JOUR 79 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

30/10/2018 00:55

JOUR 79 DE 130 : NOUVEAU TESTAMENT

 

2 CORINTHIENS 8 ET 9

 

2 CORINTHIENS 8 * 1 à 24

 

1 ¶  Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui s’est manifestée dans les Églises de la Macédoine.

grâce de Dieu. La générosité des Églises de la Macédoine était motivée par la grâce de Dieu. La louange de Paul ne va pas simplement à ces assemblées à cause de leur œuvre humaine pleine de noblesse, mais elle s’adresse avant tout à Dieu, car c’était lui qui avait agi à travers elles.

Églises de la Macédoine. La Macédoine était une province romaine située dans la partie nord de la Grèce. La région était en grande partie appauvrie, en particulier à cause des ravages occasionnés par de nombreuses guerres, et pourtant toujours pillée par l’autorité et le commerce romains. Les Églises dont parle Paul se trouvaient à Philippes, à Thessalonique et à Bérée (cf. #Ac 17: 11).

8:1-9:15 Cette section rapporte les instructions de Paul adressées aux Corinthiens au sujet d’un don pour les saints de Jérusalem. Cependant, au-delà de ce cas particulier, elle fournit aussi le modèle le plus complet et le plus détaillé de la générosité chrétienne dans le N.T.

 

2  Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur part.

leur joie débordante. En dépit des circonstances difficiles, la joie des Églises grecques dépassait leur souffrance parce qu’elles étaient dévouées à leur Seigneur et aux causes de son royaume.

pauvreté profonde. Ces termes décrivent un état de misère, un dénuement tel qu’il contraint à la mendicité.

de riches libéralités. Le mot grec pour « libéralité » peut aussi être traduit par « générosité » ou « sincérité ». Il est l’antonyme de la duplicité et de l’hypocrisie. Les croyants de Macédoine étaient riches d’une générosité désintéressée et sans arrière-pensée envers Dieu et les autres.

 

3  Ils ont, je l’atteste, donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens,

Paul relève trois éléments qui caractérisaient la générosité des Macédoniens et qui résument le concept du don individuel libre.

1° Ils ont donné « volontairement », littéralement « comme eux-mêmes l’ont choisi ». Le don est un acte volontaire, et non le fruit d’une pression, d’une manipulation ou d’une intimidation. L’offrande volontaire s’inscrit depuis toujours dans le plan de Dieu (cf. #2Co 9:6 ; #Ge 4:2-4 ; #Ge 8:20 ; #Ex 25:1-2 ; #Ex 35:4-5, #Ex 35:21-22 ; #Ex 36:5-7 ; #No 18: 12 ; #De 16: 10, #De 16: 17 ; #1Ch 29:9 ; #Pr 3:9-10 ; #Pr 11:24 ; #Lu 19:1-8). Le don volontaire ne doit pas être confondu avec la dîme, qui faisait partie d’un système de taxation nationale en Israël et qui trouve son parallèle, dans le N.T. et de nos jours, dans le système des impôts dus à l’État.

2° Ils ont donné « selon leurs moyens ». Le don est proportionnel: Dieu ne fixe ni montant précis ni pourcentage, mais s’attend à ce que son peuple offre des libéralités qui soient fonction des ressources (#Lu 6:38 ; #1Co 16: 2).

3° Ils ont donné « au-delà de leurs moyens ». Le don suppose un sacrifice. Le peuple de Dieu est invité à offrir des dons selon ses possibilités, mais dans des proportions qui demandent un sacrifice (cf. #Mt 6:25-34 ; #Mr 12:41-44 ; #Ph 4:19).

 

4  nous demandant avec de grandes instances la grâce de prendre part à l’assistance destinée aux saints.

la grâce de prendre part à l’assistance. Les chrétiens de Macédoine implorèrent Paul afin de pouvoir participer à la communion avec les frères pauvres de Jérusalem et de contribuer à leur soutien. Ils considéraient le fait de pouvoir apporter leurs offrandes comme un privilège, et non comme une obligation (cf. #2Co 9:7).

 

5  Et non seulement ils ont contribué comme nous l’espérions, mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu.

non seulement …  comme nous l’espérions. La réaction des Églises de la Macédoine dépassa les espérances de Paul.

d’abord. Il ne s’agit pas d’une priorité dans le temps, mais dans l’importance. Pour les Macédoniens, il importait avant tout de se présenter devant Dieu comme un sacrifice vivant (cf. #Ro 12:1-2 ; #1Pi 2:5). L’offrande personnelle généreuse est le fruit d’une dévotion profonde.

 

6  Nous avons donc engagé Tite à achever chez vous cette œuvre de bienfaisance, comme il l’avait commencée.

Nous avons donc engagé Tite. Tite avait déjà commencé, au moins une année plus tôt, à motiver les Corinthiens à préparer la collecte destinée aux chrétiens de Jérusalem dans le besoin. À son retour à Corinthe, alors qu’il était porteur d’une lettre qui contenait des critiques sévères, Paul l’encouragea à aider les croyants à terminer de rassembler l’argent du soutien.

 

7 ¶  De même que vous excellez en toutes choses, en foi, en parole, en connaissance, en zèle à tous égards, et dans votre amour pour nous, faites en sorte d’exceller aussi dans cette œuvre de bienfaisance.

vous excellez en toutes choses. Le don généreux des Corinthiens devait être à la mesure des vertus chrétiennes que Paul avait déjà reconnues en eux: « foi », la confiance dans le Seigneur qui sanctifie; « parole », la saine doctrine; « connaissance », l’application de la doctrine; « zèle », l’ardeur et la passion spirituelles; et « amour », pour lequel leurs responsables avaient servi de modèles.

 

8  Je ne dis pas cela pour donner un ordre, mais pour éprouver, par le zèle des autres, la sincérité de votre charité.

pas …  pour donner un ordre. L’offrande volontaire n’est jamais soumise à une obligation ou à un commandement.

 

9  Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis.

s’est fait pauvre. Une allusion à l’incarnation de Christ (cf. #Jn 1:14 ; #Ro 1:3 ; #Ro 8:3 ; #Ga 4:4 ; #Col 1:20 ; #1Ti 3:16 ; #Hé 2:7). Il s’est dépouillé de tout exercice indépendant de ses prérogatives divines, a quitté sa place auprès de Dieu, a pris une forme humaine et est mort sur une croix comme un simple criminel (#Ph 2:5-8).

de riche qu’il était. Il s’agit ici d’une évocation de l’éternité et de la préexistence de Christ. En tant que deuxième personne de la Trinité, il possède la richesse de Dieu lui-même. Il possède toutes choses, toute la puissance, l’autorité, la souveraineté, la gloire, l’honneur et la majesté (cf. #Esa 9:5 ; #Mi 5:1 ; #Jn 1:1 ; #Jn 8:58 ; #Jn 10:30 ; #Jn 17: 5 ; #Col 1:15-18 ; #Col 2:9 ; #Hé 1:3).

afin que …  vous soyez enrichis. Les croyants deviennent spirituellement riches par le sacrifice et l’appauvrissement de Christ (#Ph 2:5-8). Ils deviennent riches de salut, de pardon, de joie, de paix, de gloire, d’honneur et de majesté (cf. #1Co 1:4-5 ; #1Co 3:22 ; #Ep 1:3 ; #1Pi 1:3-4). Ils deviennent cohéritiers de Christ (#Ro 8:17).

 

10  C’est un avis que je donne là-dessus, car cela vous convient, à vous qui non seulement avez commencé à agir, mais qui en avez eu la volonté dès l’année dernière.

avis. Paul n’ordonnait pas aux Corinthiens de faire don d’une somme particulière. Cependant, il pensait qu’il était avantageux pour eux de donner avec générosité afin de recevoir de la part de Dieu des bénédictions encore plus abondantes, dans le domaine matériel ou spirituel, ou en tant que récompense éternelle (cf. #2Co 9:6 ; #Lu 6:38).

 

11  Achevez donc maintenant d’agir, afin que l’accomplissement selon vos moyens réponde à l’empressement que vous avez mis à vouloir.

Achevez donc maintenant d’agir. Les Corinthiens avaient besoin de terminer ce qu’ils avaient commencé, à savoir la collecte des offrandes (cf. #Lu 9:62 ; #1Co 16: 2). Ils avaient besoin de ce rappel, car ils avaient probablement interrompu la collecte sous l’influence des faux docteurs; ceux-ci avaient dû accuser Paul d’être un profiteur qui garderait l’argent pour lui (cf. #2Co 2:17).

 

12  La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu’elle n’a pas.

La bonne volonté. C’est-à-dire l’empressement à partager, le désir ardent de donner de ses biens. C’est l’attitude de cœur de celui qui fait le don qui prime aux yeux de Dieu, non le montant de son offrande (cf. #2Co 9:7 ; #Mr 12:41-44).

en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition. Chacun doit donner selon les ressources disponibles, c’est pourquoi le N.T. n’indique ni un montant précis pour les dons, ni un pourcentage des revenus à donner. Si quelqu’un possède beaucoup, il peut donner beaucoup; et si quelqu’un possède peu, il pourra donner peu (cf. #2Co 9:6).

et non de ce qu’elle n’a pas. Les croyants n’ont pas à s’endetter pour pouvoir faire un don, ni à se réduire à la pauvreté. Dieu ne demande jamais aux croyants de se rendre volontairement pauvres. Les Macédoniens reçurent une bénédiction particulière de la grâce pour donner dans une si large mesure.

 

13  Car il s’agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres,

14  (8-13) mais de suivre une règle d’égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, (8-14) afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu’il y ait égalité,

égalité. Il est ici question d’équilibre (le terme grec est aussi à la base de celui d’isostasie). Le principe général, c’est que, dans le corps de Christ, certains croyants, qui disposent de plus qu’ils n’ont besoin, devraient venir en aide à ceux qui n’ont pas assez pour répondre à leurs besoins (cf. #1Ti 6:17-18). Paul ne vise pas une redistribution des richesses au sein de l’Église, mais une aide qui permette de pourvoir aux premières nécessités de chacun.

 

15  selon qu’il est écrit : Celui qui avait ramassé beaucoup n’avait rien de trop, et celui qui avait ramassé peu n’en manquait pas.

selon qu’ il est écrit. Citation d’#Ex 16: 18. Le ramassage de la manne dans le désert par les Israélites était une illustration appropriée du partage des ressources: certains, qui avaient pu en prendre plus que d’autres, partagèrent apparemment leur nourriture, de sorte que personne ne manqua du nécessaire.

16 ¶  Grâces soient rendues à Dieu de ce qu’il a mis dans le cœur de Tite le même empressement pour vous ;

Tite. Tite avait déjà commencé, au moins une année plus tôt, à motiver les Corinthiens à préparer la collecte destinée aux chrétiens de Jérusalem dans le besoin. À son retour à Corinthe, alors qu’il était porteur d’une lettre qui contenait des critiques sévères, Paul l’encouragea à aider les croyants à terminer de rassembler l’argent du soutien.

 

17  car il a accueilli notre demande, et c’est avec un nouveau zèle et de son plein gré qu’il part pour aller chez vous.

18  Nous envoyons avec lui le frère dont la louange en ce qui concerne l’Évangile est répandue dans toutes les Églises,

le frère. Son nom n’est pas mentionné, puisqu’il s’agissait d’une personne renommée parmi les croyants et au-dessus de tout soupçon. C’était un éminent prédicateur, dont l’intervention devait contribuer à accroître la confiance dans le bon déroulement de cet envoi d’argent à l’Église de Jérusalem.

 

19  et qui, de plus, a été choisi par les Églises pour être notre compagnon de voyage dans cette œuvre de bienfaisance, que nous accomplissons à la gloire du Seigneur même et en témoignage de notre bonne volonté.

choisi par les Églises. Afin de protéger Paul et Tite de fausses accusations concernant une mauvaise utilisation de l’argent, les Églises désignèrent un frère en qui elles avaient confiance (v. #2Co 8:18) pour les représenter et leur assurer que l’entreprise serait menée à son terme.

à la gloire du Seigneur lui-même. Paul tenait à un contrôle rigoureux pour mettre le nom de Christ à l’abri d’un déshonneur dans le cas d’un détournement de l’argent qui lui avait été confié. Il désirait éviter tout motif de critiques ou d’accusations justifiées.

 

20  Nous agissons ainsi, afin que personne ne nous blâme au sujet de cette abondante collecte, à laquelle nous donnons nos soins ;

21  car nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes.

nous recherchons ce qui est bien. Paul se préoccupait de savoir ce que les autres pensaient de ses actes, d’autant plus que le don était considérable.

 

22  Nous envoyons avec eux notre frère, dont nous avons souvent éprouvé le zèle dans beaucoup d’occasions, et qui en montre plus encore cette fois à cause de sa grande confiance en vous.

notre frère. Un troisième membre de la délégation chargée de ramener le don. Son nom n’est pas mentionné.

 

23  Ainsi, pour ce qui est de Tite, il est notre associé et notre compagnon d’œuvre auprès de vous ; et pour ce qui est de nos frères, ils sont les envoyés des Églises, la gloire de Christ.

notre associé et notre compagnon d’œuvre. Tite fut un collaborateur de Paul et son proche compagnon, un ouvrier dans la foi parmi les Corinthiens.

envoyés des Églises. Le même mot grec  apostolos - peut être traduit par « messager, envoyé » ou « apôtre ». Les deux hommes qui accompagnèrent Tite étaient des apôtres dans le sens où ils furent chargés d’une mission et envoyés par les Églises. Ils n’étaient cependant pas des apôtres de Christ (#2Co 11:13 ; #1Th 2:6), parce qu’ils n’étaient ni des témoins oculaires du Seigneur ressuscité, ni envoyés personnellement par lui.

gloire de Christ. L’éloge le plus précieux, la recommandation de la plus grande valeur qui soit, consiste à décrire quelqu’un comme rendant gloire à Christ. Tel était le cas de ces deux messagers.

 

24  Donnez-leur donc, à la face des Églises, la preuve de votre charité, et montrez-leur que nous avons sujet de nous glorifier de vous.




2 CORINTHIENS 9 * 1 à 15


1 ¶  Il est superflu que je vous écrive touchant l’assistance destinée aux saints.

l’assistance destinée aux saints. C’est-à-dire l’offrande qu’ils rassemblaient pour les croyants de Jérusalem (voir la note sur 8:4 {==> "2Co 8:4"}).

 

2  Je connais, en effet, votre bonne volonté, dont je me glorifie pour vous auprès des Macédoniens, en déclarant que l’Achaïe est prête depuis l’année dernière ; et ce zèle de votre part a stimulé le plus grand nombre.

Paul ne fait qu’appeler les Corinthiens à revenir à leur premier élan, au moment où ils avaient décidé de participer à l’offrande. La confusion et les mensonges répandus par les faux docteurs (selon lesquels Paul était un imposteur qui exerçait son ministère uniquement pour le gain qu’il pouvait en tirer) avaient divisé les croyants et les avaient détournés de ce projet.

Macédoniens. Les croyants des Églises de la province de Macédoine, qui se trouvait dans la partie nord de la Grèce (voir les notes sur 8:1-5 {==> "2Co 8:1"}).

Achaïe. La province du sud de la Grèce où Corinthe était située.

 

3  J’envoie les frères, afin que l’éloge que nous avons fait de vous ne soit pas réduit à néant sur ce point-là, et que vous soyez prêts, comme je l’ai dit.

4  Je ne voudrais pas, si les Macédoniens m’accompagnent et ne vous trouvent pas prêts, que cette assurance tournât à notre confusion, pour ne pas dire à la vôtre.

5  J’ai donc jugé nécessaire d’inviter les frères à se rendre auparavant chez vous, et à s’occuper de votre libéralité déjà promise, afin qu’elle soit prête, de manière à être une libéralité, et non un acte d’avarice.

votre libéralité. Dès qu’ils eurent connaissance du besoin, les Corinthiens promirent certainement à Paul de faire un don important.

 

un acte d’avarice. Littéralement « de la cupidité », c’est-à-dire la volonté de posséder plus, même si cela doit être au détriment des autres. Une telle attitude met en évidence l’égoïsme et l’orgueil, dont la volonté de donner se ressent. Elle est naturelle pour les non-croyants, mais ne devrait pas se rencontrer chez les croyants (cf. #Ps 10:3 ; #Ec 5:9 ; #Mi 2:2 ; #Mr 7:22 ; #Ro 1:29 ; #1Co 5:11 ; #1Co 6:9-10 ; #Ep 5:3-5 ; #1Ti 6:10 ; #2P 2:14).

 

6 ¶  Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment.

Paul rappelle un principe de base dans le domaine agricole  la récolte est directement proportionnelle à la quantité de semence répandue - et l’applique à l’attitude du chrétien dans le domaine de l’offrande (cf. #Pr 11:24-25 ; #Pr 19: 17 ; #Lu 6:38 ; #Ga 6:7).

abondamment. Ce terme traduit une expression grecque formée avec le mot « bénédiction ». Lorsqu’un croyant fait un acte de foi et donne généreusement parce qu’il a confiance en Dieu, avec le désir de produire les plus grandes bénédictions possibles, il obtient une récolte de bénédictions (cf. #Pr 3:9-10 ; #Pr 28:27 ; #Mal 3:10). La personne qui investit en Dieu reçoit des récompenses de sa part en retour. Investissez peu et vous recevrez peu, et inversement (cf. #Lu 6:38).

 

7  Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie.

comme il l’a résolu. Ce verbe n’apparaît qu’ici dans le N.T. et indique l’existence d’un plan d’action prémédité et prédéterminé, venant du cœur, qui est le fruit de la volonté et non d’une impulsion. Il s’agit ici du rappel d’un vieux principe biblique concernant l’offrande (voir la note sur 8:3 {==> "2Co 8:3"};  cf. #Ex 25:2).

sans tristesse. On ne doit pas donner à contrecœur, en souffrant et en regrettant son geste, uniquement par devoir ou par obligation et sans aucune joie.

contrainte. Il est ici question de coercition et de pressions extérieures, probablement accompagnées d’exigences légalistes. Les croyants ne sont pas censés offrir des dons en fonction de la demande des autres, ni d’après des principes arbitraires, ni encore selon des montants prédéterminés.

Dieu aime celui qui donne avec joie. Dieu éprouve un amour particulier pour ceux qui sont heureux de donner avec générosité et dont le cœur est sincèrement enthousiaste à l’idée de donner.

 

8  Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre,

combler de toutes ses grâces. Dieu dispose d’une quantité infinie de grâce, et il en fait don sans compter et sans retenue (cf. #1Ch 29:14). Dans ce passage, le mot « grâce » ne renvoie pas à une grâce d’ordre spirituel, mais simplement à de l’argent et à d’autres biens matériels. Lorsque le croyant fait don de ses ressources avec générosité et sagesse, Dieu, dans sa grâce, les remplace afin que ses enfants soient toujours dans l’abondance et ne manquent d’aucun bien (cf. #2Ch 31:10).

de quoi satisfaire à tous vos besoins. Littéralement « toute autarcie ». Dans la philosophie séculière grecque, le sentiment orgueilleux d’autosuffisance était censé mener au vrai bonheur. Paul sanctifie ce terme et enseigne que c’est Dieu, et non l’homme, qui pourvoira à tout ce qui est nécessaire au vrai bonheur et au vrai contentement (cf. #Ph 4:19).

en abondance pour toute bonne œuvre. Dieu récompense sans retenue ceux qui donnent avec générosité et avec joie, non pas pour qu’ils jouissent de manière égoïste de plaisirs superflus, mais pour qu’ils puissent pourvoir aux divers besoins des autres (cf. #De 15:10-11).

 

9  selon qu’il est écrit : Il a fait des largesses, il a donné aux indigents ; Sa justice subsiste à jamais.

Paul recourt à l’enseignement de l’A.T. (#Ps 112:9) pour appuyer ses propos sur les principes divins dans le domaine de la libéralité. Dieu pourvoit aux besoins du juste qui donne avec générosité, et il le récompense jusque dans l’éternité.

 

10  Celui qui Fournit de la semence au semeur, Et du pain pour sa nourriture, vous fournira et vous multipliera la semence, et il augmentera les fruits de votre justice.

Paul trouve en #Esa 55:10 un soutien supplémentaire de l’A.T.: le Dieu qui pourvoit fidèlement à tous les besoins physiques de ses créatures et qui est bon envers tous les hommes est aussi rempli d’une bonté particulière pour ses enfants. Il accomplit toujours sa promesse de les récompenser de leur générosité.

fruits de votre justice. Les bénédictions temporelles et éternelles de Dieu pour celui qui donne avec générosité (cf. #Os 10:12).

 

11  Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de libéralités qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de grâces.

12  Car le secours de cette assistance non seulement pourvoit aux besoins des saints, mais il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu.

le secours de cette assistance. Le mot « assistance », qui peut aussi être traduit par « service », s’appliquait aux activités des sacrificateurs; le mot « liturgie » en est dérivé. Paul considérait l’ensemble de cette œuvre de collecte comme un projet à caractère spirituel, destiné premièrement à la gloire de Dieu.

pourvoit aux besoins des saints. Le verbe grec est doublement intensif et pourrait se traduire par « pourvoir vraiment et totalement ». Cette nuance de sens indique que l’Église de Jérusalem avait de grands besoins. Ses membres étaient en grande partie des pèlerins venus à Jérusalem pour célébrer la fête de la Pentecôte, qui s’étaient convertis suite à la prédication de Pierre. Ils étaient ensuite restés dans la ville sans ressources adéquates. De nombreux habitants de la ville avaient certainement perdu leur travail durant les vagues de persécution qui suivirent le martyre d’Etienne (#Ac 8:1). Cependant, les Corinthiens étaient suffisamment prospères (ils n’avaient pas encore souffert la persécution et les privations comme les Macédoniens, 8:1-4) pour répondre aux besoins considérables de leurs frères par un don matériel généreux.

 

13  En considération de ce secours dont ils font l’expérience, ils glorifient Dieu de votre obéissance dans la profession de l’Évangile de Christ, et de la libéralité de vos dons envers eux et envers tous ;

ce secours dont ils font l’expérience. Ou « la preuve de ce ministère ». La collecte fournissait aussi l’occasion de prouver l’authenticité de la foi des Corinthiens (cf. #Ja 1:22 ; #1Jn 2:3-4). Les croyants d’origine juive qui doutaient de la réalité du salut des païens se montraient particulièrement sceptiques à l’égard des Corinthiens, en raison des nombreux problèmes que rencontrait leur assemblée. Le zèle qu’ils mettaient à participer à cette collecte pour les frères de Jérusalem réduisait de tels doutes à néant.

obéissance dans la profession. Une soumission obéissante à la Parole de Dieu est toujours la preuve d’une confession authentique de Christ en tant que Seigneur et Sauveur (#Ep 2:10 ; #Ja 2:14-20 ; cf. #Ro 10:9-10). Si les Corinthiens agissaient de manière adéquate et participaient à la collecte organisée par Paul, les croyants d’origine juive ne pouvaient qu’être persuadés que leur conversion était bien réelle.

 

14  ils prient pour vous, parce qu’ils vous aiment à cause de la grâce éminente que Dieu vous a faite.

Ce verset illustre la vérité qui veut que la prière mutuelle soit au cœur de l’unité chrétienne véritable. Lorsque les croyants de Jérusalem reconnurent que Dieu était à l’œuvre dans l’Église de Corinthe, à la suite de l’offrande envoyée par ses membres, ils devinrent amis en Christ et prièrent pour eux, en remerciant Dieu pour leur générosité, qui était la marque de leur amour.

la grâce éminente que Dieu vous a faite. L’Esprit de Dieu était à l’œuvre d’une manière particulière dans la vie des Corinthiens

 

15  Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable !

Pour résumer son message, Paul compare l’action des croyants qui donnent de leurs biens à celle de Dieu lorsqu’il a donné Jésus-Christ, son don merveilleux (cf. #Ro 8:32): Dieu a enterré son Fils et récolté une abondante moisson, composée de tous ceux qui ont mis leur foi dans le Christ ressuscité (cf. #Jn 12:24). Ce don permet aux croyants de semer et de récolter dans la joie et avec abondance, en se sacrifiant eux-mêmes. Lorsqu’ils donnent de cette manière, ils manifestent leur ressemblance à Christ (cf. #Jn 12:25-26 ; #Ep 5:1-2).

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