JOUR 51 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

02/10/2018 00:19

JOUR 51 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

ACTES 12 ET 13

 

ACTES 12 * 1 à 25


1 ¶  Vers le même temps, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l’Église,

le roi Hérode. Hérode Agrippa Ier, qui régna de 37 à 44, était le petit-fils d’Hérode le Grand. Il avait contracté de nombreuses dettes à Rome et avait dû se réfugier en Israël. Fait prisonnier par l’empereur Tibère suite à quelques propos déplacés, il fut libéré après la mort de celui-ci, puis nommé gouverneur de la partie nord d’Israël, à laquelle s’ajoutèrent, en 41, la Judée et la Samarie. Il persécuta les chrétiens pour gagner les faveurs des Juifs qui, en retour, faisaient office de rempart protecteur dans sa relation instable avec Rome.

 

2  et il fit mourir par l’épée Jacques, frère de Jean.

par l’épée. Ce moyen d’exécution indique que Jacques fut accusé d’inciter les gens à suivre de faux dieux (cf. #De 13:12-15).

Jacques. Il fut le premier apôtre à connaître le martyre.

 

3  Voyant que cela était agréable aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre. — C’était pendant les jours des pains sans levain. — 

pendant les jours des pains sans levain. La fête d’une semaine qui suivait la Pâque. Le premier jour des pains sans levain. Les agneaux de la Pâque étaient tués (#Mr 14: 12) le 14 du mois de Nisan (mars/avril), et le soir de ce jour-là, les Juifs mangeaient le repas de la Pâque. La fête des pains sans levain avait lieu immédiatement après la Pâque, du 15 au 21 Nisan. La totalité de cette période festive était désignée sous le nom de Pâque (#Lu 22: 1) ou de fête des pains sans levain. Par conséquent, le « premier jour » était bien le 14 Nisan.

 

4  Après l’avoir saisi et jeté en prison, il le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune, avec l’intention de le faire comparaître devant le peuple après la Pâque.

quatre escouades. Chaque escouade était composée de quatre soldats et surveillait Pierre à tour de rôle. Deux gardes étaient constamment enchaînés à lui, tandis que les deux autres se tenaient devant la porte de la cellule (v. #Ac 12: 6).

 

5 ¶  Pierre donc était gardé dans la prison ; et l’Église ne cessait d’adresser pour lui des prières à Dieu.

6  La nuit qui précéda le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, lié de deux chaînes, dormait entre deux soldats ; et des sentinelles devant la porte gardaient la prison.

7  Et voici, un ange du Seigneur survint, et une lumière brilla dans la prison. L’ange réveilla Pierre, en le frappant au côté, et en disant : Lève-toi promptement ! Les chaînes tombèrent de ses mains.

8  Et l’ange lui dit : Mets ta ceinture et tes sandales. Et il fit ainsi. L’ange lui dit encore : Enveloppe-toi de ton manteau, et suis-moi.

9  Pierre sortit, et le suivit, ne sachant pas que ce qui se faisait par l’ange fût réel, et s’imaginant avoir une vision.

10  Lorsqu’ils eurent passé la première garde, puis la seconde, ils arrivèrent à la porte de fer qui mène à la ville, et qui s’ouvrit d’elle-même devant eux ; ils sortirent, et s’avancèrent dans une rue. Aussitôt l’ange quitta Pierre.

11  Revenu à lui-même, Pierre dit : Je vois maintenant d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a délivré de la main d’Hérode et de tout ce que le peuple juif attendait.

12  Après avoir réfléchi, il se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient.

Marie. C’était la tante de Barnabas, puisque Marc est appelé cousin de celui-ci en #Col 4:10.

Jean, surnommé Marc. Cousin de Barnabas (#Col 4:10) et auteur du deuxième Évangile. Lors de la rédaction de celui-ci, il bénéficia de l’aide de Pierre, dont il avait fait la connaissance dans sa jeunesse (#1Pi 5:13). Il accompagna Paul et Barnabas à Antioche (v. #Ac 12:25) et plus tard à Chypre (#Ac 13:4-5), mais les quitta à Perge (#Ac 13: 13). En raison de cette défection, Paul refusa de l’emmener lors de son deuxième voyage missionnaire (#Ac 15:36-41); cependant, Barnabas le prit avec lui à Chypre (#Ac 15: 39). Il n’est plus mentionné avant de réapparaître aux côtés de Paul, à Rome, en tant que compagnon d’œuvre reconnu (#Col 4:10 ; #Phm 24). Il est alors qualifié d’utile par l’apôtre, qui sollicite sa présence lors de son deuxième emprisonnement à Rome (#2Ti 4:11).

 

13  Il frappa à la porte du vestibule, et une servante, nommée Rhode, s’approcha pour écouter.

14  Elle reconnut la voix de Pierre ; et, dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle courut annoncer que Pierre était devant la porte.

15  Ils lui dirent : Tu es folle. Mais elle affirma que la chose était ainsi. (12-16) Et ils dirent: C’est son ange.

12:15-16

son ange. Selon une superstition juive, chacun possède son propre ange gardien qui peut prendre son apparence.

 

16  Cependant Pierre continuait à frapper. Ils ouvrirent, et furent étonnés de le voir.

17  Pierre, leur ayant de la main fait signe de se taire, leur raconta comment le Seigneur l’avait tiré de la prison, et il dit : Annoncez-le à Jacques et aux frères. Puis il sortit, et s’en alla dans un autre lieu.

Jacques. Le frère du Seigneur. Il était à ce moment-là responsable de l’Église de Jérusalem.

il sortit. Hormis une brève apparition au ch. #Ac 15, Pierre disparaît de la scène, tandis que le reste du livre des Actes se focalise sur Paul et son ministère.

 

18  Quand il fit jour, les soldats furent dans une grande agitation, pour savoir ce que Pierre était devenu.

19  Hérode, s’étant mis à sa recherche et ne l’ayant pas trouvé, interrogea les gardes, et donna l’ordre de les mener au supplice. Ensuite il descendit de la Judée à Césarée, pour y séjourner.

Hérode. Hérode Agrippa Ier, qui régna de 37 à 44, était le petit-fils d’Hérode le Grand. Il avait contracté de nombreuses dettes à Rome et avait dû se réfugier en Israël. Fait prisonnier par l’empereur Tibère suite à quelques propos déplacés, il fut libéré après la mort de celui-ci, puis nommé gouverneur de la partie nord d’Israël, à laquelle s’ajoutèrent, en 41, la Judée et la Samarie. Il persécuta les chrétiens pour gagner les faveurs des Juifs qui, en retour, faisaient office de rempart protecteur dans sa relation instable avec Rome.

mener au supplice. D’après le Code justinien (ix. 4:4), le garde qui laissait un prisonnier s’échapper devait être condamné à la même peine que celui-ci.

Césarée. Cf. #Ac 8:40. Une ville importante de la Méditerranée, située à près de 50 km au nord de Joppé. C’était la capitale de la province romaine de Judée, ainsi que la demeure du procurateur romain et le quartier général d’une garnison romaine importante.

 

20 ¶  Hérode avait des dispositions hostiles à l’égard des Tyriens et des Sidoniens. Mais ils vinrent le trouver d’un commun accord ; et, après avoir gagné Blaste, son chambellan, ils sollicitèrent la paix, parce que leur pays tirait sa subsistance de celui du roi.

des Tyriens et des Sidoniens. Habitants de deux villes côtières au nord de Césarée, dans une région appelée Phénicie. Tyr et Sidon entretenaient une relation d’interdépendance avec la Galilée. Tyr et Sidon. Deux villes phéniciennes sur la côte méditerranéenne, au nord de la Galilée. On désignait souvent, par ces deux villes, la Phénicie tout entière (cf. #Jér 47:4 ; #Joe 3:4 ; #Mt 11:21 ; #Ac 12: 20).

Blaste. Le trésorier du roi agissait en tant qu’intermédiaire entre Hérode et les représentants de Tyr et de Sidon.

 

21  A un jour fixé, Hérode, revêtu de ses habits royaux, et assis sur son trône, les harangua publiquement.

A un jour fixé. Une fête en l’honneur du protecteur d’Hérode, l’empereur romain Claude.

revêtu de ses habits royaux. D’après Josèphe, il portait un vêtement d’argent.

 

22  Le peuple s’écria : Voix d’un dieu, et non d’un homme !

23  Au même instant, un ange du Seigneur le frappa, parce qu’il n’avait pas donné gloire à Dieu. Et il expira, rongé des vers.

n’avait pas donné gloire à Dieu. Dieu fit mourir Hérode pour ce crime (en l’an 44), et il condamnera et exécutera tous ceux qui s’en rendent coupables (#Ro 1:18-23).

rongé des vers. D’après Josèphe, Hérode connut cinq jours de douleurs atroces avant de mourir.

 

24  Cependant la parole de Dieu se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait.

25  Barnabas et Saul, après s’être acquittés de leur message, s’en retournèrent de Jérusalem, emmenant avec eux Jean, surnommé Marc.

après s’être acquittés de leur message. Après la mort d’Hérode, ils apportèrent des vivres à l’Église de Jérusalem pour soulager la famine (#Ac 11:30).

 

 


ACTES 13 * 1 à 52

 

1 ¶  Il y avait dans l’Église d’Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul.

Le ch. #Ac 13 marque un tournant dans le livre des Actes. Les 12 premiers ch. rapportent les événements liés à la personne de Pierre, tandis que les ch. restants se focalisent sur Paul. Avec Pierre, le regard porte essentiellement sur l’Église juive de Jérusalem et de Judée; avec Paul, l’accent est mis sur l’expansion de l’Église des non-Juifs dans l’ensemble du monde romain, en commençant par l’Église d’Antioche.

prophètes. Ils jouèrent un rôle essentiel dans l’Église apostolique. Ils prêchaient la Parole de Dieu et étaient responsables de l’enseignement dans des assemblées locales à l’époque de l’Église naissante. Ils recevaient parfois de nouvelles révélations à caractère pratique (cf. #Ac 11:28 ; #Ac 21: 10), mais celles-ci s’arrêtèrent avec la fin des dons temporaires qui devaient servir de signes. Leur ministère fut aussi remplacé par celui des pasteurs enseignants et des évangélistes.

Barnabas. Lévite. Luc présente Barnabas comme un modèle parmi ceux qui donnèrent de leurs biens. Originaire de l’île de Chypre, Barnabas était un membre de la tribu des Lévites (la tribu des sacrificateurs). Il allait devenir l’associé de Paul et un personnage marquant dans la suite du livre (cf. #Ac 9:26-27 ; #Ac 11:22-24, #Ac 11:30 ; #Ac 13:1-15:2).

Siméon appelé Niger. C’est-à-dire « noir ». Il devait s’agir d’un homme foncé de peau et/ou originaire d’Afrique. Aucun indice sérieux ne permet de l’assimiler à Simon de Cyrène (#Mr 15: 21).

Lucius de Cyrène. Un personnage différent du Lucius cité en #Ro 16: 21 et de Luc, le médecin auteur du livre des Actes.

qui avait été élevé avec. On pourrait traduire « frère de lait de ». Manahen avait été élevé dans la maison d’Hérode le Grand.

Hérode le tétrarque. Hérode Antipas, celui des Évangiles Il s’agit d’Hérode Antipas, qui régnait sur la Galilée.

 

 2  Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés.

servaient le Seigneur dans leur ministère. Cette expression traduit le mot grec qui décrit le service des sacrificateurs dans l’Écriture. Le service dans l’Église en tant que responsable constitue un acte d’adoration envers Dieu. Il consiste à lui offrir des sacrifices spirituels qui comprennent la prière, la direction du troupeau, la prédication et l’enseignement de la Parole.

jeûnaient. Cette pratique est souvent liée à une prière assidue et fervente (cf. #Né 1:4 ; #Ps 35:13 ; #Da 9:3 ; #Mt 17: 21 ; #Lu 2:37). Elle inclut soit une perte d’appétit, soit la cessation volontaire de toute alimentation afin de se concentrer sur les questions spirituelles.

 

3  Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir.

ils leur imposèrent les mains. La même expression décrit le geste de Jésus lorsqu’il effectuait des guérisons (#Mr 6:5 ; #Lu 4:40 ; #Lu 13: 13 ; cf. #Ac 28:8). Elle était aussi employée dans le sens de « mettre la main sur quelqu’un » pour l’arrêter (#Ac 5:18 ; #Mr 14: 46). Dans l’A.T., ceux qui offraient des sacrifices posaient leurs mains sur l’animal sacrifié en signe d’identification avec lui (#Lé 8:14, #Lé 8:18, #Lé 8:22 ; #Hé 6:2). Dans un sens symbolique, la personne qui accomplissait cet acte confirmait la validité d’un ministère, lui donnait son soutien et s’identifiait avec celui qui l’exerçait. Voir #1Ti 4:14 ; #1Ti 5:22 ; #2Ti 1:6 ; cf. #No 27:23.

 

4 ¶  Barnabas et Saul, envoyés par le Saint-Esprit, descendirent à Séleucie, et de là ils s’embarquèrent pour l’île de Chypre.

Séleucie. Située à l’embouchure du fleuve Oronte, cette ville servait de port à Antioche, dont elle était éloignée d’environ 25 km.

Chypre. La troisième plus grande île de la Méditerranée, après la Sicile et la Sardaigne. Elle est située à environ 100 km à l’ouest de la côte syrienne. Saul et Barnabas avaient plusieurs raisons de choisir cette île comme point de départ de leur voyage missionnaire. Patrie de Barnabas, accessible depuis Antioche en deux jours de voyage, elle comprenait un grand nombre d’habitants juifs.

 

5  Arrivés à Salamine, ils annoncèrent la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient Jean pour aide.

Salamine. Le port principal et le centre marchand de Chypre.

synagogues. Paul prit l’habitude de prêcher d’abord aux Juifs lorsqu’il entrait dans une ville (cf. vv. #Ac 13: 14, #Ac 13: 42 ; #Ac 14: 1 ; #Ac 17: 1, #Ac 17: 10, #Ac 17: 17 ; #Ac 18: 4, #Ac 18: 19, #Ac 18: 26 ; #Ac 19: 8) car, étant lui-même juif, il bénéficiait auprès de ses compatriotes d’une ouverture immédiate pour prêcher et annoncer l’Évangile. Par ailleurs, s’il avait d’abord prêché aux païens, les Juifs ne l’auraient jamais écouté par la suite.

 

6  Ayant ensuite traversé toute l’île jusqu’à Paphos, ils trouvèrent un certain magicien, faux prophète juif, nommé Bar-Jésus,

Paphos. La capitale de Chypre et donc le siège du gouvernement romain. C’était aussi un lieu important d’adoration d’Aphrodite (Vénus) et, partant, un foyer de toutes sortes d’immoralités.

magicien. Ce mot n’avait pas, à l’origine, de connotation négative, mais il en vint finalement à désigner celui qui s’adonnait à des pratiques occultes. Celui-ci avait mis son savoir au service du mal. 

Une pratique occulte qui s’inspirait des coutumes des Mèdes et des Perses et qui mélangeait la science et la superstition; elle incluait l’astrologie, la divination et l’occultisme.

 

7  qui était avec le proconsul Sergius Paulus, homme intelligent. Ce dernier fit appeler Barnabas et Saul, et manifesta le désir d’entendre la parole de Dieu.

le proconsul. Un officiel romain qui occupait la fonction de gouverneur de province (cf. #Ac 18: 12).

 

8  Mais Elymas, le magicien, — car c’est ce que signifie son nom, — leur faisait opposition, cherchant à détourner de la foi le proconsul.

Elymas. Le nom grec de Bar-Jésus, une transcription du mot arabe pour « magicien ».

 

9  Alors Saul, appelé aussi Paul, rempli du Saint-Esprit, fixa les regards sur lui,

Saul …  Paul. Les deux noms de l’apôtre, l’hébreu et le romain.

 

10  (13-9) et dit : (13-10) Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur ?

11  Maintenant voici, la main du Seigneur est sur toi, tu seras aveugle, et pour un temps tu ne verras pas le soleil. Aussitôt l’obscurité et les ténèbres tombèrent sur lui, et il cherchait, en tâtonnant, des personnes pour le guider.

12  Alors le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, étant frappé de la doctrine du Seigneur.

13  Paul et ses compagnons, s’étant embarqués à Paphos, se rendirent à Perge en Pamphylie. Jean se sépara d’eux, et retourna à Jérusalem.

se rendirent à Perge en Pamphylie. Perge était l’une des villes les plus importantes de la province romaine de Pamphylie, en Asie Mineure, située à quelque 320 km au nord de Chypre.

Jean se sépara d’eux. Quelque raison que Jean  Marc ait pu invoquer pour les quitter, Paul ne l’accepta pas (#Ac 15: 38). Sans mettre en danger la mission, cette désertion fut cependant à l’origine d’un sérieux désaccord entre Paul et Barnabas (#Ac 15:36-40). La question fut résolue ultérieurement (cf. #Col 4:10 ; #2Ti 4:11).

 

14 ¶  De Perge ils poursuivirent leur route, et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s’assirent.

 

Antioche. À ne pas confondre avec Antioche de Syrie, où la première Église composée de non-Juifs fut fondée. Cette ville-ci était située dans les montagnes d’Asie Mineure (la Turquie actuelle).

 

15  Après la lecture de la loi et des prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : Hommes frères, si vous avez quelque exhortation à adresser au peuple, parlez.

la lecture de la loi et des prophètes. C’est-à-dire la lecture de l’Écriture. Cette activité occupait un tiers du temps de la liturgie de la synagogue, après la récitation du schéma (c’est-à-dire #De 6:4) et d’autres prières, mais avant l’enseignement, qui était généralement basé sur le passage de l’Écriture lu auparavant.

chefs de la synagogue. Responsables des activités de la synagogue; le terme désignait aussi les hommes chargés de la lecture publique de l’Écriture.

 

16  Paul se leva, et, ayant fait signe de la main, il dit : Hommes Israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez !

vous qui craignez Dieu. Un terme technique employé par les Juifs pour parler des non-Juifs qui avaient abandonné leur religion païenne afin d’embrasser le culte du Dieu vivant. Ils suivaient les pratiques et l’éthique de l’A.T., sans devenir des prosélytes à part entière du judaïsme par la circoncision. Corneille allait recevoir la connaissance salvatrice de Dieu en Christ.

 

17  Le Dieu de ce peuple d’Israël a choisi nos pères. Il mit ce peuple en honneur pendant son séjour au pays d’Égypte, et il l’en fit sortir par son bras puissant.

18  Il les nourrit près de quarante ans dans le désert ;

19  et, ayant détruit sept nations au pays de Canaan, il leur en accorda le territoire comme propriété.

sept nations. Ces sept groupes ethniques contrôlaient les différentes régions du pays, qui avaient habituellement pour centre une ou plusieurs villes fortifiées. Ils étaient plus nombreux et plus forts, d’un point de vue militaire, qu’Israël. Six d’entre eux sont mentionnés ailleurs (voir #Ex 3:8). La nation des Guirgasiens est particulière, mais il est fait allusion à elle en #Ge 10:16 ; #Jos 3:10 ; #Jos 24: 11 ; #1Ch 1:14 et dans les textes ougaritiques. Peut-être, s’agissait-il d’une tribu installée au nord.

comme propriété. Ou « en héritage ».

 

20  Après cela, durant quatre cent cinquante ans environ, il leur donna des juges, jusqu’au prophète Samuel.

21  Ils demandèrent alors un roi. Et Dieu leur donna, pendant quarante ans, Saül, fils de Kis, de la tribu de Benjamin ;

Saül. Fils de Kis, benjaminite, il fut le premier roi d’Israël. La racine hébraïque de « Saül » signifie « demandé (à Dieu) ». En #1S 8:10, le peuple « demandait un roi ». Même si c’est Dieu qui désigna Saül en réponse à la requête des Israélites, il correspondait en réalité au choix du peuple. Le choix de l’Éternel était, lui, fixé sur la tribu de Juda (cf. #Ge 49:10).

 

22  puis, l’ayant rejeté, il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils d’Isaïe, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés.

homme selon mon cœur. On s’est interrogé sur le bien-fondé d’une telle appréciation de David, puisqu’il a lourdement péché à plusieurs occasions (cf. #1S 11:1-4 ; #1S 12:9 ; #1S 21:10- 22: 1). Aucun homme selon le cœur de Dieu n’est parfait; cependant, il est prêt à reconnaître son péché et à s’en repentir, comme l’a fait David (cf. #Ps 32 ; #Ps 38 ; #Ps 51). Paul cite #1S 13:14 et #Ps 89:21.

 

23  C’est de la postérité de David que Dieu, selon sa promesse, a suscité à

Israël un Sauveur, qui est Jésus.

selon sa promesse. Les prophéties de l’A.T. convergent toutes vers le Messie en tant que descendant de David (cf. #2S 7:12-16 ; #Ps 132:11 ; #Esa 11:10 ; #Jér 23: 5). Jésus accomplit les prophéties de l’A.T. relatives à la venue du Messie (#Mt 1:1, #Mt 1:20-21 ; #Ro 1:3 ; #2Ti 2:8).

 

24  Avant sa venue, Jean avait prêché le baptême de repentance à tout le peuple d’Israël.

baptême de repentance. Cf. #Ac 1:22 ; #Ac 10:37.

25  Et lorsque Jean achevait sa course, il disait : Je ne suis pas celui que vous pensez ; mais voici, après moi vient celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers.

26  Hommes frères, fils de la race d’Abraham, et vous qui craignez Dieu, c’est à vous que cette parole de salut a été envoyée.

27  Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, et, en le condamnant, ils ont accompli les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat.

chefs. Les prétendus experts de l’A.T., c’est-à-dire les scribes, les pharisiens, les sadducéens et les sacrificateurs. 

 

28  Quoiqu’ils ne trouvassent en lui rien qui fût digne de mort, ils ont demandé à Pilate de le faire mourir.

Ponce Pilate, qui était le gouverneur romain en exercice lors du procès de Jésus, était issu d’une tradition nationale fortement disposée en faveur de la justice (cf. #Ac 16:37-38 ; #Ac 22:25-29 ; #Ac 25: 16). Il savait que la crucifixion de Jésus serait un acte injuste, c’est pourquoi il le déclara innocent à 6 reprises (#Lu 23: 4, #Lu 23:14-15, #Lu 23: 22 ; #Jn 18: 38 ; #Jn 19: 4, #Jn 19: 6) et ne cessa pas de chercher à le libérer (#Lu 23:13-22.

Jésus dut subir deux procès: l’un juif et religieux, l’autre romain et civil. Rome se réservait le droit d’exécuter les peines capitales, c’est pourquoi Jésus fut livré aux autorités romaines pour l’exécution de la sentence. Le quartier général de Pilate se trouvait à Césarée, sur la côte méditerranéenne, mais le gouverneur était venu à Jérusalem pour la célébration de la Pâque. Il put ainsi surveiller le déroulement du procès. Christ fut amené devant Pilate (vv. #Mt 27:2-14), puis envoyé chez Hérode pour un autre interrogatoire (#Lu 23:6-12), avant d’être reconduit chez Pilate pour l’interrogatoire final et l’annonce de la sentence (vv. #Mt 27:15-26).

 

29  Et, après qu’ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent de la croix et le déposèrent dans un sépulcre.

13:29-30

croix …  sépulcre …  Dieu l’a ressuscité. L’A.T. avait prédit la crucifixion de Christ (#Ps 22 ; #De 21), et ce à une époque où ce type d’exécution n’était pas encore en usage. Son ensevelissement dans un « sépulcre » avait aussi été annoncé prophétiquement (#Esa 53:9), alors que les crucifiés étaient d’ordinaire jetés dans des fosses communes. Le point culminant du message de Paul est la résurrection de Christ, qui constitue la preuve ultime que Jésus est le Messie, puisqu’il accomplit trois prophéties précises

 

30  Mais Dieu l’a ressuscité des morts.

31  Il est apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple.

témoins. Plus de 500 personnes (cf. #1Co 15:5-8).

32  Et nous, nous vous annonçons cette bonne nouvelle que la promesse faite à nos pères,

33  Dieu l’a accomplie pour nous leurs enfants, en ressuscitant Jésus, selon ce qui est écrit dans le Psaume deuxième : Tu es mon Fils, Je t’ai engendré aujourd’hui.

Citation du #Ps 2:7.

 

34  Qu’il l’ait ressuscité des morts, de telle sorte qu’il ne retournera pas à la corruption, c’est ce qu’il a déclaré, en disant : Je vous donnerai Les grâces saintes promises à David, ces grâces qui sont assurées.

Citation d’#Esa 55:3.

 

35  C’est pourquoi il dit encore ailleurs : Tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption.

Citation du #Ps 16: 10.

 

36  Or, David, après avoir en son temps servi au dessein de Dieu, est mort, a été réuni à ses pères, et a vu la corruption.

37  Mais celui que Dieu a ressuscité n’a pas vu la corruption.

38  Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé,

39  et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse.

justifié …  de. Ou « libéré de ».

vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. Le respect de la loi de Moïse ne libérait personne du péché (cf. #Ro 3:28 ; #1Co 1:30 ; #Ga 2:16 ; #Ga 3:11 ; #Ph 3:9). En revanche, la mort expiatoire de Jésus satisfait pleinement aux exigences de la loi de Dieu et offre ainsi le pardon des péchés à tous ceux qui croient (#Ga 3:16 ; #Col 2:13-14). Seul le pardon offert par Christ peut libérer du péché (#Ro 3:20, #Ro 3:22).

 

40  Ainsi, prenez garde qu’il ne vous arrive ce qui est dit dans les prophètes:

41  Voyez, contempteurs, Soyez étonnés et disparaissez ; Car je vais faire en vos jours une œuvre, Une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait.

Citation de #Ha 1:5.

 

42 ¶  Lorsqu’ils sortirent, on les pria de parler le sabbat suivant sur les mêmes choses ;

43  et, à l’issue de l’assemblée, beaucoup de Juifs et de prosélytes pieux suivirent Paul et Barnabas, qui s’entretinrent avec eux, et les exhortèrent à rester attachés à la grâce de Dieu.

prosélytes pieux. Des païens convertis au judaïsme, qui avaient été circoncis.

rester attachés à la grâce de Dieu. Ceux qui sont réellement sauvés persévèrent et confirment la réalité de leur salut en restant attachés à la grâce de Dieu (cf. #Jn 8:31 ; #Jn 15:1-6 ; #Col 1:21-23 ; #1Jn 2:19). Paul et Barnabas adressaient cet encouragement à ceux qui étaient convaincus de la vérité de l’Évangile, mais qui n’étaient pas allés jusqu’à reconnaître pour eux la réalité de la foi qui sauve. Les deux missionnaires espéraient que leur exhortation éviterait à ce genre de personnes de retourner au légalisme et les conduirait à s’abandonner entièrement à la foi en Christ.

 

44  Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole de Dieu.

45  Les Juifs, voyant la foule, furent remplis de jalousie, et ils s’opposaient à ce que disait Paul, en le contredisant et en l’injuriant.

46  Paul et Barnabas leur dirent avec assurance : C’est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens.

à vous premièrement. Dieu a offert le plan du salut aux Juifs en premier lieu (#Mt 10:5-6 ; #Mt 15: 24 ; #Lu 24: 47 ; #Ro 1:16). Même si le ministère de Paul était tourné pour l’essentiel vers les païens, l’apôtre avait un vif désir de voir les Juifs sauvés (#Ro 9:1-5 ; #Ro 10:1) et, dans de nombreuses villes, c’était à eux qu’il adressait d’abord sa prédication.

nous nous tournons vers les païens. À cause du rejet de l’Évangile par les Juifs. Toutefois, Dieu n’a jamais envisagé le salut comme étant l’apanage de la nation juive (#Esa 42:1, #Esa 42:6 ; #Esa 49:6).

 

47  Car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : Je t’ai établi pour être la lumière des nations, Pour porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre.

Citation d’#Esa 49:6.

 

48  Les païens se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent.

destinés à la vie éternelle. L’une des affirmations les plus claires de l’Écriture sur la souveraineté de Dieu dans l’octroi du salut: c’est Dieu qui choisit l’homme pour le salut, et non l’inverse (#Jn 6:65 ; #Ep 1:4 ; #Col 3:12 ; #2Th 2:13). La foi elle-même est un don de Dieu (#Ep 2:8-9).

 

49  La parole du Seigneur se répandait dans tout le pays.

50  Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de distinction et les principaux de la ville ; ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas, et ils les chassèrent de leur territoire.

51  Paul et Barnabas secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds, et allèrent à Icone,

secouèrent …  la poussière de leurs pieds. L’inimitié des Juifs envers les païens était telle qu’ils ne voulaient rien laisser pénétrer en Israël, serait-ce des grains de poussière, qui vienne d’un autre peuple. Le symbolisme du geste de Paul et de Barnabas indique clairement qu’à leurs yeux les Juifs d’Antioche ne valaient pas plus que des païens. Ils ne pouvaient exprimer leur condamnation d’une manière plus forte.

 

52  tandis que les disciples étaient remplis de joie et du Saint-Esprit.

 

remplis …  du Saint-Esprit. Contrairement au baptême de l’Esprit, qui est un acte unique par lequel Dieu inclut les croyants dans son corps, la plénitude de l’Esprit correspond à une réalité renouvelable. Elle se traduit par un comportement dirigé par le Saint-Esprit. Dieu invite les croyants à maintenir cette réalité en eux. Pierre et d’autres croyants présents lors de l’épisode d’#Ac 2 furent de nouveau remplis de l’Esprit (voir p. ex. #Ac 4:8,31 ; #Ac  6:5 ; #Ac 7:55) et purent proclamer la Parole de Dieu avec assurance. La plénitude de l’Esprit ne donne pas uniquement de l’assurance dans la prédication, elle a un impact sur tous les domaines de la vie (cf. #Ep 5:19-33).

Une communion authentique avec Dieu n’est pas induite par l’ivresse mais par le Saint-Esprit. Paul ne fait pas allusion ici à l’habitation du Saint-Esprit en nous (#Ro 8:9) ni à un baptême du Saint-Esprit opéré par Christ (#1Co 12:13), puisque le chrétien est habité et baptisé par le Saint-Esprit au moment de son salut. Il s’agit plutôt d’un commandement donné aux croyants de vivre continuellement sous l’influence du Saint-Esprit en laissant la Parole exercer son contrôle sur eux en menant une vie pure, en confessant tout péché dont ils ont conscience, en mourant à eux-mêmes, en se soumettant à la volonté de Dieu et en dépendant de sa force pour tout. Être rempli du Saint-Esprit, c’est vivre en étant conscient de la présence de Jésus et en laissant son Esprit, par le moyen de la Parole, dominer sur toute pensée et tout acte. Être rempli du Saint-Esprit est synonyme de marcher dans l’Esprit. Christ nous a fourni l’exemple parfait de cette manière de vivre (#Lu 4:1).

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