JOUR 58 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

09/10/2018 00:33

JOUR 58 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

ACTES 26 ET 27

 

ACTES 26 * 1 à 32

 

1 ¶  Agrippa dit à Paul : Il t’est permis de parler pour ta défense. Et Paul, ayant étendu la main, se justifia en ces termes:

permis de parler. Comme il n’y avait personne pour accuser Paul, Hérode lui permit de parler pour sa défense.

étendu la main. Un geste habituel à l’ouverture d’un discours (cf. #Ac 12: 17 ; #Ac 13: 16 ; #Ac 19: 33).

26:1-29 C’est la cinquième des six défenses de Paul (cf. #Ac 22:1-21 ; #Ac 22:30-23 ; #Ac 24:10-21 ; #Ac 25:1-12 ; #Ac 28:17-19

 

2  Je m’estime heureux, roi Agrippa, d’avoir aujourd’hui à me justifier devant toi de toutes les choses dont je suis accusé par les Juifs,

3  car tu connais parfaitement leurs coutumes et leurs discussions. Je te prie donc de m’écouter avec patience.

tu connais parfaitement …  leurs discussions. Paul cherchait avant tout non à se défendre, mais à convertir Agrippa et les autres auditeurs à Christ (vv. #Ac 26:28-29).

 

4  Ma vie, dès les premiers temps de ma jeunesse, est connue de tous les Juifs, puisqu’elle s’est passée à Jérusalem, au milieu de ma nation.

5  Ils savent depuis longtemps, s’ils veulent le déclarer, que j’ai vécu pharisien, selon la secte la plus rigide de notre religion.

vécu en pharisien. Les pharisiens étaient peu nombreux (environ 6000) et formaient une secte juive légaliste réputée pour son attachement rigide aux menus détails de la loi cérémonielle. Leur nom signifie « séparés ». Les rapports de Jésus avec les pharisiens furent généralement conflictuels. Il leur reprocha leur usage de la tradition humaine pour annuler l’Écriture (#Mt 15:3-9) et, par-dessus tout, leur hypocrisie flagrante (#Mt 15:7-8 ; #Mt 22: 18 ; #Mt 23: 13, #Mt 23: 23, #Mt 23: 25, #Mt 23: 29 ; #Lu 12: 1). Les sadducéens étaient connus pour leur rejet du surnaturel. Ils ne croyaient pas à la résurrection des morts (#Mt 22:23) ni à l’existence des anges (#Ac 23:8). Contrairement aux pharisiens, ils ne faisaient aucun cas de la tradition humaine et dédaignaient le légalisme. Dans toute l’Écriture, ils reconnaissaient l’autorité du seul Pentateuque. Ils étaient pour la plupart de riches membres de l’aristocratie au sein de la tribu des sacrificateurs; au temps du roi Hérode, leur secte dirigeait le temple, malgré leur nombre plus restreint que celui des pharisiens. Les deux groupes avaient peu de choses en commun. Les sadducéens étaient des rationalistes libéraux, les pharisiens, des inconditionnels de la loi et des rituels; les uns étaient des opportunistes politiques enclins au compromis, les autres, des séparatistes. Ils s’unirent pourtant dans leur opposition à Christ (#Mt 22:15-16, #Mt 22: 23, #Mt 22:34-35), et Jean les traita. publiquement de vipères.

cf. #Ph 3:5.

 

6  Et maintenant, je suis mis en jugement parce que j’espère l’accomplissement de la promesse que Dieu a faite à nos pères,

j’espère l’accomplissement de la promesse. La venue du Messie et de son royaume (cf. #Ac 1:6 ; #Ac 3:22-24 ; #Ac 13:23-33 ; #Ge 3:15 ; #Esa 7:14 ; #Esa 9:5 ; #Da 7:14 ; #Mi 5:1 ; #Tit 2:13 ; #1Pi 1:11-12).

 

7  et à laquelle aspirent nos douze tribus, qui servent Dieu continuellement nuit et jour. C’est pour cette espérance, ô roi, que je suis accusé par des Juifs !

douze tribus. Expression courante dans le N.T. pour désigner Israël (cf. #Mt 19: 28 ; #Ja 1:1 ; #Ap 21: 12). Les dix tribus du nord n’ont pas été perdues: des représentants de chacune d’elles se sont mêlés aux deux tribus du sud avant et après la déportation. Ce processus a débuté au cours des règnes d’Ézéchias (#2Ch 30:1-11) et de Josias (#2Ch 34:1-9).

 

8  Quoi ! vous semble-t-il incroyable que Dieu ressuscite les morts ?

Paul trouvait inconcevable d’être condamné pour sa croyance en la résurrection, qui est la grande espérance du peuple juif.

 

9  Pour moi, j’avais cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth.

10  C’est ce que j’ai fait à Jérusalem. J’ai jeté en prison plusieurs des saints, ayant reçu ce pouvoir des principaux sacrificateurs, et, quand on les mettait à mort, je joignais mon suffrage à celui des autres.

saints. C’est-à-dire les chrétiens (#1Co 1:2).

je joignais mon suffrage. Littéralement « je jetais mon caillou », selon l’ancienne coutume de compter les votes à l’aide de pierres colorées. Ce v. pourrait indiquer que Paul avait été membre du sanhédrin.

 

11  je les ai souvent châtiés dans toutes les synagogues, et je les forçais à blasphémer. Dans mes excès de fureur contre eux, je les persécutais même jusque dans les villes étrangères.

à blasphémer. C’est-à-dire à renoncer à leur foi en Jésus-Christ.

 

12 ¶  C’est dans ce but que je me rendis à Damas, avec l’autorisation et la permission des principaux sacrificateurs.

26:12-14 C’est le troisième récit de la conversion de Paul dans le N.T.

 

13  Vers le milieu du jour, ô roi, je vis en chemin resplendir autour de moi et de mes compagnons une lumière venant du ciel, et dont l’éclat surpassait celui du soleil.

14  Nous tombâmes tous par terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il te serait dur de regimber contre les aiguillons.

15  Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes.

16  Mais lève-toi, et tiens-toi sur tes pieds ; car je te suis apparu pour t’établir ministre et témoin des choses que tu as vues et de celles pour lesquelles je t’apparaîtrai.

des choses …  je t’apparaîtrai. Cf. #Ac 18:9-10 ; #Ac 22:17-21 ; #Ac 23: 11 ; #2Co 12:1-7 ; #Ga 1:11-12.

 

17  Je t’ai choisi du milieu de ce peuple et du milieu des païens, vers qui je t’envoie,

des païens, vers qui je t’envoie. C’est l’ordre de mission de Paul en tant qu’apôtre des non-Juifs (#Ro 11:13 ; #1Ti 2:7).

 

18  afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés.

ouvres les yeux. Les non-croyants sont aveuglés par Satan et sont dans l’impossibilité de comprendre les vérités spirituelles (#2Co 4:4 ; #2Co 6:14 ; cf. #Mt 15: 14).

des ténèbres à la lumière. La Bible emploie souvent la lumière comme symbole du salut. Ici, les non-croyants sont dans l’obscurité de leur aveuglement spirituel (v. #Ac 26: 23 ; #Ac 13: 47 ; #Mt 4: 16 ; #Jn 1:4-5, #Jn 1:7-9 ; #Jn 3:19-21 ; #Jn 8:12 ; #Jn 9:5 ; #Jn 12:36 ; #2Co 4:4 ; #2Co 6:14 ; #Ep 5:8, #Ep 5:14 ; #Col 1:12-13 ; #1Th 5:5 ; #1Pi 2:9 ; #1Jn 1:7 ; #1Jn 2:8-10).

pardon des péchés. C’est la conséquence la plus importante du salut;  cf. #Ac 3:19 ; #Ac 5:31 ; #Ac 10:43 ; #Ac 13: 38 ; #Mt 1:21 ; #Mt 26:28 ; #Lu 1:77 ; #Lu 24: 47 ; #1Co 15: 3 ; #Ga 1:4 ; #Col 1:14 ; #Hé 8:12 ; #Hé 9:28 ; #Hé 10:12 ; #1Pi 2:24 ; #1Pi 3:18 ; #1Jn 2:1-2 ; #1Jn 3:5 ; #1Jn 4:10 ; #Ap 1:5).

l’héritage. Les bénédictions dont jouiront les croyants durant l’éternité au ciel (cf. #Ac 20: 32 ; #Ep 1:11, #Ep 1:14, #Ep 1:18 ; #Col 1:12 ; #Col 3:24 ; #Hé 9:15).

sanctifiés. La Bible affirme clairement et à maintes reprises que le salut s’obtient par la foi, indépendamment de toute tentative de le gagner par les œuvres (#Ac 13: 39 ; #Ac 15: 9 ; #Ac 16: 31 ; #Jn 3:14-17 ; #Jn 6:69 ; #Ro 3:21-28 ; #Ro 4:5 ; #Ro 5:1 ; #Ro 9:30 ; #Ro 10:9-11 ; #Ga 2:16 ; #Ga 3:11, #Ga 3:24 ; #Ep 2:8-9 ; #Ph 3:9).

 

19  En conséquence, roi Agrippa, je n’ai point résisté à la vision céleste:

20  à ceux de Damas d’abord, puis à Jérusalem, dans toute la Judée, et chez les païens, j’ai prêché la repentance et la conversion à Dieu, avec la pratique d’œuvres dignes de la repentance.

œuvres dignes de la repentance. La repentance authentique produit immanquablement un changement de mode de vie.

La repentance en elle-même ne représente pas une œuvre, mais les œuvres en sont le fruit nécessaire. La foi et la repentance sont indissolubles dans l’Écriture. Dans un acte de repentance, l’homme se détourne du péché; par la foi, il se rapproche de Dieu (cf. #1Th 1:9). Ce sont les deux faces d’une même pièce, toutes deux en rapport étroit avec la conversion (#Mr 1:15 ; #Ac 3:19 ; #Ac 20: 21). Il faut noter que les œuvres dont parle Jean constituent le « fruit » de la repentance. Cependant, la repentance en elle-même n’est pas une « œuvre », pas plus que la foi.

 

21  Voilà pourquoi les Juifs se sont saisis de moi dans le temple, et ont tâché de me faire périr.

les Juifs …  ont tâché de me faire périr. Cf. #Ac 21:27-32. C’était la vraie raison des attaques contre Paul, différente de celles invoquées mensongèrement par les chefs juifs (#Ac 24: 6).

 

22  Mais, grâce au secours de Dieu, j’ai subsisté jusqu’à ce jour, rendant témoignage devant les petits et les grands, sans m’écarter en rien de ce que les prophètes et Moïse ont déclaré devoir arriver,

les prophètes et Moïse. Le mot « Moïse » remplace le mot « loi », puisque Moïse est l’auteur du Pentateuque, les cinq livres de la loi.

Une allusion à l’A.T. (cf. #Mt 7:12). Les sadducéens rejetaient la majeure partie de l’A.T., et ils rejoignaient les pharisiens dans leur rejet commun du témoignage rendu par l’A.T. à Jésus-Christ (cf. #Lu 24: 27, #Lu 24: 44 ; #Jn 1:45 ; #Jn 5:39, #Jn 5:46). À l’opposé, Paul considérait l’ensemble de l’A.T. comme la Parole inspirée de Dieu et croyait tout ce que les Écritures enseignaient.

 

23  savoir que le Christ souffrirait, et que, ressuscité le premier d’entre les morts, il annoncerait la lumière au peuple et aux nations.

Christ souffrirait …  ressuscité. Les souffrances (#Ps 22 ; #Esa 53) et la résurrection (#Ps 16: 10 ; cf. #Ac 13:30-37) du Messie, les thèmes principaux de la prédication de Paul, étaient clairement enseignées dans l’A.T.

 

24 ¶  Comme il parlait ainsi pour sa justification, Festus dit à haute voix : Tu es fou, Paul ! Ton grand savoir te fait déraisonner.

Tu es fou. Festus était étonné qu’un érudit comme Paul puisse croire que les morts ressuscitent: aucun Romain sensé n’aurait jamais accepté une telle idée. Incapable de se contrôler, il interrompit l’audience en criant que Paul avait perdu son bon sens à force d’avoir trop étudié (cf. #Mr 3:21 ; #Jn 8:48, #Jn 8:52 ; #Jn 10:20).

 

25  Je ne suis point fou, très excellent Festus, répliqua Paul ; ce sont, au contraire, des paroles de vérité et de bon sens que je prononce.

26  Le roi est instruit de ces choses, et je lui en parle librement ; car je suis persuadé qu’il n’en ignore aucune, puisque ce n’est pas en cachette qu’elles se sont passées.

pas en cachette. La mort de Jésus et l’affirmation des chrétiens qu’il était ressuscité des morts étaient bien connues en Israël.

 

27  Crois-tu aux prophètes, roi Agrippa ? …  Je sais que tu y crois.

Crois-tu aux prophètes. La question subtile de Paul mit Hérode dans l’embarras: s’il affirmait croire aux prophètes, il lui faudrait aussi admettre que ce qu’ils avaient enseigné à propos de la mort et de la résurrection de Jésus était vrai, mais cela le ferait passer pour un fou auprès de ses amis romains; s’il niait l’enseignement des prophètes, il dressait ses sujets juifs contre lui.

 

28  Et Agrippa dit à Paul : Tu vas bientôt me persuader de devenir chrétien !

Tu vas bientôt me persuader. Une traduction plus exacte serait: « Penses-tu pouvoir me convaincre de devenir chrétien en si peu de temps? » Embarrassé par son dilemme, Agrippa détourna la question de Paul en en posant une autre.

 

29  Paul répondit : Que ce soit bientôt ou que ce soit tard, plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à l’exception de ces liens !

30  Le roi, le gouverneur, Bérénice, et tous ceux qui étaient assis avec eux se levèrent,

26:30-32 L’audience terminée, Agrippa et Festus se réunirent pour discuter du cas de Paul. Ils étaient tous deux d’accord sur le fait que celui-ci était innocent de tout crime et pourrait être libéré, s’il n’en avait pas appelé au jugement de l’empereur.

 

31  et, en se retirant, ils se disaient les uns aux autres : Cet homme n’a rien fait qui mérite la mort ou la prison.

32  Et Agrippa dit à Festus : Cet homme pouvait être relâché, s’il n’en eût pas appelé à César.




ACTES 27 * 1 à 44


1 ¶  Lorsqu’il fut décidé que nous nous embarquerions pour l’Italie, on remit Paul et quelques autres prisonniers à un centenier de la cohorte Auguste, nommé Julius.

nous. L’emploi du pronom « nous » marque le retour de Luc, le proche ami de Paul, qui avait été absent depuis 21: 18. Il vivait probablement non loin de Césarée, de manière à pouvoir s’occuper de Paul durant sa détention, et il se joignit à lui dans son voyage pour Rome.

centenier de la cohorte Auguste. Une cohorte (un régiment) portant ce nom était stationnée en Israël durant le règne d’Agrippa II. Julius était certainement en mission, chargé, entre autres tâches, d’escorter les prisonniers importants.

 

2  Nous montâmes sur un navire d’Adramytte, qui devait côtoyer l’Asie, et nous partîmes, ayant avec nous Aristarque, Macédonien de Thessalonique.

Adramytte. Une ville située sur la côte nord-ouest de l’Asie Mineure (la Turquie moderne), près de Troas, où le centenier avait prévu de trouver un bateau pour l’Italie.

nous partîmes. De Césarée, le bateau vogua plus de 110 km vers le nord, en direction de Sidon.

Aristarque. La foule s’était emparée de lui durant le soulèvement d’Éphèse (#Ac 20: 4), alors qu’il accompagnait Paul à Jérusalem avec le montant de la collecte (#Ac 20: 4). Il était avec Paul lors de son premier emprisonnement à Rome (#Col 4:10).

 

3  Le jour suivant, nous abordâmes à Sidon ; et Julius, qui traitait Paul avec bienveillance, lui permit d’aller chez ses amis et de recevoir leurs soins.

abordâmes à Sidon. Les chrétiens de cette ville répondirent aux besoins de Paul, probablement en lui fournissant des provisions pour son voyage.

 

4  Partis de là, nous longeâmes l’île de Chypre, parce que les vents étaient contraires.

longeâmes l’île de Chypre. Ils restèrent du côté abrité de l’île en passant entre elle et la côte afin d’éviter les vents forts.

 

5  Après avoir traversé la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous arrivâmes à Myra en Lycie.

Myra en Lycie. C’était l’un des ports principaux de la flotte céréalière impériale, dont les bateaux apportaient du blé d’Égypte en Italie.

 

6  Et là, le centenier, ayant trouvé un navire d’Alexandrie qui allait en Italie, nous y fit monter.

navire d’Alexandrie. L’un des bateaux céréaliers de la flotte impériale.

 

7  Pendant plusieurs jours nous naviguâmes lentement, et ce ne fut pas sans difficulté que nous atteignîmes la hauteur de Cnide, où le vent ne nous permit pas d’aborder. Nous passâmes au-dessous de l’île de Crète, du côté de Salmone.

Cnide. Ce port, situé sur une péninsule à l’extrême sud-ouest de l’Asie Mineure, approvisionnait aussi les navires de la flotte impériale en blé. Le bateau avait atteint Cnide et ne pouvait pas aller plus à l’ouest en raison de très forts vents de face. Il dut se diriger vers le sud, en direction de la Crète.

au-dessous de l’île de Crète. Cette grande île au large de la côte sud-ouest de l’Asie Mineure fournissait une protection contre les vents forts du nord-ouest qui secouaient le bateau.

Salmone. Un promontoire sur la côte nord-est de la Crète.

 

8  Nous la côtoyâmes avec peine, et nous arrivâmes à un lieu nommé Beaux Ports, près duquel était la ville de Lasée.

Beaux-Ports …  Lasée. Le bateau se fraya un passage autour de la pointe sud-est de la Crète et s’abrita finalement dans la baie connue sous le nom de Beaux-Ports.

 

9  Un temps assez long s’était écoulé, et la navigation devenait dangereuse, car l’époque même du jeûne était déjà passée. (27-10) C’est pourquoi Paul avertit

l’époque …  du jeûne était déjà passée. cf. #Lé 23:26-32. La navigation en haute mer était dangereuse de mi-septembre à mi-novembre, puis elle s’arrêtait complètement jusqu’en février. Étant donné que le jeûne (du jour des expiations) célébré fin septembre ou début octobre avait déjà eu lieu, la poursuite du voyage devenait extrêmement dangereuse.

 

10  les autres, en disant : O hommes, je vois que la navigation ne se fera pas sans péril et sans beaucoup de dommage, non seulement pour la cargaison et pour le navire, mais encore pour nos personnes.

pas sans péril. À cause de la saison avancée et des difficultés qu’ils avaient déjà rencontrées, Paul conseilla de passer l’hiver à Beaux-Ports.

 

11  Le centenier écouta le pilote et le patron du navire plutôt que les paroles de Paul.

centenier. Comme le bateau faisait partie de la flotte impériale, le pilote et le propriétaire du bateau devaient se soumettre aux ordres de Julius, l’officier supérieur à bord.

le pilote. Ou capitaine du bateau.

 

12 ¶  Et comme le port n’était pas bon pour hiverner, la plupart furent d’avis de le quitter pour tâcher d’atteindre Phénix, port de Crète qui regarde le sud-ouest et le nord-ouest, afin d’y passer l’hiver.

pas bon pour hiverner. Les marins professionnels savaient que Beaux-Ports n’était pas un port adéquat pour passer l’hiver.

Phénix. Situé à environ 60 km de Beaux-Ports, ce port offrait une meilleure protection contre les tempêtes hivernales.

 

13  Un léger vent du sud vint à souffler, et, se croyant maîtres de leur dessein, ils levèrent l’ancre et côtoyèrent de près l’île de Crète.

14  Mais bientôt un vent impétueux, qu’on appelle Euraquilon, se déchaîna sur l’île.

Euraquilon. Du mot grec euros (« vent de l’est ») et du latin aquilo (« vent du nord »). Il s’agit d’un vent de tempête fort et dangereux, redouté par les marins de la Méditerranée.

 

15  Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre le vent, et nous nous laissâmes aller à la dérive.

16  Nous passâmes au-dessous d’une petite île nommée Clauda, et nous eûmes de la peine à nous rendre maîtres de la chaloupe ;

Clauda. Une île située à environ 40 km au sud-ouest de la Crète.

nous rendre maîtres de la chaloupe. Les marins profitèrent de l’abri de Clauda pour commencer à gréer le bateau contre la tempête et hisser le canot.

 

17  après l’avoir hissée, on se servit des moyens de secours pour ceindre le navire, et, dans la crainte de tomber sur la Syrte, on abaissa les voiles. C’est ainsi qu’on se laissa emporter par le vent.

des moyens de secours pour ceindre le navire. Les câbles, serrés autour de la coque en passant sous la quille, permettaient au bateau de résister aux assauts des vagues et du vent.

Syrte. Une région de bancs de sable et de hauts fonds au large de la côte africaine, qui avait la triste réputation d’être un cimetière de bateaux.

abaissa les voiles. Certains traduisent « lança l’ancre flottante ». Les marins firent certainement les deux, puisque avoir les voiles hissées alors que l’ancre était jetée aurait eu un effet dévastateur.

 

18  Comme nous étions violemment battus par la tempête, le lendemain on jeta la cargaison à la mer,

on jeta la cargaison à la mer. Allégé de la cargaison et des équipements devenus inutiles, le bateau pouvait plus facilement surmonter les vagues.

 

19  et le troisième jour nous y lançâmes de nos propres mains les agrès du navire.

20  Le soleil et les étoiles ne parurent pas pendant plusieurs jours, et la tempête était si forte que nous perdîmes enfin toute espérance de nous sauver.

21 ¶  On n’avait pas mangé depuis longtemps. Alors Paul, se tenant au milieu d’eux, leur dit : O hommes, il fallait m’écouter et ne pas partir de Crète, afin d’éviter ce péril et ce dommage.

22  Maintenant je vous exhorte à prendre courage ; car aucun de vous ne périra, et il n’y aura de perte que celle du navire.

23  Un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers m’est apparu cette nuit,

27:23-24 C’est la dernière des six visions de Paul relatées par Luc (cf. #Ac 9:3-6 ; #Ac 16:9-10 ; #Ac 18:9-10 ; #Ac 22:17-18 ; #Ac 23: 11).

 

24  et m’a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi.

comparaisses devant César. L’ange réaffirma la promesse que Jésus lui-même avait faite à Paul plus tôt (#Ac 23: 11).

 

25  C’est pourquoi, ô hommes, rassurez-vous, car j’ai cette confiance en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit.

26  Mais nous devons échouer sur une île.

27  La quatorzième nuit, tandis que nous étions ballottés sur l’Adriatique, les matelots, vers le milieu de la nuit, soupçonnèrent qu’on approchait de quelque terre.

La quatorzième nuit. Depuis leur départ de Beaux-Ports (v. #Ac 27:13).

l’Adriatique. La mer Méditerranée centrale et non la mer Adriatique actuelle située entre l’Italie et la Croatie, qui était connue du temps de Paul sous le nom de golfe d’Adria.

soupçonnèrent. Les marins entendirent probablement le son des vagues qui se brisaient sur le rivage.

 

28  Ayant jeté la sonde, ils trouvèrent vingt brasses ; un peu plus loin, ils la jetèrent de nouveau, et trouvèrent quinze brasses.

jeté la sonde. Ils mesurèrent la profondeur de la mer à l’aide d’un poids attaché au bout d’une corde.

vingt brasses …  quinze brasses. 37 mètres …  28 mètres. La profondeur décroissante de la mer confirmait que le bateau approchait de la côte.

 

29  Dans la crainte de heurter contre des écueils, ils jetèrent quatre ancres de la poupe, et attendirent le jour avec impatience.

jetèrent quatre ancres de la poupe. Tentative de stabiliser le bateau et de maintenir la proue dirigée vers le rivage.

 

30  Mais, comme les matelots cherchaient à s’échapper du navire, et mettaient la chaloupe à la mer sous prétexte de jeter les ancres de la proue,

chaloupe. Celle hissée auparavant (v. #Ac 27:16).

jeter les ancres de la proue. Afin de stabiliser davantage le bateau (cf. v. #Ac 27:29).

 

31  Paul dit au centenier et aux soldats : Si ces hommes ne restent pas dans le navire, vous ne pouvez être sauvés.

32  Alors les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe, et la laissèrent tomber.

33  Avant que le jour parût, Paul exhorta tout le monde à prendre de la nourriture, disant : C’est aujourd’hui le quatorzième jour que vous êtes dans l’attente et que vous persistez à vous abstenir de manger.

vous abstenir de manger. Depuis leur départ de Beaux-Ports, les passagers et l’équipage n’avaient guère pris de nourriture. Le mal de mer leur ôtait tout appétit et, de plus, les conditions de navigation extrêmement défavorables rendaient difficiles la conservation des aliments et la préparation des repas.

 

34  Je vous invite donc à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre salut, et il ne se perdra pas un cheveu de la tête d’aucun de vous.

aucun de vos cheveux ne se perdra. Dicton juif familier (#1S 14: 45 ; #2S 14: 11 ; #1R 1:52 ; #Lu 21: 18) pour évoquer la protection absolue.

 

35  Ayant ainsi parlé, il prit du pain, et, après avoir rendu grâces à Dieu devant tous, il le rompit, et se mit à manger.

36  Et tous, reprenant courage, mangèrent aussi.

37  Nous étions, dans le navire, deux cent soixante-seize personnes en tout.

deux cent soixante-seize personnes. Construit pour la navigation en haute mer, ce bateau était bien plus grand que celui qui avait transporté Paul de Césarée en Lycie.

 

38  Quand ils eurent mangé suffisamment, ils allégèrent le navire en jetant le blé à la mer.

allégèrent le navire. Allégé de la cargaison et des équipements devenus inutiles, le bateau pouvait plus facilement surmonter les vagues.

 

39  Lorsque le jour fut venu, ils ne reconnurent point la terre ; mais, ayant aperçu un golfe avec une plage, ils résolurent d’y pousser le navire, s’ils le pouvaient.

40  Ils délièrent les ancres pour les laisser aller dans la mer, et ils relâchèrent en même temps les attaches des gouvernails ; puis ils mirent au vent la voile d’artimon, et se dirigèrent vers le rivage.

41  Mais ils rencontrèrent une langue de terre, où ils firent échouer le navire ; et la proue, s’étant engagée, resta immobile, tandis que la poupe se brisait par la violence des vagues.

une langue de terre. Un banc de sable ou un récif proche du rivage.

 

42  Les soldats furent d’avis de tuer les prisonniers, de peur que quelqu’un d’eux ne s’échappât à la nage.

Les soldats furent d’avis de tuer les prisonniers. Ils savaient qu’ils encouraient une punition, voire la peine de mort, si leurs prisonniers s’échappaient (cf. #Ac 12:19 ; #Ac 16: 27).

 

43  Mais le centenier, qui voulait sauver Paul, les empêcha d’exécuter ce dessein. Il ordonna à ceux qui savaient nager de se jeter les premiers dans l’eau pour gagner la terre,

44  et aux autres de se mettre sur des planches ou sur des débris du navire. Et ainsi tous parvinrent à terre sains et saufs.

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