LA DEUXIÈME ÉPÎTRE DE PIERRE

29/12/2013 18:43
LA DEUXIÈME ÉPÎTRE DE PIERRE

 

67-68 après Jésus-Christ
 

      L’affirmation claire que Pierre est l’auteur de cette épître en #2P 1:1 donna son titre à cette lettre. Pour la distinguer de la première épître, on lui attribua le titre grec « Petrou B », c’est-à-dire 2 Pierre.

 

Auteur et date

 

       L’auteur de 2 Pierre est l’apôtre Pierre (voir l’introduction à 1 Pierre {==> "1P 1:1"}). En #2P 1:1, il se présente comme tel; en #2P 3:1, il fait allusion à sa première lettre; en #2P 1:14, il parle de la prédiction que le Seigneur lui avait faite à propos de sa mort (#Jn 21:18-19); en #2P 1:16-18, il affirme avoir été témoin de la transfiguration (#Mt 17:1-4). Cependant, plus que pour aucun autre livre du N.T., des critiques ont contesté l’authenticité de 2 Pierre et sa place dans le canon des Écritures. Les Pères de l’Église ont été lents à accepter cette lettre; aucun d’eux n’y fait nommément allusion avant Origène, au début du IIIe siècle. Historien de l’Église ancienne, Eusèbe l’inclut tout juste dans sa liste des livres contestés avec Jacques, Jude, 2 Jean et 3 Jean. Même certains réformateurs importants ne l’ont acceptée qu’avec hésitation.

 

       La question des différences de style, du point de vue du grec, entre les deux épîtres a trouvé une réponse satisfaisante: Pierre affirme avoir recouru aux services d’un secrétaire, Silvain, pour 1 Pierre (cf. #1Pi 5:12); pour cette deuxième lettre, soit il a employé un autre secrétaire, soit il l’a rédigée lui-même. Les différences de vocabulaire entre les deux lettres peuvent aussi s’expliquer par les différences de thèmes. 1 Pierre a été écrite pour aider des chrétiens en difficulté, tandis que 2 Pierre vise à mettre en garde contre les faux docteurs. Il existe par ailleurs des similitudes remarquables dans le vocabulaire de ces deux livres: la salutation « Que la grâce et la paix vous soient multipliées » est identique; l’auteur utilise des mots tels que « précieux », « vertu », « se dévêtir », « témoin », pour n’en citer que quelques-uns. Certains termes peu usuels de 2 Pierre apparaissent dans les discours de l’apôtre transcrits dans les Actes des Apôtres, notamment « reçu en partage » et « avait part » (#2P 1:1 ; #Ac 1:17), « piété » (#2P 1:3, #2P 1:6-7 ; #2P 3:11 ; #Ac 3:12) et « salaire de l’iniquité » (#2P 2:13, #2P 2:15 ; #Ac 1:18). En outre, les deux lettres font allusion au même événement de l’A.T. (#2P 2:5 ; #3:18-20). Plusieurs ont relevé qu’il y avait autant de similitudes de vocabulaire entre 1 Pierre et 2 Pierre qu’entre 1 Timothée et Tite, deux courriers presque universellement reconnus comme étant de l’apôtre Paul.

      Les différences de thème expliquent certaines différences d’accent, notamment la raison pour laquelle une des lettres enseigne la proximité de la seconde venue de Christ alors que l’autre traite de son retard: 1 Pierre, cherchant à fortifier des chrétiens persécutés, souligne l’imminence du retour du Christ pour les encourager; 2 Pierre, traitant des moqueurs, explique pourquoi ce retour, quoique imminent, n’est pas encore survenu. Les autres différences relevées par les critiques  p. ex. la prétendue contradiction que représenterait le fait de parler de la résurrection de Christ dans une lettre et de sa transfiguration dans l’autre - apparaissent comme autant de contrastes forcés.

 

       Par ailleurs, il paraît irrationnel qu’un faux docteur se fasse passer pour l’auteur d’une lettre qui précisément dénonce les faux docteurs. Aucune doctrine peu habituelle, nouvelle ou fausse n’y apparaît. S’il s’agissait d’un faux, il aurait été écrit sans raison particulière, par un insensé. C’est trop difficile à croire. Ma conclusion à propos de cette polémique sur l’identité de l’auteur est donc la suivante: quand l’écrivain introduit sa lettre en se présentant comme l’apôtre Pierre, il écrit la vérité.

 

       Néron mourut en 68 apr. J.-C., et la tradition affirme que Pierre mourut lors de la persécution déclenchée par cet empereur. 2 Pierre a probablement été écrite juste avant sa mort (#2P 1:14 ; environ 67-68 apr. J.-C.).

 

Contexte et arrière-plan

 

       Depuis la rédaction et l’envoi de sa première lettre, Pierre était de plus en plus préoccupé par les faux docteurs qui s’infiltraient dans les Églises d’Asie Mineure. Ils avaient déjà provoqué des troubles, et l’apôtre s’attendait à ce que leurs doctrines hérétiques et leur vie immorale causent davantage encore de dommages dans l’avenir. Sous la forme de dernières volontés et d’un testament (#2P 1:13-15), il écrivit pour mettre en garde les croyants contre les dangers doctrinaux qui les guettaient.

 

       Pierre ne dit pas explicitement où il se trouvait lorsqu’il écrivit cette lettre, comme il le fait en 1 Pierre (#1P  5:13), mais on s’accorde à penser qu’il écrivit depuis sa prison à Rome, alors qu’il était confronté à une mort imminente. Il mourut peu après en martyr, crucifié la tête en bas, selon une tradition fiable (voir la note sur Jn 21:18-19 {==> "Jn 21:18"}).

     Pierre ne dit rien dans sa salutation sur les destinataires de sa lettre. Mais selon 3:1, il écrivit une seconde épître aux personnes à qui il avait destiné 1 Pierre: « à ceux qui sont étrangers et dispersés dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie » (#1Pi 1:1). Ces provinces se situaient en Asie Mineure, la Turquie moderne. Les chrétiens concernés étaient pour la plupart d’origine païenne (voir la note sur 1:1 {==> "2P 1:1"}).

 

Thèmes historiques et théologiques

 

       2 Pierre avait pour objectif de dévoiler, déjouer et combattre l’infiltration des faux docteurs dans l’Église. L’apôtre voulait enseigner aux chrétiens comment se défendre contre leur influence et leurs mensonges. Son épître contient l’exposé le plus vif et le plus profond sur les faux docteurs que l’on trouve dans l’Écriture; seule l’épître de Jude peut lui être comparée.

 

       La description de ces faux ouvriers est quelque peu générique. Pierre ne désigne pas une fausse religion, un faux culte ou un système d’enseignement particulier. Dans une présentation générale des caractéristiques des faux docteurs, il informe qu’ils enseignent des hérésies destructrices: ils renient le Christ et déforment les Écritures, ils discréditent la véritable foi et se moquent du retour de Christ. Mais Pierre était tout autant soucieux de révéler le caractère immoral de ces faux docteurs que les erreurs de leur enseignement. Il décrit leur conduite avec plus de détails que leur doctrine. La méchanceté n’est pas le produit d’une saine doctrine, mais des « sectes pernicieuses » (#2P 2:1).

 

       Il est possible de distinguer d’autres thèmes au milieu de la polémique pétrinienne vis-à-vis des faux docteurs. L’apôtre voulait motiver ses lecteurs à continuer de développer leur caractère chrétien (#2P 1:5-11). Ce faisant, il explique à merveille comment le croyant peut être sûr de son salut. Il voulait aussi persuader ses lecteurs du caractère divin des écrits apostoliques (#2P 1:12-21). Vers la fin de sa lettre, il présente des raisons qui expliquent le retard de la seconde venue de Christ (#2P 3:1-13).

 

       Un autre thème récurrent est l’importance de la connaissance. Le terme « connaissance » apparaît sous différentes formes 16 fois dans ces trois courts chapitres. Il est correct d’affirmer que la solution principale que Pierre propose pour résister aux enseignements erronés est la connaissance de la saine doctrine. Parmi les autres traits distinctifs de 2 Pierre figurent une affirmation précise de l’origine divine de l’Écriture (#2P 1:20-21), la notion d’une destruction future du monde par le feu (#2P 3:8-13) et la reconnaissance des lettres de Paul comme des écrits inspirés (#2P 3:15-16).

Questions d’interprétation

 

       La plus grande difficulté de cette épître réside peut-être dans la compréhension de 1:19-21, à cause de ses importantes implications quant à la nature et à l’authenticité de l’Écriture. Ce passage, avec #2Ti 3:15-17, est vital pour une juste perspective de l’inspiration de la Bible. La remarque de Pierre selon laquelle le Seigneur a racheté les faux docteurs (#2P 2:1) lance un défi herméneutique et théologique quant à la nature de l’expiation. L’identité des anges qui ont péché (#2P 2:4) pose un autre problème. Parmi ceux qui croient que le chrétien peut perdre son salut, beaucoup utilisent le passage de 2:18-22 pour justifier leur position. Ce passage, qui vise les faux docteurs, doit être clarifié afin de ne pas contredire un propos similaire adressé aux croyants en #2P 1:4. De plus, de qui est-il question en #2P 3:9 lorsque Dieu dit qu’il ne veut pas les voir périr? Toutes ces questions seront traitées dans les notes.

 

Plan

 

 

Salutations (1:1-2)

 

 

I. Premier rappel: le salut (1:3-11)

 

A. Le salut et la puissance de Dieu (1:3-4)

B. Le salut et ses confirmations (1:5-7)

C. Le salut et les récompenses (1:8-11)

II. Deuxième rappel: les Écritures (1:12-21)

 

A. La confirmation du témoignage apostolique (1:12-18)

B. L’inspiration du Saint-Esprit (1:19-21)

 

III. Troisième rappel: les adversaires (2:1-22)

 

A. Des adversaires sournois (2:1-3)

B. Des adversaires condamnés (2:4-10a)

C. Des adversaires arrogants (2:10b-17)

D. Des adversaires à l’influence dévastatrice (2:18-22)

 

IV. Quatrième rappel: la prophétie (3:1-18)

 

A. La certitude de la venue du jour du Seigneur (3:1-10)

B. La sanctification du peuple de Dieu (3:11-18)

 

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