JOUR 189

09/03/2018 05:56

ECCLÉSIASTE 01-02-03-04

 

ECCLÉSIASTE introduction et 1

INTRODUCTION AU LIVRE DE L’ECCLÉSIASTE
(És 40:6-8. 1 Jn 2:17. Jn 4:13. 2 Co 4:18.)
Ce livre, encore appelé Qohéleth, est un recueil de réflexions sur la vie et surtout sur la perplexité et le sens du bonheur humain. Selon l’auteur et son expérience, tout est précaire sous le soleil.
«Moi, l’Ecclésiaste, j’ai été roi d’Israël» : ainsi se présente l’auteur de cette série de réflexions réalistes frisant parfois le pessimisme, l’épicurisme, le fatalisme et la révolte contre tout objet de foi.
La vie n’a pas de sens, confesse ce roi après son bilan négatif de l’expérience vécue (1–2). Il y a un temps pour toutes choses et tout se termine par la mort (3). Il note cependant l’existence de certaines différences: mieux vaut être mort que vivant dans certaines situations. Mieux vaut le repos que le travail. Mieux vaut être à deux que tout seul (4). Il faut cependant éviter les abus de la parole de l’autorité, même si on est riche (5). À quoi sert une longue vie sans bonheur: soyons sages (6–7)!
Au regard de cette sagesse humaine, l’on est limité devant le roi et son pouvoir, face à l’avenir et au regard du mystère de l’œuvre de Dieu (8). En substance, chaque lecteur est invité à faire preuve de sagesse, d’humilité et de prudence dans tous les domaines de la vie terrestre.
Un même sort attend tous les êtres vivants. Le malheur arrive à tous à l’improviste. La sagesse est le plus souvent méconnue. Cependant, il faut jouir de la vie comme d’un don de Dieu (9–10). Il importe donc de savoir prendre des risques, de jouir de la vie avec discernement (11) et d’être conscient que la mort est imminente pour tous. Que faire alors? «Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit faire tout homme»(12:15).
En somme, ce livre remet en cause les prétendues évidences concernant le travail (1:12–2:11), la sagesse (2:12-13), la vie humaine (3:18-22; 8:1-8), la justice (3:16s; 8:14), les biens matériels (5:7–6:12) et même la religion traditionnelle (4:17–5:6).
Qohéleth (en hébreu) est particulièrement favorable à la formule traditionnellement rendue par «vanité des vanités, tout est vanité». Cette tournure superlative en hébreu signifie littéralement «buée, vapeur, haleine». L’expression habél habélim hakol habél serait mieux rendue par précarité des précarités, tout est précaire.
Le livre de l’Ecclésiaste nous rappelle qu’il n’y a pas de vraie foi en Dieu sans un regard lucide et objectif sur la condition humaine. Nous avons ici une sorte d’investigation sur ce que se passe sur la terre: l’impossibilité de connaître les plans de l’Éternel pour le monde, inhérente à la condition humaine, l’insécurité causée par la menace constante de la mort qui survient à l’improviste. Précarité des précarités, tout est précaire!
 
ECCLÉSIASTE 1
V. 1-11: cf. Ec 12:10-12. Ro 8:20, 22.
1Paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem. 2Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. 3Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil? 4Une génération s’en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours. 5Le soleil se lève, le soleil se couche; il soupire après le lieu d’où il se lève de nouveau. 6Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits. 7Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est point remplie; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent. 8Toutes choses sont en travail au-delà de ce qu’on peut dire; l’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre. 9Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. 10S’il est une chose dont on dise: Vois ceci, c’est nouveau! Cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. 11On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
V. 12-18: cf. 1 R 4:29, etc. Ec 8:16, 17.
12Moi, l’Ecclésiaste, j’ai été roi d’Israël à Jérusalem. 13J’ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c’est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l’homme. 14J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent. 15Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté. 16J’ai dit en mon cœur: Voici, j’ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science. 17J’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j’ai compris que cela aussi c’est la poursuite du vent. 18Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.
 
ECCLÉSIASTE 2
V. 1-11: cf. (Lu 16:19-26. Mt 16:26, 27.) 1 Jn 2:15-17.
1J’ai dit en mon cœur: Allons! Je t’éprouverai par la joie, et tu goûteras le bonheur. Et voici, c’est encore là une vanité. 2J’ai dit du rire: Insensé! Et de la joie: A quoi sert-elle? 3Je résolus en mon cœur de livrer ma chair au vin, tandis que mon cœur me conduirait avec sagesse, et de m’attacher à la folie jusqu’à ce que je visse ce qu’il est bon pour les fils de l’homme de faire sous les cieux pendant le nombre des jours de leur vie. 4J’exécutai de grands ouvrages: je me bâtis des maisons; je me plantai des vignes; 5je me fis des jardins et des vergers, et j’y plantai des arbres à fruit de toute espèce; 6je me créai des étangs, pour arroser la forêt où croissaient les arbres. 7J’achetai des serviteurs et des servantes, et j’eus leurs enfants nés dans la maison; je possédai des troupeaux de bœufs et de brebis, plus que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. 8Je m’amassai de l’argent et de l’or, et les richesses des rois et des provinces. Je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fils de l’homme, des femmes en grand nombre. 9Je devins grand, plus grand que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. Et même ma sagesse demeura avec moi. 10Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les en ai point privés; je n’ai refusé à mon cœur aucune joie; car mon cœur prenait plaisir à tout mon travail, et c’est la part qui m’en est revenue. 11Puis, j’ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j’avais prise à les exécuter; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n’y a aucun avantage à tirer de ce qu’on fait sous le soleil.
V. 12-26: cf. (Ec 8:1, 5, 6; 9:1-9.) Ps 49:7, etc.
12 Alors j’ai tourné mes regards vers la sagesse, et vers la sottise et la folie. Car que fera l’homme qui succédera au roi? Ce qu’on a déjà fait. 13Et j’ai vu que la sagesse a de l’avantage sur la folie, comme la lumière a de l’avantage sur les ténèbres; 14le sage a ses yeux à la tête, et l’insensé marche dans les ténèbres. Mais j’ai reconnu aussi qu’ils ont l’un et l’autre un même sort. 15Et j’ai dit en mon cœur: J’aurai le même sort que l’insensé; pourquoi donc ai-je été plus sage? Et j’ai dit en mon cœur que c’est encore là une vanité. 16Car la mémoire du sage n’est pas plus éternelle que celle de l’insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié. Eh quoi! Le sage meurt aussi bien que l’insensé! 17Et j’ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m’a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. 18J’ai haï tout le travail que j’ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l’homme qui me succédera. 19Et qui sait s’il sera sage ou insensé? Cependant il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. C’est encore là une vanité. 20Et j’en suis venu à livrer mon cœur au désespoir, à cause de tout le travail que j’ai fait sous le soleil. 21Car tel homme a travaillé avec sagesse et science et avec succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s’en est point occupé. C’est encore là une vanité et un grand mal. 22Que revient-il, en effet, à l’homme de tout son travail et de la préoccupation de son cœur, objet de ses fatigues sous le soleil? 23Tous ses jours ne sont que douleur, et son partage n’est que chagrin; même la nuit son cœur ne repose pas. C’est encore là une vanité. 24Il n’y a de bonheur pour l’homme qu’à manger et à boire, et à faire jouir son âme du bien-être, au milieu de son travail; mais j’ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu. 25Qui, en effet, peut manger et jouir, si ce n’est moi? 26Car il donne à l’homme qui lui est agréable la sagesse, la science et la joie; mais il donne au pécheur le soin de recueillir et d’amasser, afin de donner à celui qui est agréable à Dieu. C’est encore là une vanité et la poursuite du vent.
 
ECCLÉSIASTE 3
V. 1-15: cf. Ec 8:5-8, 15-17. És 28:23-29. Ps 33:8-11.
1Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux: 2un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté; 3un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir; 4un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser; 5un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s’éloigner des embrassements; 6un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter; 7un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler; 8un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. 9Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine? 10J’ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l’homme. 11Il fait toute chose bonne en son temps; même il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin. 12J’ai reconnu qu’il n’y a de bonheur pour eux qu’à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie; 13mais que, si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c’est là un don de Dieu. 14J’ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu’il n’y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu’on le craigne. 15Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui est passé.
V. 16-22: cf. (Ec 5:7; 12:15, 16.) (Ec 12:9; 9:1-10.)
16J’ai encore vu sous le soleil qu’au lieu établi pour juger il y a de la méchanceté, et qu’au lieu établi pour la justice il y a de la méchanceté. 17J’ai dit en mon cœur: Dieu jugera le juste et le méchant; car il y a là un temps pour toute chose et pour toute œuvre. 18J’ai dit en mon cœur, au sujet des fils de l’homme, que Dieu les éprouverait, et qu’eux-mêmes verraient qu’ils ne sont que des bêtes. 19Car le sort des fils de l’homme et celui de la bête sont pour eux un même sort; comme meurt l’un, ainsi meurt l’autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l’homme sur la bête est nulle; car tout est vanité. 20Tout va dans un même lieu; tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière. 21Qui sait si le souffle des fils de l’homme monte en haut, et si le souffle de la bête descend en bas dans la terre? 22Et j’ai vu qu’il n’y a rien de mieux pour l’homme que de se réjouir de ses œuvres: c’est là sa part. Car qui le fera jouir de ce qui sera après lui?
 
ECCLÉSIASTE 4
V. 1-3: cf. Job 3:11-22.
1J’ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil; et voici, les opprimés sont dans les larmes, et personne qui les console! Ils sont en butte à la violence de leurs oppresseurs, et personne qui les console! 2Et j’ai trouvé les morts qui sont déjà morts plus heureux que les vivants qui sont encore vivants, 3et plus heureux que les uns et les autres celui qui n’a point encore existé et qui n’a pas vu les mauvaises actions qui se commettent sous le soleil.
V. 4-16: cf. Pr 26:13-16. Lu 12:15-21.
4J’ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n’est que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain. C’est encore là une vanité et la poursuite du vent. 5L’insensé se croise les mains, et mange sa propre chair. 6Mieux vaut une main pleine avec repos, que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent. 7J’ai considéré une autre vanité sous le soleil. 8Tel homme est seul et sans personne qui lui tienne de près, il n’a ni fils ni frère, et pourtant son travail n’a point de fin et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Pour qui donc est-ce que je travaille, et que je prive mon âme de jouissances? C’est encore là une vanité et une chose mauvaise. 9Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. 10Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever! 11De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud? 12Et si quelqu’un est plus fort qu’un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. 13Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu’un roi vieux et insensé qui ne sait plus écouter les avis; 14car il peut sortir de prison pour régner, et même être né pauvre dans son royaume. 15J’ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil entourer l’enfant qui devait succéder au roi et régner à sa place. 16Il n’y avait point de fin à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il était. Et toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à son sujet. Car c’est encore là une vanité et la poursuite du vent.
4 v. 17 à 5 v. 6: cf. (1 S 15:22. Jé 7:21-23.) De 23:21-23.
17Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu; approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu’ils font mal.
 
 

 

 

 

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