’est ouvertement opposé à la volonté révélée de Dieu au sujet des sacrifices ;  cf. #Hé 11:4 ; #1Jn 3:12).

 

l’égarement de Balaam. Cf. #No 22:1-25:2 . En échange d’une forte rémunération financière, Balaam avait conçu un plan au profit de Balak, roi de Moab, afin de faire tomber Israël dans l’idolâtrie et l’immoralité, de façon à attirer le châtiment de Dieu sur son peuple (cf. #No 31:16 ; #Ap 2:14).

 

la révolte de Koré. Plus de 250 chefs juifs, Koré en tête, contestèrent à Moïse et Aaron leur vocation de guides suprêmes oints par Dieu, dans le but d’imposer leur propre volonté à Dieu et à son peuple. Les apostats connaîtront le même sort que celui réservé à Koré: le châtiment divin.

 

12  Ce sont des écueils dans vos agapes, faisant impudemment bonne chère, se repaissant eux-mêmes. Ce sont des nuées sans eau, poussées par les vents ; des arbres d’automne sans fruits, deux fois morts, déracinés ;

 

écueils dans vos agapes. « Écueils » peut se traduire par « points qui font tache ». Ces apostats ressemblaient à des taches, des souillures sur le vêtement de l’Église; ou, plus probablement, Dieu avait prévu de faire de la marche de l’Église une traversée sans encombre mais, par leur seule présence, elle risquait de tourner au naufrage contre des récifs. Les « agapes » étaient des rassemblements réguliers de l’Église primitive, où les croyants prenaient la sainte cène et partageaient un repas (cf. #1Co 11:20-30).

 

nuées sans eau. Les apostats promettent la vie spirituelle mais ils ressemblent à des nuages vides, porteurs de promesse de pluie mais n’apportant que sécheresse et mort (cf. #Pr 25:14). Le faux évangile qu’ils prêchent ne mène qu’en enfer.

 

arbres d’automne sans fruits. Les apostats invitent leurs convives à un festin spirituel, mais seule la famine est au rendez-vous (cf. #Lu 13:6-9). Des arbres doublement morts ne pourront jamais porter de fruits et, quoi qu’ils en disent, resteront à jamais stériles car ils ont été déracinés. Cf. #Mt 7:17-20.

 

13  des vagues furieuses de la mer, rejetant l’écume de leurs impuretés ; des astres errants, auxquels l’obscurité des ténèbres est réservée pour l’éternité.

 

vagues furieuses de la mer. Les apostats promettent un ministère puissant, mais on a tôt fait de comprendre qu’ils ne sont que des fauteurs de troubles dont la médiocrité ne mérite que l’opprobre (cf. #Esa 57:20).

 

astres errants. Désigne probablement un météore ou une étoile filante, qui brille soudain sans qu’on puisse prévoir quand, pour disparaître à jamais dans le néant. Les apostats s’engagent à se charger durablement de la conduite spirituelle des croyants, mais ce n’est qu’un feu de paille, bref et sans valeur.

 

14  C’est aussi pour eux qu’Énoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades,

 

Hénoc. Selon la généalogie de #Ge 5:1-24 ; #1Ch 1:1-3, Hénoc était le septième depuis Adam. Parce qu’il avait « marché avec Dieu », il eut le privilège d’être enlevé au paradis sans avoir à passer par la mort (cf. #Ge 5:24 ; #Hé 11:5).

 

pour eux …  a prophétisé. Jude tient cette information du Saint-Esprit, sous l’inspiration duquel il écrivait. Que cette prophétie ait été classée dans le Livre d’Hénoc, texte non biblique et pseudépigraphique, ne remet pas en question son exactitude.

 

Voici, le Seigneur …  saintes myriades. Avant même le déluge, Hénoc avait prophétisé le second avènement de Christ, lors du jugement dernier (cf. #1Th 3:13). « Saintes » peut désigner aussi bien les croyants que les anges. Puisque aussi bien les anges (#Mt 24: 31 ; #Mt 25:31 ; #Mr 8:38 ; #2Th 1:7) que les croyants (#Col 3:4 ; #1Th 3:13 ; #Ap 19: 14) accompagneront Christ, cela pourrait faire allusion aux deux (cf. #Za 14: 5), mais comme c’est le châtiment qui est mis en exergue au v. 15, il doit plutôt s’agir des anges. En effet, ils entrent souvent en action pour exercer les châtiments divins. Les croyants auront certes fonction de juges pendant le règne terrestre du Seigneur, et ils seront de retour lors de la venue de Christ pour juger (#Ap 19: 14), mais ce sont les anges qui seront le bras de Dieu lors du second avènement de Christ (voir #Mt 13:39-41, #Mt 13:49-50 ; #Mt 24:29-31 ; #Mt 25:31 ; #2Th 1:7-10).

 

15 ¶  pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d’impiété qu’ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu’ont proférées contre lui des pécheurs impies.

 

exercer un jugement. C’est l’enfer éternel qui sera prononcé contre les impies (voir #Ap 20:11-15). Cf. #Mt 5:22 ; #Mt 7:19 ; #Mt 8:12 ; #Mt 10:28 ; #Mt 13:40-42 ; #Mt 25:41, #Mt 25:46).

 

les impies. Le mot sert par quatre fois à décrire les apostats (cf. vv. #Jude 4, #Jude 18), ce qui indique que l’iniquité la plus grave consiste à manquer de respect à Dieu. Voir l’utilisation que fait Pierre de ce terme en #2P 2:5-6 ; #2P 3:7. C’est pour ces pécheurs-là que Jésus est venu mourir (#Ro 5:6).

 

16  Ce sont des gens qui murmurent, qui se plaignent de leur sort, qui marchent selon leurs convoitises, qui ont à la bouche des paroles hautaines, qui admirent les personnes par motif d’intérêt.

 

des gens qui murmurent. Ce mot, qu’on ne trouve qu’ici dans le N.T., apparaît dans la LXX à propos des murmures d’Israël contre Dieu (#Ex 16:7-9 ; #No 14: 27, #No 14: 29 ; #1Co 10:10).

 

se plaignent. Littéralement « adressent des reproches ». Ils donnent libre cours à leur insatisfaction quant à la volonté et aux actions divines, à l’instar d’Israël, de Sodome, des anges déchus, de Caïn, Koré et Balaam (cf. vv. #Jude 5-7, #Jude 11).

 

marchent selon leurs convoitises. Expression fréquente pour décrire les inconvertis (v. #Jude 18 ; #2Ti 4:3). Les apostats sont tout particulièrement motivés par leur désir de satisfaction personnelle condamnable.

 

paroles hautaines. Ils parlent avec arrogance, de façon pompeuse et même grandiloquente, mais leurs paroles sonnent creux, car elles sont dépourvues de la vie de l’Esprit, et donc sans valeur. Leur message possède une grande puissance de séduction par sa beauté, mais il est vide de toute substance de vérité divine.

 

admirent les personnes. Ils disent aux gens ce qu’ils veulent entendre dans le but de profiter d’eux (cf. #2Ti 4:3-4), au lieu de proclamer la vérité de la Parole de Dieu pour le bénéfice de leurs auditeurs. Cf. #Ps 5:10 ; #Ps 12:3-4 ; #Pr 26:28 ; #Pr 29:5 ; #Ro 3:13 ; #Ro 16: 18.

 

17  Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des choses annoncées d’avance par les apôtres de notre Seigneur-Jésus Christ.

 

annoncées d’avance par les apôtres. Les apôtres avaient averti les chrétiens de la nouvelle génération de l’émergence des apostats, pour qu’ils soient préparés et ne soient pas pris par surprise (cf. #Ac 20:28-31 ; #1Ti 4:1-2 ; #2Ti 3:1-5 ; #2Ti 4:1-3 ; #2Pi 2:1-3:4 ; #1Jn 2:18 ; #2Jn 7-11). La Parole de Dieu sert à avertir et protéger ceux qui en tiennent compte (#Ac 20: 31 ; #1Co 4:14); comme l’indique le v. 18, les avertissements n’avaient jamais cessé.

 

18  Ils vous disaient qu’au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies ;

 

dans les derniers temps. Littéralement « à la fin (chronologique) de l’époque (ou de la saison) en cours » (cf. #2Ti 3:1). L’expression désigne la période située entre le premier et le second avènements de Christ. Ces caractéristiques prévaudront jusqu’au retour de Christ.

 

moqueurs. Ce sont ceux qui se gaussent des plans divins et, tout en prétendant connaître la vérité, affirment que Dieu n’exécutera jamais les châtiments promis.

 

marchant selon leurs convoitises impies. Voir la note sur le v. 16 {==> "Jude 1:16"}.

 

19  ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n’ayant pas l’esprit.

 

ceux qui provoquent des divisions. Ils divisaient l’Église en factions adverses au lieu de l’unir (cf. #Ep 4:4-6 ; #Ph 2:2).

 

hommes sensuels. Les docteurs apostats se targuaient de posséder les connaissances spirituelles les plus raffinées, mais leurs désirs et leur façon de vivre correspondaient en fait aux niveaux les plus vils.

 

n’ayant pas l’Esprit. Ne pas avoir l’Esprit, c’est être dépourvu de toute vie spirituelle ou, en d’autres termes, être un non-croyant.

 

Profil d’un apostat

1. Est impie (v. #Jude 4)

2. Est moralement perverti (v. #Jude 4)

3. Renie Christ (v. #Jude 4)

4. Corrompt la chair (v. #Jude 8)

5. Est rebelle (v. #Jude 8)

6. Se moque des saints anges (v. #Jude 8)

7. Est un rêveur (v. #Jude 10)

8. Est ignorant (v. #Jude 10)

9. Est corrompu (v. #Jude 10)

10. Se plaint de son sort (v. #Jude 16)

11. Murmure (v. #Jude 16)

12. Marche selon ses convoitises (v. #Jude 16)

13.  des paroles hautaines (v. #Jude 16)

14. Flatte les gens par intérêt (v. #Jude 16)

15. Est un moqueur (v. #Jude 18)

16. Provoque des divisions (v. #Jude 19)

17. Est sensuel (v. #Jude 19)

18. N’a pas l’Esprit (v. #Jude 19)

 

 

20  Pour vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, et priant par le Saint-Esprit,

 

vous édifiant vous-mêmes. Les vrais croyants ont une fondation solide (#1Co 3:11), et leur pierre angulaire (#Ep 2:20), c’est Jésus-Christ. Les vérités de la foi chrétienne (cf. v. #Jude 3) sont expliquées dans les enseignements des apôtres et des prophètes (#Ep 2:20), si bien que les chrétiens peuvent se fonder sur la Parole de Dieu (#Ac 20: 32).

 

priant par le Saint-Esprit. Cela ne constitue pas une invitation à rechercher une forme extatique de prière, mais simplement un appel à prier de façon cohérente avec la volonté et la puissance de l’Esprit, comme on prierait au nom de Jésus-Christ (cf. #Ro 8:26-27).

 

21  maintenez-vous dans l’amour de Dieu, en attendant la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle.

 

maintenez-vous. Cf. #Ac 13: 43. Par cet impératif est établie la responsabilité du croyant: obéir et se montrer fidèle, en vivant conformément à son statut de sauvé (cf. #Ph 2:12), tandis que Dieu met sa volonté en œuvre (cf. #Ph 2:13). Cela signifie demeurer dans l’obéissance, car c’est là que l’amour de Dieu se déverse sur ses enfants. La désobéissance, au contraire, n’entraîne que des châtiments (cf. #1Co 11:27-31 ; #Hé 12:5-11). Il s’agit donc de la persévérance des saints, contrepartie de l’acte souverain par lequel Dieu préserve les croyants fondés en Christ (cf. v. #Jude 1). Elle se réalise par le fait qu’on

1° se fonde sur la Parole de Dieu (v. #Jude 20);

2° prie dans le Saint-Esprit (v. #Jude 20);

3° recherche la vie éternelle (v. #Jude 21).

 

Au sujet de la persévérance des saints, Cf. #Mt 10:22. Ceux qui persévèrent sont ceux-là mêmes qui sont sauvés, par opposition à ceux dont l’amour se refroidit (v. #Mt 24: 12). Cela ne signifie pas que la persévérance soit garante du salut. Dans maints passages, l’Écriture enseigne précisément le contraire: c’est Dieu qui assure notre persévérance, et cela fait partie de son œuvre de salut. Les vrais croyants sont « gardés par la foi pour le salut » (#1Pi 1:5). La garantie de notre persévérance est gravée dans la promesse de la nouvelle alliance. Dieu dit: « Je mettrai ma crainte dans leur cœur, afin qu’ils ne s’éloignent pas de moi » (#Jér 32:40). Ceux qui chutent et s’éloignent de Christ prouvent de manière formelle qu’ils n’ont jamais été de vrais croyants (#1Jn 2:19). Cependant, le fait que Dieu est le garant de notre persévérance ne signifie pas pour autant que nous devions rester passifs dans ce processus. Il nous garde « par la foi » (#1Pi 1:5), par notre foi. L’Écriture nous invite quelquefois à retenir fermement notre foi (#Hé 10:23 ; #Ap 3:11) ou nous met en garde contre la chute (#Hé 10:26-29). De tels avertissements n’annulent pas les nombreuses promesses qui parlent de la persévérance des vrais croyants (#Jn 10:28-29 ; #Ro 8:38-39 ; #1Co 1:8-9 ; #Ph 1:6). Les avertissements et les appels font au contraire partie des moyens que Dieu utilise pour préserver notre persévérance dans la foi. Il est intéressant de remarquer que les avertissements et les promesses vont souvent de pair. Ainsi, par exemple,, lorsque Jude exhorte les croyants à se maintenir « dans l’amour de Dieu » (#Jude 21), il les oriente aussitôt vers Dieu, « qui peut vous préserver de toute chute » (#Jude 24).

 

en attendant. L’attente bouillonnante d’impatience de la seconde venue de Christ, qui viendra conférer la vie éternelle dans sa forme ultime, celle de la résurrection (cf. #Tit 2:13 ; #1Jn 3:1-3). Celle-ci est l’expression suprême de la miséricorde de Dieu envers celui à qui la justice de Christ a été imputée sans considération de mérite (cf. v. #Jude 2). Paul appela cela « aimer son avènement » (#2Ti 4:8), et Jean écrivit que cette anticipation résolue et persévérante était purificatrice (#1Jn 3:3).

 

22  Reprenez les uns, ceux qui contestent ;

 

Reprenez. Certains manuscrits portent « ayez pitié de ». Ces victimes des docteurs apostats ont besoin de miséricorde et de patience parce qu’elles n’ont pas acquis une ferme conviction à propos de Christ et de la vie éternelle, ce qui les maintient dans le doute, mais elles restent susceptibles de se laisser convaincre par la vérité.

 

1:22-23

les uns …  d’autres …  d’autres encore. Il existe plusieurs variantes textuelles ici, qui débouchent sur deux ou trois catégories de personnes:

1° ceux qui doutent avec un cœur sincère, et qui méritent notre compassion (v. #Jude 22);

2° ceux qui se sont endurcis dans leur incrédulité et ont un besoin urgent d’être sortis du feu (v. #Jude 23);

3° ceux qui se déclarent ouvertement apostats et qui méritent encore qu’on leur accorde miséricorde, mais envers lesquels la plus grande prudence s’impose (v. #Jude 23), pour éviter que ceux qui voudraient leur porter secours ne soient eux-mêmes « convertis » à l’apostasie.

 

Les indices que livrent les manuscrits et l’habitude qu’avait Jude de recourir aux groupes de trois font pencher pour un scénario à trois types de personnages.

 

23  sauvez-en d’autres en les arrachant du feu ; et pour d’autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu’à la tunique souillée par la chair.

 

sauvez-en d’autres. Ces autres sont ceux qui ont adhéré aux erreurs enseignées par les apostats et qui ont besoin de notre pleine et urgente attention, avant qu’ils ne s’engagent encore plus avant sur le chemin de l’enfer (cf. v. #Jude 7) du fait de leur crédulité par rapport aux mensonges qui les ont trompés.

 

crainte. Le troisième groupe n’a pas moins besoin de miséricorde, bien que ses membres soient intégralement vendus aux hérésies des apostats. On doit leur présenter la vérité avec crainte, pour éviter d’être soi-même influencé par leurs erreurs. Les vêtements souillés sont le symbole de la vie dissolue des apostats, dont la contagion peut atteindre les évangélistes de bonne volonté.

 

24  Or, à celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l’allégresse,

 

celui qui peut. Allusion à l’omnipotence de Dieu. Cf. #Ge 18: 14 ; #De 7:21 ; #1S 14: 6 ; #Mt 19: 26.

 

vous préserver de toute chute. La puissance de Christ empêchera le croyant sincère de céder à la tentation de l’apostasie (cf. #Job 42:2 ; #Ps 37:23-24 ; #Ps 121:3 ; #Jér 32:17 ; #Mt 19: 26 ; #Lu 1:37 ; #Jn 6:39-40, #Jn 6:44 ; #Jn 10:27-30 ; #Ep 3:20).

 

irréprochables. Cf. #2Co 11:2 ; #Ep 5:27. Les chrétiens possèdent la justice de Christ, car elle leur a été imputée grâce à la justification par la foi, et ils ont ainsi été rendus dignes de la vie éternelle au ciel.

 

dans l’allégresse. Il est surtout question de la joie du Sauveur ici (cf. #Hé 12:2), mais aussi de celle des croyants (cf. #1Pi 1:8). La joie est la caractéristique première du ciel (voir #Mt 25:23).

1:24-25 La bénédiction de Jude, en forme de doxologie, est considérée comme la plus belle du N.T. (cf. #Ro 11:33-36 ; #Ro 16:25-27 ; #2Co 13: 13 ; #Hé 13:20-21). Elle reprend le thème du salut, que Jude avait l’intention d’aborder au début (cf. v. #Jude 3), et entretient le courage des croyants avec la certitude que Christ les protégera de l’apostasie présente.

 

25  à Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus-Christ notre Seigneur, soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles ! Amen !

 

à Dieu seul. Certains manuscrits portent « à Dieu seul sage ». La sagesse divine est incarnée en Christ seul (cf. #1Co 1:24, #1Co 1:30 ; #Col 2:3).

 

notre Sauveur. Par nature, Dieu est un Dieu qui sauve, contrairement aux fausses divinités inventées par l’homme ou par les démons. Celles-ci sont au mieux indifférentes aux hommes et peu enclines au pardon

gloire …  puissance. Aussi bien Jude sur la terre que les anges dans le ciel (#Ap 4:10-11 ; #Ap 5:12-14) ont attribué ces qualités à notre Dieu et au Seigneur Jésus-Christ.

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