L`évangile selon Matthieu 50-60 après Jésus-Christ

29/12/2013 18:16
L`évangile selon Matthieu 

 

50-60 après Jésus-Christ

PAR

JOHN MACARTHUR

       Matthieu  qui signifie « cadeau du Seigneur » - était l’autre nom de Lévi, le publicain qui laissa tout pour suivre Christ (#Mt 9:9 ; #Lu 5:27-28). Il était l’un des douze apôtres (#Mt 10:3 ; #Mr 3:18 ; #Lu 6:15 ; #Ac 1:13) et se donne explicitement le titre de « publicain » (collecteur d’impôts) lorsqu’il dresse la liste des douze (#Mt 10:3). Nulle part ailleurs dans l’Ecriture, le nom de Matthieu n’est associé à ce titre infamant; les autres évangélistes emploient toujours son nom d’origine, Lévi, quand ils évoquent son passé d’homme pécheur. Que Matthieu s’identifie ainsi révèle son humilité. A l’instar des trois autres, cet Evangile porte le nom de son auteur. 
 
Auteur et date 
 
       Ni la canonicité ni la paternité de cet Evangile n’ont été remises en question par l’Eglise primitive. Eusèbe (environ 265-339 apr. J.-C.) cite Origène (environ 185-254 apr. J.-C.) ainsi: 
 
Comme je l’ai appris par la tradition à propos des quatre Evangiles  les seuls aussi à être incontestés dans l’Eglise de Dieu qui est sous le ciel -, d’abord a été écrit celui selon Matthieu, qui fut un moment publicain avant d’être apôtre de Jésus-Christ: il l’a édité pour les croyants d’origine judaïque, et composé en langue hébraïque. (Histoire ecclésiastique, 6:25) 
 
       Il est clair que l’Evangile de Matthieu a été écrit à une date relativement ancienne, avant la destruction du temple en l’an 70 apr. J.-C. Certains commentateurs ont même suggéré la date de l’an 50 apr. J.-C. Pour un exposé plus complet des questions liées à l’origine et à la date de cet Evangile, voir « le problème synoptique {==> "Mr 1:1"} » dans l’introduction à Marc, questions d’interprétation. 
Contexte et arrière-plan 
 
       La tonalité juive de l’Evangile de Matthieu est frappante. Cela apparaît dès la généalogie qui débute l’ouvrage et dans laquelle Matthieu remonte seulement jusqu’à Abraham. Par contraste, voulant montrer que Christ est le rédempteur de l’humanité tout entière, Luc remonte jusqu’à Adam. Matthieu a un objectif plus limité: démontrer que Christ est le roi et le Messie d’Israël. Il cite plus de soixante passages prophétiques de l’A.T., mettant l’accent sur l’accomplissement de toutes ces promesses en Christ. 
 
       Plusieurs éléments plaident en faveur d’un lectorat essentiellement juif de Matthieu. Tout d’abord, en général, Matthieu cite les coutumes juives sans les expliquer, contrairement aux autres Evangiles (cf. #Mr 7:3 ; #Jn 19:40). Ensuite, il désigne continuellement le Christ comme « le Fils de David » (#Mt 1:1 ; #Mt 9:27 ; #Mt 12:23 ; #Mt 15:22 ; #Mt 20:30 ; #Mt 21:9, #Mt 21:15 ; #Mt 22:42, #Mt 22:45). Par ailleurs, il se montre sensible à la tradition juive relative au nom de Dieu, puisqu’il préfère parler du « royaume des cieux » alors que les autres évangélistes utilisent l’expression « le royaume de Dieu ». Enfin, les thèmes majeurs du livre sont enracinés dans l’A.T. et placés sous l’éclairage des attentes messianiques d’Israël. 
 
       Que Matthieu emploie le grec peut suggérer qu’il écrivait en tant que Juif d’Israël à des Juifs hellénistes qui habitaient ailleurs. Il écrit en témoin oculaire de la plupart des événements qu’il relate, livrant un témoignage direct des paroles et des actes de Jésus de Nazareth. 
 
       Son objectif est clair: démontrer que Jésus est le Messie tant attendu de la nation juive. Ses citations abondantes de l’A.T. sont là pour établir un lien entre le Messie de la promesse et le Christ de l’histoire. Matthieu n’écarte jamais cet objectif de sa pensée, et il invoque fréquemment des détails tirés des prophéties de l’A.T. comme preuves des prétentions messianiques de Jésus #Mt 2:17-18 ; #Mt 4:13-15 ; #Mt 13:35 ; #Mt 21:4-5 ; #Mt 27:9-10). 
 
Thèmes historiques et théologiques 
 
       Puisque Matthieu se soucie de dépeindre Jésus comme le Messie, le roi des Juifs, nous trouvons tout au long de son Evangile un intérêt prononcé pour les promesses de l’A.T. sur le royaume. L’expression « royaume des cieux » (propre à Matthieu) se retrouve trente-deux fois dans ce livre, et nulle part ailleurs dans l’ensemble de l’Ecriture. 
       La généalogie qui ouvre l’Evangile veut attester les droits de Christ à la royauté, et le reste de l’ouvrage développe ce thème. Matthieu montre que Christ est l’héritier de la lignée royale. Il démontre qu’il est l’accomplissement de douzaines de prophéties de l’A.T. concernant le roi qui devait venir. Il offre preuve après preuve pour appuyer les prétentions royales de Christ. Toutes les autres considérations historiques et théologiques du livre tournent autour de ce thème central. 
 
       Matthieu rapporte cinq discours principaux: le sermon sur la montagne (ch. #Mt 5:1-7:2); la mission des apôtres (ch. #Mt 10); les paraboles du royaume (ch. #Mt 13); un exposé sur la ressemblance du croyant avec un enfant (ch. #Mt 18) et le discours sur le retour de Christ (ch. #Mt 24:1-25:2). Chacun se termine avec une variation de la formule « lorsque Jésus eut achevé ces discours » (#Mt 7:28 ; #Mt 11:1 ; #Mt 13:53 ; #Mt 19:1 ; #Mt 26:1). Cette phrase devient l’indice qui signale une transition dans le récit. L’Evangile, qui se divise naturellement en cinq sections comportant chacune une allocution et un récit, est encadré par une longue introduction (ch. #Mt 1-4) et une courte conclusion (#Mt 28:16-20). Plusieurs ont établi un parallèle entre ces cinq parties et les cinq livres de Moïse dans l’A.T. 
 
       Le conflit entre Christ et le pharisaïsme est un autre thème récurrent de l’Evangile de Matthieu. Mais s’il cherche à montrer l’erreur des pharisiens, c’est dans l’intérêt de ses lecteurs juifs, et non pour des raisons personnelles ou d’autoexaltation (il omet, par exemple, la parabole du pharisien et du publicain, alors qu’elle l’aurait placé sous un éclairage favorable). 
 
       Matthieu mentionne en outre les sadducéens plus que les autres évangélistes. Les pharisiens et les sadducéens sont souvent décrits de façon négative et nous sont présentés à titre de mise en garde. Leur doctrine est un levain qui doit être évité (#Mt 16:11-12). Leurs différences doctrinales n’ont pas empêché que ces deux groupes s’unissent dans leur haine vis-à-vis de Christ. Pour Matthieu, ils étaient l’exemple même de tous ceux qui, en Israël, rejetaient la royauté de Christ. 
 
       Enfin, le rejet du Messie d’Israël est un autre thème constamment présent. Les attaques contre Jésus y sont plus fortement dépeintes que dans les autres Evangiles: de la fuite en Egypte à la scène de la croix, Matthieu brosse un tableau particulièrement vif du rejet dont Christ a été l’objet. Dans le récit de la crucifixion qu’il nous rapporte, aucun brigand ne se repent, et on ne trouve aucun ami ni bien-aimé au pied de la croix. Dans sa mort, Jésus est abandonné même par Dieu (#Mt 27:46). L’ombre du rejet n’est jamais absente du récit. 
 
       Cependant, Matthieu présente Christ comme un roi victorieux qui, un jour, reviendra « sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire » (#Mt 24:30). 
Questions d’interprétation 
 
       Comme mentionné ci-dessus, Matthieu organise les éléments de son récit autour de cinq grands discours. Il ne cherche pas à suivre une chronologie stricte, et une comparaison des Evangiles révèle qu’il distribue les événements librement. Il traite de thèmes et de concepts larges, sans développer un recueil suivi. 
 
       Les passages prophétiques présentent un défi particulier. Le discours de Jésus sur le mont des Oliviers, par exemple, contient certains détails qui évoquent des images de la destruction violente de Jérusalem en l’an 70 apr. J.-C. Les propos de Jésus en #Mt 24:34 ont conduit quelques-uns à conclure que toutes ces prophéties s’étaient accomplies  non littéralement toutefois - lors de la conquête romaine de cette époque. Ce point de vue est connu sous le terme de « prétérisme ». Mais il représente une sérieuse erreur d’interprétation: il force à introduire dans ces passages des significations spiritualisées, allégoriques, que l’on ne peut découvrir par les méthodes ordinaires de l’exégèse. En abordant ce passage du point de vue de l’herméneutique historico-grammaticale, selon l’approche qu’il convient d’adopter, on obtient une interprétation futuriste cohérente de prophéties cruciales. 
 
       Pour une explication du problème synoptique, voir l’introduction à Marc {==> "Mr 1:1"}, questions d’interprétation {==> "Mr 1:1"}. 
 
Plan 
 
 
Plan
 
I. Prologue: la venue du Roi (1:1-4:25)
 
A. Sa naissance (1:1-2:23)
 
1. Son ascendance (1:1-17)
2. Sa venue (1:18-25)
3. Son adoration (2:1-12)
4. Ses adversaires (2:13-23)
 
B. Son entrée dans le ministère public (3:1-4:25)
 
1. Son précurseur (3:1-12)
2. Son baptême (3:13-17)
3. Sa tentation (4:1-11)
4. Son premier ministère (4:12-25)
 
II. L’autorité du Roi (5:1-9:38)
 
A. 1er discours: le sermon sur la montagne (5:1-7:29)
 
1. Justice et bonheur (5:1-12)
2. Justice et engagement en tant que disciple (5:13-16)
3. Justice et Ecriture (5:17-20)
4. Justice et comportement (5:21-48)
5. Justice et piété (6:1-18)
6. Justice et relation avec le monde (6:19-34)
7. Justice et relations humaines (7:1-12)
8. Justice et salut (7:13-29)
 
B. 1er récit: les miracles d’authentification (8:1-9:38)
 
1. Un lépreux purifié (8:1-4)
2. Le serviteur d’un centenier guéri (8:5-13)
3. La belle-mère de Pierre guérie (8:14-15)
4. Des foules guéries (8:16-22)
5. Les vents et la mer apaisés (8:23-27)
6. Deux démoniaques libérés (8:28-34)
7. Un paralytique pardonné et guéri (9:1-8)
8. Un collecteur d’impôts appelé (9:9-13)
9. La réponse à une question (9:14-17)
10. Une jeune fille ressuscitée (9:18-26)
11. Deux aveugles qui retrouvent la vue (9:27-31)
12. Un muet qui parle (9:32-34)
13. Compassion pour la foule (9:35-38)
 
III. Le programme du Roi (10:1-12:50)
 
A. 2e discours: le mandat confié aux douze (10:1-42)
 
1. Les hommes du Maître (10:1-4)
2. L’envoi des disciples (10:5-23)
3. Les caractéristiques du disciple (10:24-42)
 
B. 2e récit: la mission du Roi (11:1-12:50)
 
1. L’identité de Jésus confirmée aux disciples de Jean (11:1-19)
2. Malheurs prononcés sur les impénitents (11:20-24)
3. Du repos pour ceux qui sont fatigués (11:25-30)
4. Affirmation de seigneurie sur le sabbat (12:1-13)
5. Une opposition fomentée par les chefs juifs (12:14-45)
6. Des relations familiales éternelles (12:46-50)
 
IV. Les adversaires du Roi (13:1-17:27)
 
A. 3e discours: les paraboles du royaume (13:1-52)
 
1. Les terrains (13:1-23)
2. Le blé et l’ivraie (13:24-30, 34-43)
3. Le grain de sénevé (13:31-32)
4. Le levain (13:33)
5. Le trésor caché (13:44)
6. La perle de grand prix (13:45-46)
7. Le filet (13:47-50)
8. Le maître de maison (13:51-52)
B. 3e récit: le conflit du royaume (13:53-17:27)
 
1. Nazareth rejette le Roi (13:53-58)
2. Hérode tue Jean-Baptiste (14:1-12)
3. Jésus nourrit les 5000 (14:13-21)
4. Jésus marche sur l’eau (14:22-33)
5. Les foules recherchent la guérison (14:34-36)
6. Les scribes et les pharisiens défient Jésus (15:1-20)
7. Une femme cananéenne croit (15:21-28)
8. Jésus guérit des foules (15:29-31)
9. Jésus nourrit les 4000 (15:32-39)
10. Les pharisiens et les sadducéens recherchent un signe (16:1-12)
11. Pierre confesse le Christ (16:13-20)
12. Jésus annonce sa mort (16:21-28)
13. Jésus révèle sa gloire (17:1-13)
14. Jésus guérit un enfant (17:14-21)
15. Jésus annonce qu’il sera trahi (17:22-23)
16. Jésus paie l’impôt du temple (17:24-27)
 
V. L’administration du Roi (18:1-23:39)
 
A. 4e discours: le croyant comparé à un enfant (18:1-35)
 
1. Un appel à avoir une foi d’enfant (18:1-6)
2. Une mise en garde contre les occasions de chute (18:7-9)
3. Une parabole sur une brebis perdue (18:10-14)
4. Un modèle pour la discipline dans l’Eglise (18:15-20)
5. Une leçon sur le pardon (18:21-35)
 
B. 4e récit: le ministère à Jérusalem (19:1-23:39)
 
1. Quelques leçons du Roi (19:1-20:28)
 
a. Sur le divorce (19:1-10)
b. Sur le célibat (19:11-12)
c. Sur les enfants (19:13-15)
d. Sur le renoncement (19:16-22)
e. Sur les obstacles au salut (19:23-30)
f. Sur l’égalité dans le royaume (20:1-16)
g. Sur sa mort (20:17-19)
h. Sur la grandeur véritable (20:20-28)
 
2. Quelques œuvres du Roi (20:29-21:27)
 
a. Il guérit deux aveugles (20:29-34)
b. Il reçoit l’adoration (21:1-11)
c. Il purifie le temple (21:12-17)
d. Il maudit un figuier (21:18-22)
e. Il évite un piège (21:23-27)
 
3. Quelques paraboles du Roi (21:28-22:14)
 
a. Les deux fils (21:28-32)
b. Les méchants vignerons (21:33-46)
c. Les noces (22:1-14)
 
4. Quelques réponses du Roi (22:15-46)
 
a. Aux hérodiens: sur les impôts (22:15-22)
b. Aux sadducéens: sur la résurrection (22:23-33)
c. Aux scribes: sur le plus grand commandement (22:34-40)
d. Aux pharisiens: sur le fils de David (22:41-46)
 
5. Quelques jugements du Roi (23:1-39)
 
a. Malheur aux scribes et aux pharisiens (23:1-36)
b. Malheur à Jérusalem (23:37-39)
 
VI. L’expiation accomplie par le Roi (24:1-28:15)
 
A. 5e discours: le discours sur le mont des Oliviers (24:1-25:46)
1. La destruction du temple (24:1-2)
2. Les signes des temps (24:3-31)
3. La parabole du figuier (24:32-35)
4. La leçon de Noé (24:36-44)
5. La parabole des deux serviteurs (24:45-51)
6. La parabole des dix vierges (25:1-13)
7. La parabole des talents (25:14-30)
8. Le jugement des nations (25:31-46)
 
B. 5e récit: la crucifixion et la résurrection (26:1-28:15)
 
1. Le complot (26:1-5)
2. L’onction accomplie par Marie (26:6-13)
3. La trahison de Judas (26:14-16)
4. La Pâque (26:17-30)
5. L’annonce du reniement de Pierre (26:31-35)
6. L’agonie de Jésus (26:36-46)
7. L’arrestation de Jésus (26:47-56)
8. Le procès devant le sanhédrin (26:57-68)
9. Le reniement de Pierre (26:69-75)
10. Le suicide de Judas (27:1-10)
11. Le procès devant Pilate (27:11-26)
12. La raillerie des soldats (27:27-31)
13. La crucifixion (27:32-56)
14. La mise au tombeau (27:57-66)
15. La résurrection (28:1-15)
 
VII. Epilogue: le mandat confié par le Roi (28:16-20)
 
 
 

 

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