JOUR 15 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

27/08/2018 00:31

JOUR 15 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

MARC 01 ET 02

 

MARC 01

1 ¶  Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,

 

1:1-4

Ces 4 vv. forment une phrase unique, écrite dans le style relevé d’un auteur grec de l’époque classique. Les grands travaux historiques grecs commençaient habituellement par un prologue de ce genre. Après cette introduction plutôt formelle, Luc opte cependant pour un style narratif plus simple, qui s’inspire sans doute de celui, plutôt populaire, de la LXX.

 

Plusieurs. Bien que son livre soit le fruit de la révélation divine, directement inspiré par le Saint-Esprit, Luc reconnaît l’œuvre d’autres auteurs qui avaient mis par écrit les événements de la vie de Christ. Toutes ces sources sont perdues depuis longtemps, hormis les Evangiles inspirés. Comme il est fort probable que Matthieu et Marc soient antérieurs à Luc, des commentateurs ont suggéré que celui-ci avait pu utiliser l’un ou l’autre texte, ou même les deux, comme matériau au cours de ses recherches. Par ailleurs, il est maintenant avéré qu’il connaissait personnellement plusieurs des témoins oculaires des événements de la vie de Christ. Il est aussi possible que certaines de ses sources aient été des récits rapportés de vive voix. Près de 60% du matériel documentaire contenu dans Marc est inclus dans Luc, qui semble suivre étroitement l’ordre des événements établi par le deuxième évangéliste.

 

composer. Luc se propose de présenter le récit du ministère de Christ avec autorité, d’une manière factuelle et logique (mais pas nécessairement en respectant l’ordre chronologique exact, v. 3).

 

des événements qui se sont accomplis. Les promesses messianiques de l’A.T. accomplies en Christ.

 

parmi nous. C’est-à-dire dans notre génération. Cette expression n’implique pas que Luc ait été un témoin direct de la vie de Christ.

 

2  suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole,

 

témoins oculaires …  ministres de la parole. Les sources premières de Luc étaient les apôtres eux-mêmes. Ils divulguèrent un certain nombre de faits concernant la vie et l’enseignement de Jésus, soit oralement, soit par le biais de témoignages conservés dans des documents écrits à la disposition de l’évangéliste. Quoi qu’il en soit, sans prétendre à la qualité d’un témoin oculaire, Luc souligne qu’il rapporte des faits étayés par une recherche rigoureuse

 

3  il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile,

 

après avoir fait des recherches exactes. L’Evangile de Luc est le résultat d’une investigation minutieuse. Plus que quiconque dans l’Eglise primitive, Luc eut de nombreuses occasions d’interroger des témoins du ministère de Jésus et de réunir leurs récits en un seul, tâche pour laquelle il disposait de capacités particulières. Il passa plus de deux ans à Césarée, à l’époque de la détention de Paul (#Ac 24:27); durant cette période, il put facilement rencontrer et interroger plusieurs apôtres ainsi que d’autres témoins oculaires du ministère de Jésus. Nous savons p. ex. qu’il rencontra Philippe (#Ac 21:8), qui fut sans aucun doute l’une de ses sources. Lors de ses voyages, il entra peut-être en contact avec l’apôtre Jean. Jeanne, la femme de l’intendant d’Hérode, faisait certainement partie des relations personnelles de Luc, car elle n’est mentionnée que dans son Evangile ;  cf. #Lu 24:10). Certains détails des échanges entre Hérode et Christ qui ne se retrouvent pas dans d’autres Evangiles (#Lu 13:31-33 ; #Lu 23:7-12) furent sans doute transmis par Jeanne ou une personne jouissant d’une position similaire. Cependant, Luc doit sa compréhension parfaite des événements à l’inspiration divine reçue du Saint-Esprit (#2Ti 3:16-17 ; #2P 1:19-21).

 

depuis leur origine. Cela peut signifier dès le début de la vie terrestre de Christ. Cependant, cette expression peut aussi signifier « d’en haut » (#Jn 3:31 ; #Jn 19:11 ; #Ja 3:15). Au v. 2, c’est un autre mot grec (archê) qui est employé pour parler du « commencement ». Il vaut donc mieux comprendre que Luc affirme avoir certes utilisé des sources terrestres en guise de matériau, mais avoir été guidé par le ciel lors de ses recherches et de sa rédaction. Il est clair qu’il considérait son écrit comme faisant autorité.

 

exposer …  d’une manière suivie. Le récit de Luc est doté d’une structure chronologique qui n’est cependant pas contraignante.

 

excellent. Titre utilisé à propos d’un gouverneur (#Ac 23:26 ; #Ac 24:3 ; #Ac 26:25). On peut en déduire que Théophile était un dignitaire de haut rang.

 

4  afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.

 

la certitude. Le terme sous-entend que le texte est empreint d’autorité. Bien que Luc ait puisé dans d’autres sources (v. #Lu 1:3), il considérait son Evangile comme plus fiable que des écrits non inspirés, et il réclamait pour lui une autorité supérieure.

 

reçus. Théophile avait été enseigné dans la tradition apostolique, peut-être même par l’apôtre Paul en personne. Cependant, la Parole sous forme écrite l’Evangile - avait la valeur d’un sceau qui confirmait la certitude de ce qu’il avait entendu.

 

5 ¶  Du temps d’Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; sa femme était d’entre les filles d’Aaron, et s’appelait Elisabeth.

 

Hérode. Hérode le Grand.

 

Zacharie. Littéralement « l’Eternel s’est souvenu ».

 

la classe d’Abia. Les sacrificateurs du temple étaient répartis en 24 classes, dont chacune accomplissait le service deux fois l’an pendant une semaine (#1Ch 24:4-19); celle d’Abia était la 8e (#1Ch 24:10).

 

filles d’Aaron. La femme de Zacharie appartenait aussi à la tribu de sacrificateurs, celle de Lévi.

 

6  Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d’une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur.

 

Tous deux étaient justes devant Dieu. C’est-à-dire que c’étaient des croyants, justifiés du point de vue de Dieu. Cette expression présente un parallèle évident avec la théologie paulinienne.

 

7  Ils n’avaient point d’enfants, parce qu’Elisabeth était stérile ; et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

 

stérile …  avancés en âge. La stérilité était fréquemment considérée comme un signe de désapprobation divine.

 

8  Or, pendant qu’il s’acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe,

 

selon le tour de sa classe. C’était l’un des deux services annuels que devait accomplir sa classe.

 

9  (1-8) il fut appelé par le sort, (1-9) d’après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum.

 

offrir le parfum. C’était un honneur et un privilège (#Ex 30:7-8 ; #2Ch 29:11). Les sacrificateurs étant nombreux, la plupart d’entre eux ne seraient jamais choisis pour ce service. De plus, personne ne pouvait accomplir cette tâche à deux reprises. Nul doute que Zacharie considérait ce moment comme l’apogée de sa vie de sacrificateur. Le parfum devait brûler à perpétuité, directement devant le voile qui séparait le lieu saint du lieu très saint. Le sacrificateur, seul en ce lieu, devait offrir le parfum matin et soir, pendant que les adorateurs et les autres sacrificateurs se tenaient en prière à l’extérieur du lieu saint (v. #Lu 1:10).

 

10  Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l’heure du parfum.

11  Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel des parfums.

12  Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui.

 

frayeur. L’attitude normale et appropriée (#Lu 12:5) - lors d’une visitation divine ou devant un acte puissant de Dieu (#Jug 6:22 ; #Jug 13:2 ; #Mr 16:5. Luc semble insister particulièrement sur ce point ; il mentionne souvent la crainte ressentie dans la présence de Dieu et devant son œuvre (cf. vv. #Lu 1:30, #Lu 1:65 ; #Lu 2:9-10 ; #Lu 5:10, #Lu 5:26 ; #Lu 7:16 ; #Lu 8:25, #Lu 8:37, #Lu 8:50 ; #Lu 9:34, #Lu 9:45 ; #Lu 23:40).

 

13  Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Elisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean.

 

ta prière. Il priait certainement pour avoir des enfants.

 

Jean. Littéralement « l’Eternel a fait grâce ».

 

14  Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance.

 

de joie et d’allégresse. Les traits caractéristiques du royaume messianique (#Esa 25:9 ; #Ps 14:7 ; #Ps 48:12). Le thème de la joie revient tout au long de l’Evangile de Luc (cf. vv. #Lu 1:44, #Lu 1:47, #Lu 1:58 ; #Lu 2:10 ; #Lu 6:23 ; #Lu 8:13 ; #Lu 10:17-21 ; #Lu 13:17 ; #Lu 15:5-10, #Lu 1:22 ; #Lu 19:6, #Lu 19:37 ; #Lu 24:52).

 

15  Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère ;

 

ni vin, ni liqueur enivrante. C’est l’élément central du vœu de naziréat (#No 6:1-21), et il fut certainement compris ainsi par Zacharie. Un tel vœu revêtait généralement un caractère temporaire, mais Samson (#Jug 16:17) et Samuel (#1S 1:11) y furent soumis toute leur vie, dès l’enfance. Les termes employés dans ce passage font penser aux instructions de l’ange adressées aux parents de Samson (#Jug 13:4-7). Cependant, aucune restriction n’est donnée ici quant au fait de couper les cheveux de Jean. Il est possible que Luc ait simplement omis ce détail afin de ne pas accabler son public non juif de détails de la loi juive.

 

dès le sein de sa mère. Cette expression rappelle l’histoire de Jérémie (#Jér 1:5) et illustre la souveraineté salvatrice de Dieu.

 

16  il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ;

17  il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Elie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé.

 

avec l’esprit et la puissance d’Elie. Comme Jean-Baptiste le ferait après lui, Elie était connu pour ses prises de position constantes, fermes et sans compromis en faveur de la Parole de Dieu, et ce même en présence d’un monarque cruel (cf. #1R 18:17-24 ; #Mr 6:15). Les deux derniers vv. de l’A.T. (#Mal 4:5-6) contiennent la promesse d’un retour d’Elie avant le jour de l’Eternel.

 

ramener les cœurs. Une reprise de #Mal 4:6 rappelant que Jean-Baptiste a accompli cette prophétie.

 

préparer. Certainement une allusion à #Esa 40:3-5

 

18  Zacharie dit à l’ange : A quoi reconnaîtrai-je cela ? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge.

 

A quoi reconnaîtrai-je cela? Abraham aussi demanda un signe dans des circonstances similaires (#Ge 15:8). Le signe donné à Zacharie constituait aussi un léger reproche pour ses doutes (v. #Lu 1:20).

 

19  L’ange lui répondit : Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu ; j’ai été envoyé pour te parler, et pour t’annoncer cette bonne nouvelle.

 

Gabriel. Littéralement « homme fort de Dieu ». Cet ange apparaît aussi en #Da 8:16 ; #Da 9:21. Michel (ou Micaël) et lui sont les seuls anges dont le nom soit précisé dans les Ecritures (#Da 10:13, #Da 10:21 ; #Jude 9 ; #Ap 12:7).

 

20  Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru à mes paroles, qui s’accompliront en leur temps.

21  Cependant, le peuple attendait Zacharie, s’étonnant de ce qu’il restait si longtemps dans le temple.

 

s’étonnant de ce qu’il restait si longtemps. Zacharie devait seulement offrir le parfum, avant de sortir pour prononcer la bénédiction habituelle de #No 6:23-27 sur ceux qui attendaient dans le parvis du temple. La conversation avec l’ange lui fit prendre du temps supplémentaire.

 

22  Quand il sortit, il ne put leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le temple ; il leur faisait des signes, et il resta muet.

23  Lorsque ses jours de service furent écoulés, il s’en alla chez lui.

 

ses jours de service. Ce service durait une semaine.

chez lui. Dans la campagne vallonnée de Judée (v. #Lu 1:39).

 

24  Quelque temps après, Elisabeth, sa femme, devint enceinte. Elle se cacha pendant cinq mois, disant:

 

se cacha. Probablement un acte de dévotion motivé par sa profonde gratitude envers le Seigneur.

 

25  C’est la grâce que le Seigneur m’a faite, quand il a jeté les yeux sur moi pour ôter mon opprobre parmi les hommes.

 

mon opprobre. Dans une société où les bénédictions dépendaient étroitement du droit d’aînesse et de la lignée familiale, l’absence d’enfant était mal perçue. La stérilité pouvait être le signe d’une disgrâce divine (#Lé 20:20-21); mais, même si ce n’était pas le cas (cf. #Ge 30:23 ; #1S 1:5-10), elle était source d’humiliation à cause de son caractère stigmatisant du point de vue social.

 

26 ¶  Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,

 

Au sixième mois. Le sixième mois de la grossesse d’Elisabeth.

 

27  auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie.

 

une vierge. On ne saurait trop insister sur l’importance de la naissance virginale. Jésus est né d’une femme vierge : cette vérité conditionne la bonne compréhension de l’incarnation. Luc et Matthieu affirment explicitement que Marie était vierge lorsque Jésus a été conçu. Le Saint-Esprit a opéré la conception d’une manière surnaturelle. La nature de la conception de Christ garantit sa divinité ainsi que sa pureté à l’égard du péché.

 

28  L’ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi.

 

à qui une grâce a été faite. Le même verbe est employé à propos de tous les croyants en #Ep 1:6, où il est traduit par « favorisés ». Marie est ici présentée comme la bénéficiaire, et non la dispensatrice, de la grâce divine.

 

29  Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation.

30  L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu.

 

Ne crains point. Gabriel s’était adressé de la même manière à Zacharie (v. #Lu 1:13).

 

31  Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.

 

Jésus. Ce nom signifie « Sauveur »

 

32  Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.

 

Il sera grand. La même promesse avait été faite à propos de Jean-Baptiste (v. #Lu 1:15). Cependant, le titre qui suit est spécifique à Jésus.

 

Fils du Très-Haut. #Lu 1:76, où Jean-Baptiste est appelé « prophète du Très-Haut ». Le mot grec utilisé par Luc pour ce titre est celui par lequel la LXX traduit l’expression hébraïque « le Dieu Très-Haut ». Appeler quelqu’un « fils » de telle personne équivalait à établir une égalité entre les deux, puisque le fils est porteur des caractéristiques de son père. Ainsi, l’ange dit à Marie que son fils sera l’égal du Dieu Très-Haut.

 

David, son père.  Jésus était le descendant de David au sens physique du terme par l’intermédiaire de Marie. Le trône de David est l’emblème du royaume messianique (cf. #2S 7:13-16 ; #Ps 89:27-30).

 

33  Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin.

 

sur la maison de Jacob éternellement. Cette expression met en valeur la dimension juive du royaume de mille ans, aussi bien que le caractère permanent de la souveraineté de Christ sur toute créature.

 

34  Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ?

 

je ne connais point d’homme. « Connaître » doit être compris au sens conjugal du terme. Marie comprit que l’ange parlait d’une conception immédiate, alors qu’elle était seulement fiancée à Joseph, avant que le mariage ait lieu et soit consommé. Sa question était le fruit de l’étonnement et non du doute ou de l’incrédulité, c’est pourquoi l’ange ne la reprit pas sur ce point, comme il l’avait fait pour Zacharie (v. #Lu 1:20).

 

35  L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.

 

Le Saint-Esprit viendra sur toi. Ce fut un acte de création de la part du Saint-Esprit, et non une sorte de cohabitation entre l’humain et le divin, présente dans bon nombre de mythologies païennes.

 

36  Voici, Elisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.

 

Elisabeth, ta parente. Nous avons toutes les raisons de croire que la généalogie de Luc 3:23-38 est celle de Marie ". Celle-ci serait donc une descendante directe de David. Elisabeth, quant à elle, descendait d’Aaron. Comment les deux femmes pouvaient-elles être parentes ? Par la mère de Marie, qui devait appartenir à la lignée d’Aaron ; c’était son père qui était un descendant de David.

 

37  Car rien n’est impossible à Dieu.

38  Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! Et l’ange la quitta.

 

qu’il me soit fait selon ta parole. Marie se trouverait dans une position difficile et extrêmement embarrassante : fiancée à Joseph, elle devrait faire face à la stigmatisation sociale des mères non mariées. Joseph saurait évidemment que l’enfant ne venait pas de lui. Elle savait qu’elle serait accusée d’adultère, un acte puni par la lapidation (#De 22:13-21 ; cf. #Jn 8:3-5). Cela ne l’empêcha pas de se soumettre de bon gré à la volonté de Dieu.

 

39 ¶  Dans ce même temps, Marie se leva, et s’en alla en hâte vers les montagnes, dans une ville de Juda.

40  Elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth.

41  Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit.

 

remplie du Saint-Esprit. Conduite par le Saint-Esprit, qui la guida certainement dans son acte d’adoration remarquable.

 

42  Elle s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni.

43  Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ?

 

la mère de mon Seigneur. Ces paroles ne furent pas prononcées à la louange de Marie, mais comme un acte d’adoration envers l’enfant qu’elle portait. Elisabeth manifesta ainsi sa pleine assurance que l’enfant de Marie serait le Messie tant attendu, celui que David appela « Seigneur » (cf. #Lu 20:44). Elisabeth avait une conscience de la situation tout à fait extraordinaire, étant donné le mystère qui entourait tous ces événements (cf. #Lu 2:19). Elle n’accueillit pas Marie avec scepticisme, mais avec joie. Elle comprit la réaction de l’enfant en son sein. Elle sembla aussi saisir toute l’importance de l’enfant que Marie allait avoir. Sans nul doute, cette compréhension approfondie doit être attribuée à l’œuvre de l’Esprit qui illumina Elisabeth (v. #Lu 1:41).

 

44  Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein.

 

l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein. Comme sa mère, l’enfant fut rempli de l’Esprit (cf. vv. #Lu 1:15, #Lu 1:41). Les deux agirent sous l’effet de l’action surnaturelle de l’Esprit de Dieu

 

45  Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement.

46  Et Marie dit : Mon âme exalte le Seigneur,

 

1:46-55

Le Magnificat de Marie (d’après le premier mot de la traduction latine, regorge de renvois à l’A.T., sous forme de citations directes ou d’allusions. Il témoigne du fait que le cœur et l’esprit de Marie étaient imprégnés de la Parole de Dieu. Plus d’une fois, on retrouve dans ces vv. l’écho des prières d’Anne, par exemple, #1S 1:11 ; #1S 2:1-10. Ils évoquent aussi, à plusieurs reprises, des passages de la loi, des psaumes et des prophètes. Le cantique dans son ensemble reprend, point par point, les promesses de l’alliance de Dieu.

 

47  Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,

 

mon Sauveur. En appelant Dieu son « Sauveur », Marie montrait à la fois qu’elle reconnaissait son besoin d’être sauvée et qu’elle connaissait le vrai Dieu comme étant celui qui lui accordait le salut. Rien dans ce passage, ni nulle part ailleurs dans l’Ecriture, ne suggère que Marie se considérait comme « immaculée » (pure à l’égard du péché originel). C’est plutôt le contraire qui est vrai, puisqu’elle employa le langage caractéristique d’une personne qui voit sa seule espérance de salut dans la grâce divine. De même, il n’y a dans ce passage rien qui présenterait Marie comme digne de recevoir l’adoration.

 

48  Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

 

la bassesse. Dans tout ce passage, la qualité qui transparaît le plus chez Marie, c’est son sens profond de l’humilité.

 

49  Parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint,

50  Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge Sur ceux qui le craignent.

51  Il a déployé la force de son bras ; Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses.

52  Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.

53  Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.

54  Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s’est souvenu de sa miséricorde, — 

55  Comme il l’avait dit à nos pères, — Envers Abraham et sa postérité pour toujours.

56  Marie demeura avec Elisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle.

 

environ trois mois. Marie arriva chez Elisabeth alors que celle-ci était dans son sixième mois de grossesse (v. #Lu 1:26). Il semble donc qu’elle y resta jusqu’à la naissance de Jean-Baptiste.

 

chez elle. A cette époque, Marie était seulement fiancée à Joseph et ne vivait pas encore dans sa maison (cf. #Mt 1:24).

 

57 ¶  Le temps où Elisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils.

58  Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle.

59  Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant, et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père.

 

Le huitième jour. Conformément au commandement de Dieu (#Ge 17:12 ; #Lé 12:1-3 ; cf. #Ph 3:5). Selon une coutume bien établie, l’enfant recevait son nom au moment de la circoncision. Ce rituel offrait l’occasion d’une rencontre entre amis et membres de la famille. Ici, tous les invités font pression pour que les parents donnent à l’enfant le prénom du père, certainement en signe de respect à l’égard de Zacharie.

 

60  Mais sa mère prit la parole, et dit : Non, il sera appelé Jean.

 

Non. Zacharie avait fait connaître à Elisabeth par écrit (v. #Lu 1:63) tout ce que Gabriel lui avait dit.

 

61  Ils lui dirent : Il n’y a dans ta parenté personne qui soit appelé de ce nom.

62  Et ils firent des signes à son père pour savoir comment il voulait qu’on l’appelle.

 

firent des signes à son père. Apparemment, les sacrificateurs chargés de la cérémonie de la circoncision pensaient que Zacharie était sourd aussi bien que muet.

 

63  Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit : Jean est son nom. Et tous furent dans l’étonnement.

64  Au même instant, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu.

65  La crainte s’empara de tous les habitants d’alentour, et, dans toutes les montagnes de la Judée, on s’entretenait de toutes ces choses.

 

toutes les montagnes de la Judée. C’est-à-dire Jérusalem et ses environs. La réputation de Jean-Baptiste commença à se répandre dès sa naissance (v. #Lu 1:66).

 

66  Tous ceux qui les apprirent les gardèrent dans leur cœur, en disant : Que sera donc cet enfant ? Et la main du Seigneur était avec lui.

67 ¶  Zacharie, son père, fut rempli du Saint-Esprit, et il prophétisa, en ces mots:

 

rempli du Saint-Esprit. Toutes les personnes remplies de l’Esprit, dans le récit de Luc, sont amenées à une adoration dirigée par l’Esprit. Cf. #Ep 5:18-20.

 

68  Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, De ce qu’il a visité et racheté son peuple,

 

1:68-79

Ce passage est connu sous le nom de Benedictus (le premier mot du v. 68 dans la version latine. Comme le Magnificat de Marie, il abonde d’allusions et de renvois à l’A.T. Zacharie devait prononcer une bénédiction dans le temple au moment où il devint muet (v. #Lu 1:20). Il n’est donc pas surprenant que, lorsqu’il recouvrit l’usage de la parole, les premiers mots sortis de sa bouche aient été une bénédiction.

 

69  Et nous a suscité un puissant Sauveur Dans la maison de David, son serviteur,

 

un puissant Sauveur. Littéralement « une corne de salut », expression fréquente dans l’A.T. (#2S 22:3 ; #Ps 18:3 ; cf. #1S 2:1). La corne symbolise la force (#De 33:17). Ces paroles n’avaient certainement pas pour propos d’exalter Jean-Baptiste. Comme Zacharie et Elisabeth étaient tous deux des Lévites, celui qui fut suscité « dans la maison de David » ne pouvait pas être Jean, mais quelqu’un de plus grand que lui (#Jn 1:26-27). Les vv. 76-79 décrivent le rôle de Jean.

 

70  Comme il l’avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, — 

71  Un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent !

72  C’est ainsi qu’il manifeste sa miséricorde envers nos pères, Et se souvient de sa sainte alliance,

 

sa sainte alliance. C’est-à-dire l’alliance abrahamique (v. #Lu 1:73), qui contenait la promesse du salut par grâce.

 

73  Selon le serment par lequel il avait juré à Abraham, notre père,

74  De nous permettre, après que nous serions délivrés de la main de nos ennemis, De le servir sans crainte,

75  En marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie.

76  Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; Car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,

77  Afin de donner à son peuple la connaissance du salut Par le pardon de ses péchés,

 

le pardon de ses péchés. Le pardon des péchés représente le cœur même du salut. C’est parce que Dieu pourvoit au sacrifice pour les péchés et qu’il les pardonne que les pécheurs sont sauvés de la séparation d’avec lui et de l’enfer éternel.

 

78  Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, En vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d’en haut,

 

le soleil levant. Un terme à signification messianique (cf. #Esa 9:1 ; #Esa 60:1-3 ; #Mal 4:2 ; #2P 1:19 ; #Ap 22:16).

 

79  Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, Pour diriger nos pas dans le chemin de la paix.

80  Or, l’enfant croissait, et se fortifiait en esprit. Et il demeura dans les déserts, jusqu’au jour où il se présenta devant Israël.

 

demeura dans les déserts. Plusieurs communautés d’ascètes demeuraient dans les régions désertiques à l’est de Jérusalem. La plus célèbre d’entre elles fut celle de Qumrân, à qui nous devons les célèbres manuscrits de la mer Morte. Il n’est pas impossible que les parents de Jean, très âgés au moment de sa naissance, l’aient confié aux soins d’une personne liée à l’une de ces communautés. D’une manière semblable, Anne avait consacré Samuel au Seigneur en le confiant à Elie (#1S 1:22-28). Cependant, l’Ecriture ne donne aucune indication formelle de l’appartenance de Jean à un tel groupe religieux. Bien au contraire, il est dépeint comme un personnage solitaire qui marchait dans les pas d’Elie.

 

MARC 02

1 ¶  En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre.

 

César Auguste. C’est-à-dire Octave, le petit-neveu, fils adoptif et héritier de Jules César. Avant et après la mort de César en 44 av. J.-C., le gouvernement romain fut sans cesse déchiré par des luttes de pouvoir. Octave s’acquit une domination sans partage en 31 av. J.-C. lorsqu’il vainquit Antoine, son dernier rival, à la bataille d’Actium. En 29 av. J.-C., les sénateurs romains l’élevèrent au rang de premier empereur. Deux années plus tard, ils l’honorèrent du titre d’« Auguste » (« vénérable », terme de respect à caractère religieux). Le gouvernement républicain de Rome fut aboli de fait, et Octave Auguste obtint le pouvoir militaire absolu. Il régna jusqu’à sa mort à l’âge de 76 ans (14 apr. J.-C.). Sous son règne, l’Empire romain s’étendit sur tout le pourtour méditerranéen, ouvrant ainsi la voie à une période de grande prospérité et de paix relative (la Pax Romana). Auguste donna l’ordre de recenser « toute la terre » (c’est-à-dire tous les territoires de l’Empire romain). Il ne s’agissait pas d’un événement unique : le décret précisait que le dénombrement des habitants de l’Empire devait avoir lieu tous les 14 ans. Il ne servait pas simplement à fournir des renseignements sur le nombre de citoyens romains, mais avant tout à faciliter l’enrôlement de jeunes hommes dans l’armée. Les Juifs étant exemptés du service militaire dans l’armée romaine, le territoire d’Israël avait auparavant échappé à cette obligation. Le but avoué de ce nouveau recensement universel était de dénombrer les membres de chaque nation, par famille et par tribu. (C’est la raison pour laquelle Joseph dut retourner sur la terre de ses ancêtres pour se faire inscrire;   Les biens de propriété et les revenus n’étaient pas consignés lors de l’inscription. Cependant, les noms et les diverses statistiques relatives à la population récoltés à cette occasion se révélèrent vite un moyen efficace pour lever des taxes. Comme il était la source de mesures impopulaires, le recensement prit pour les Juifs la valeur d’un symbole détestable de l’oppression romaine.

 

2  Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.

 

Quirinius était gouverneur de Syrie. Il n’est pas aisé de fixer la date précise de ce recensement. Publius Sulpicius Quirinius fut gouverneur de Syrie de 6 à 9 apr. J.-C. Il est aussi bien établi qu’un recensement eut lieu en Israël en l’an 6 apr. J.-C. Flavius Josèphe note que cette mesure fut à l’origine d’un violent soulèvement parmi les Juifs (mentionné aussi par Luc, dans la bouche de Gamaliel, en #Ac 5:37). Quirinius fut responsable de la conduite de ce recensement ; il joua aussi un rôle majeur dans la répression de la révolte qui s’ensuivit. Toutefois, ce recensement-là, qui intervint près d’une décennie après la mort d’Hérode   est bien trop tardif pour correspondre à la chronologie de Luc (cf. #Lu 1:5). Au regard du soin méticuleux apporté par celui-ci à son travail d’historien, il serait déraisonnable de l’accuser d’un anachronisme aussi flagrant. En conclusion, l’évangéliste doit parler d’un autre recensement. De fait, l’archéologie a donné raison à Luc. Un fragment de pierre découvert à Tivoli (près de Rome) en 1764 apr. J.-C. contient une inscription en l’honneur d’un officiel romain qui fut à deux reprises gouverneur de Syrie et de Phénicie durant le règne d’Auguste. Le texte fait état des actes de ce personnage, mais son nom ne figure pas sur le fragment. Cependant, et jusqu’à preuve du contraire, certains détails qui y sont mentionnés ne peuvent s’appliquer qu’à Quirinius. Il a donc servi en tant que gouverneur de Syrie à deux reprises. Il remplissait probablement la fonction de gouverneur militaire à l’époque où les documents historiques situent Varus comme le gouverneur civil. En ce qui concerne la datation du recensement, certains documents anciens trouvés en Egypte mentionnent un recensement du monde entier, ordonné en 8 av. J.-C. Cette date non plus n’est pas sans poser quelques problèmes. Les spécialistes s’accordent généralement à situer la naissance de Christ en l’an 6 av. J.-C. au plus tôt. De toute évidence, le recensement fut ordonné par César Auguste en 8 av. J.-C., mais ne fut effectivement mené en Israël que 2 à 4 ans plus tard, peut-être en raison de tensions politiques entre Rome et Hérode. Par conséquent, l’année précise de la naissance de Christ ne peut être connue avec certitude. On peut seulement affirmer qu’elle ne se situe probablement pas avant 6 av. J.-C. et certainement pas après 4 av. J.-C. Les lecteurs de Luc, au courant des événements politiques de cette époque, n’éprouvaient certainement aucune difficulté à déduire une date précise des informations qu’il leur donnait.

 

3  Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville.

 

sa ville. La ville d’origine de sa famille.

 

4  Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David,

 

Nazareth …  Bethléhem. Joseph et Marie étaient tous deux des descendants de David, c’est pourquoi ils se rendirent en Judée, dans le lieu d’origine de leur famille, pour se faire enregistrer. Ce voyage pénible de plus de 110 km, à travers un terrain montagneux, fut d’autant plus exténuant pour Marie qu’elle était sur le point d’accoucher. Peut-être, étaient-ils tous deux conscients qu’une naissance à Bethléhem accomplirait la prophétie de #Mi 5:1.

 

5  afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.

 

fiancée. #Mt 1:24 indique que, lorsque l’ange apprit à Joseph que Marie était enceinte, celui-ci « prit sa femme avec lui », pour qu’elle habite désormais dans sa maison. Cependant, leur mariage ne fut pas consommé avant la naissance de Jésus (#Mt 1:25). Par conséquent, en ce qui concerne leur relation physique, ils étaient toujours fiancés.

 

6  Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva,

7  et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

 

premier-né. Marie eut d’autres enfants par la suite.

 

l’emmaillota. La layette de l’époque consistait en bandes de tissu dont on enveloppait serré le bébé, ses mains le long du corps et ses jambes droites. Ainsi, l’enfant ne risquait pas de se blesser le visage ou les yeux avec ses propres ongles (souvent pointus) ; en outre, la coutume y voyait un moyen de fortifier les membres. Cette tradition perdure dans certaines cultures orientales. L’absence de langes dénotait un état de pauvreté ou un manque de soin parental (#Ez 16:4).

 

crèche. Une mangeoire pour animaux. C’est ce mot, et lui seul en l’absence d’autres indications dans l’Ecriture - qui est à l’origine de l’idée que Christ est né dans une étable. Selon une ancienne tradition, il serait né dans une grotte (qui pouvait servir d’abri pour animaux). Cependant, le récit ne fournit aucune description de l’endroit.

 

il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Probablement en raison du grand nombre de personnes qui retournaient dans cette ville ancienne pour s’inscrire dans le cadre du recensement.

 

8 ¶  Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux.

 

bergers. Comme Bethléhem se trouvait près de Jérusalem, nombre d’agneaux sacrifiés dans le temple provenaient de là. Les collines environnantes constituaient des pâturages de premier ordre ; les bergers y travaillaient jour et nuit tout au long de l’année. Le fait que les bergers vivaient dans les champs ne permet donc nullement de tirer une conclusion quant à la saison.

 

9  Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur.

10  Mais l’ange leur dit : Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie:

11  c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.

 

la ville de David. C’est-à-dire Bethléhem, la ville dans laquelle David est né, et non la cité de David, qui se trouvait sur le versant sud du mont Sion (cf. #2S 5:7-9).

 

un Sauveur. Ce terme n’est utilisé à propos de Christ que deux fois dans les Evangiles, ici et en #Jn 4:42, lorsque les habitants de Sychar reconnaissent en lui le « Sauveur du monde ».

 

Christ. Ce mot est l’équivalent grec de l’hébreux « Messie »

 

Seigneur. Le mot grec peut signifier « maître », mais il est aussi employé comme nom de Dieu depuis l’alliance. Dans ce passage (et dans la plupart de ses occurrences dans le N.T.), il est utilisé dans son second sens en tant que titre de divinité.

 

12  Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche.

13  Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant:

 

armée. Le terme désigne un campement militaire. Christ employa aussi une symbolique militaire pour décrire les anges en #Mt 26:53. #Ap 5:11 suggère que le nombre d’armées angéliques dépasse tout ce que l’esprit humain peut concevoir. Fait remarquable, dans ce v., l’armée céleste apporte un message de paix (v. #Lu 2:14).

 

14  Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée !

 

les lieux très hauts. C’est-à-dire le ciel.

 

paix. Il ne s’agit pas ici d’une déclaration universelle de paix envers l’humanité dans son ensemble; la paix avec Dieu est toujours le corollaire de la justification.

 

les hommes qu’il agrée. Pour « qu’il agrée », le grec emploie un mot qui signifie « bonne volonté, bienveillance », mais aussi « plaisir, satisfaction ». Le même terme apparaît en #Lu 10:21 ; sa forme verbale est employée en #Lu 3:22 et #Lu 12:32. Dans chacun des cas, il s’agit du bon plaisir souverain de Dieu. Par conséquent, ce passage peut signifier « paix aux hommes en qui Dieu trouve son plaisir ». La paix de Dieu est un don gratuit pour ceux qui sont les bénéficiaires de la bonne volonté de Dieu, et non une récompense pour ceux qui font preuve de bonne volonté.

15  Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.

 

Tous …  furent dans l’étonnement. L’émerveillement devant le mystère des paroles et de l’œuvre de Christ est présent en filigrane tout au long de l’Evangile de Luc. Cf. vv. #Lu 2:19, #Lu 2:33, #Lu 2:47-48 ; #Lu 1:21, #Lu 1:63 ; #Lu 4:22, #Lu 4:36 ; #Lu 5:9 ; #Lu 8:25 ; #Lu 9:43-45 ; #Lu 11:14 ; #Lu 20:26 ; #Lu 24:12, #Lu 24:41.

 

16  Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.

17  Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant.

18  Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers.

19  Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur.

20  Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

 

louant Dieu. Luc rapporte souvent de telles réactions. #Lu 2:28 ; #Lu 1:64 ; #Lu 5:25-26 ; #Lu 7:16 ; #Lu 13:13 ; #Lu 17:15-18 ; #Lu 18:43 ; #Lu 19:37-40 ; #Lu 23:47 ; #Lu 24:52-53.

 

21 ¶  Le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus, nom qu’avait indiqué l’ange avant qu’il fût conçu dans le sein de sa mère.

22  Et, quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur, — 

 

leur purification. Une femme qui mettait au monde un fils était rituellement impure pendant 40 jours (cette période était doublée en cas de naissance d’une fille, #Lé 12:2-5). Après cette période, elle devait offrir en sacrifice un agneau d’un an et un jeune pigeon ou une tourterelle (#Lé 12:6). Si elle était pauvre, elle pouvait offrir deux tourterelles ou deux pigeons (#Lé 12:8).

 

à Jérusalem. Un voyage d’une dizaine de kilomètres depuis Bethléhem.

 

pour le présenter au Seigneur. La consécration du premier-né était aussi requise par la loi de Moïse (v. #Lu 2:23, cf. #Ex 13:2, #Ex 13:12-15).

 

23  suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur, — 

24  et pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur.

 

L’offrande de Marie indique clairement qu’elle et son époux étaient pauvres (v. #Lu 2:24).

 

Citation basée sur #Lé 12:8.

 

25 ¶  Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui.

 

Siméon. Ce personnage n’est mentionné nulle part ailleurs dans l’Ecriture.

 

la consolation d’Israël. Son attente était basée sur des vv. tels que #Esa 25:9 ; #Esa 40:1-2 ; #Esa 66:1-11. Cette expression peut être considérée aussi comme un titre messianique.

 

26  Il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.

 

divinement averti. Le fait est significatif : malgré l’ardeur de l’attente du Messie (cf. #Lu 3:15) et les nombreuses prophéties annonçant sa venue, seules quelques personnes comprirent ce que signifiait la naissance de Jésus. La plupart d’entre elles reçurent, comme Siméon, un message angélique ou une autre révélation spéciale afin qu’elles puissent comprendre que les prophéties de l’A.T. étaient en train de s’accomplir.

 

27  Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi,

28  il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit:

29  Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S’en aller en paix, selon ta parole.

 

2:29-32

Le cantique de Siméon est connu sous le nom de Nunc dimittis, d’après les deux premiers mots de la traduction latine. Il est le quatrième d’une série de cinq cantiques de louange cités par Luc dans son récit de la nativité. Il exprime d’une manière émouvante la foi extraordinaire de Siméon.

 

30  Car mes yeux ont vu ton salut,

 

ton salut. C’est-à-dire celui qui allait racheter le peuple de Dieu de ses péchés.

 

31  Salut que tu as préparé devant tous les peuples,

 

tous les peuples. Toutes les nations, de toute langue et toute tribu (cf. #Ap 7:9), aussi bien Israël que les nations païennes (v. #Lu 2:32).

 

32  Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d’Israël, ton peuple.

33  Son père et sa mère étaient dans l’admiration des choses qu’on disait de lui.

34  Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère : Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction,

 

la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Pour ceux qui le rejettent, Christ est une pierre d’achoppement (#1Pi 2:7-8); ceux qui le reçoivent au contraire sont élevés (#Ep 2:6). Cf. #Esa 8:14-15 ; #Os 14:9 ; #1Co 1:23-24.

 

la contradiction. Emploi synecdotique du terme: Siméon ne mentionne explicitement que les insultes verbales qui seront plus tard proférées contre Christ, mais il englobe aussi le rejet et la haine, qui conduiront jusqu’à la crucifixion, avec lesquels Israël allait accueillir son Messie.

 

35  et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées.

 

une épée. Ce mot symbolise sans aucun doute la douleur et la peine qu’éprouverait Marie lorsqu’elle verrait son fils mourir dans de terribles souffrances (#Jn 19:25).

 

afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. En rejetant le Messie, les Juifs feraient éclater au grand jour la vérité effroyable sur le degré de leur apostasie.

 

36  Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité.

 

une prophétesse. Une femme qui exposait la Parole de Dieu. Elle enseignait l’A.T., mais n’était pas elle-même une source de révélation. L’A.T. ne fait mention que de trois femmes qui avaient prophétisé : Marie, la sœur de Moïse (#Ex 15:20); Débora (#Jug 4:4) et Hulda (#2R 22:14 ; #2Ch 34:22). Une quatrième, la « prophétesse » Noadia, était de toute évidence une fausse prophétesse, puisque Néhémie la cite parmi ses ennemis (#Né 6:14). #Esa 8:3 qualifie de « prophétesse » la femme du prophète, mais rien ne permet d’affirmer qu’elle prophétisait réellement; l’emploi de ce terme à son sujet peut s’expliquer par le fait que son enfant reçut un nom prophétique (#Esa 8:3-4). Il indique aussi que la personne désignée par le nom de prophète n’était pas nécessairement investie d’un ministère prophétique consistant à apporter des révélations de Dieu. La tradition rabbinique comptait quatre prophétesses en plus des trois déjà citées : Sara, Anne, Abigaïl et Esther (probablement dans le but de parvenir au nombre de 7). Dans le N.T., les filles de Philippe prophétisaient.

 

37  Restée veuve, et âgée de quatre vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière.

 

ne quittait pas le temple. De toute évidence, elle avait pris ses quartiers sur le territoire du temple. Les sacrificateurs disposaient d’un certain nombre de lieux d’habitation dans la cour extérieure ; Anne avait certainement reçu l’autorisation d’y demeurer de manière permanente en raison de son statut inhabituel de prophétesse.

 

38  Etant survenue, elle aussi, à cette même heure, elle louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

39  Lorsqu’ils eurent accompli tout ce qu’ordonnait la loi du Seigneur, Joseph et Marie retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville.

 

retournèrent en Galilée. Luc ne mentionne pas la visite des mages et la fuite en Egypte (#Mt 2:1-18). Le thème du rejet précoce, si cher à Matthieu, n’était en effet pas le centre de son attention.

 

40  Or, l’enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

41 ¶  Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque.

 

la fête de Pâque. La Pâque durait un seul jour et était immédiatement suivie de la fête des pains sans levain qui s’étendait sur une semaine.

 

42  Lorsqu’il fut âgé de douze ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête.

43  Puis, quand les jours furent écoulés, et qu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem. Son père et sa mère ne s’en aperçurent pas.

 

Jésus resta. En contraste frappant avec les affabulations des évangiles apocryphes sur les miracles de jeunesse et les exploits surnaturels de Jésus, cette unique allusion biblique à sa jeunesse le présente comme un garçon ordinaire dans une famille ordinaire. Si Jésus était resté seul à Jérusalem, ce n’était pas par espièglerie ou par désobéissance. Ses parents crurent à tort qu’il les accompagnait (v. #Lu 2:44) et le laissèrent, sans le savoir, dans la ville.

 

44  Croyant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin, et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances.

 

avec leurs compagnons. Joseph et Marie voyageaient visiblement dans une longue caravane de parents et d’amis de Nazareth. Il est fort probable que des centaines de personnes de leur communauté se soient rendues ensemble à la fête. Les hommes et les femmes d’un tel groupe voyageaient à une certaine distance les uns des autres. Il semble que chacun des parents croyait Jésus avec l’autre.

 

45  Mais, ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher.

46  Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant.

 

trois jours. Cela ne signifie pas forcément qu’ils cherchèrent Jésus dans tout Jérusalem pendant trois jours. Il semble qu’ils s’étaient rendu compte de son absence après toute une journée de voyage. Il leur fallut une autre journée pour revenir à Jérusalem ; la plus grande partie de la journée suivante fut consacrée aux recherches dans la ville.

 

les écoutant et les interrogeant. Il se montrait plein de respect, et son attitude était celle d’un étudiant. Mais même à ce jeune âge, ses questions laissaient transparaître une sagesse qui laissait les enseignants perplexes.

 

47  Tous ceux qui l’entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses.

48  Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit : Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse.

 

pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Les paroles de Marie sont teintées d’exaspération et de reproche. Son attitude est celle de toutes les mères dans des circonstances semblables, mais elle n’est pas appropriée dans ce cas. Jésus ne se cachait pas d’eux et ne cherchait pas plus à défier leur autorité. En réalité, il avait fait exactement ce que tout enfant devrait faire dans une telle situation (c’est-à-dire lorsqu’il est oublié par ses parents): se rendre dans un lieu public où il était en sécurité, en présence d’adultes dignes de confiance, là où ses parents ne manqueraient pas de le chercher (v. #Lu 2:49).

 

ton père. Joseph, son père légal.

 

49  Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ?

 

affaires de mon Père. Ces paroles contrastent avec la question de Marie (« ton père », v. 48). Sans la moindre insolence, Jésus se montre sincèrement étonné que ses parents n’aient pas su où le chercher. Sa réponse révèle aussi qu’il avait une conscience claire de son identité et de sa mission, même aussi jeune.

 

50  Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

51  Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur.

 

soumis. La relation de Jésus avec son Père céleste n’annulait pas ses devoirs à l’égard de ses parents terrestres. Son obéissance au cinquième commandement fut un élément essentiel de son obéissance parfaite à la loi, qu’il mit en pratique pour notre salut (#Hé 5:8-9). Il devait accomplir toute la justice de Dieu.

 

52  Et Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

 

Et Jésus croissait. Jésus n’a pas cessé d’être Dieu et ne s’est pas dépouillé de ses attributs divins dans le but de devenir homme. En réalité, il a pris la nature humaine (une addition, non une soustraction) et a soumis l’usage de ses attributs divins à la volonté du Père (#Jn 5:19, #Jn 5:30 ; #Jn 8:28 ; #Ph 2:5-8). Par conséquent, dans certaines occasions, son omniscience s’est manifestée (#Mt 9:4 ; #Jn 2:24-25 ; #Jn 4:17-18 ; #Jn 11:11-14 ; #Jn 16:30), tandis que dans d’autres elle a été voilée par son humanité, en accord avec la volonté du Père (#Mr 13:32). Christ était donc soumis au processus habituel de la croissance humaine, dans le domaine intellectuel aussi bien que physique, spirituel et social.

 

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