LA TROISIÈME ÉPÎTRE DE JEAN

29/12/2013 19:24
LA TROISIÈME ÉPÎTRE DE JEAN

 

90-95 après Jésus-Christ
 

LA TROISIÈME ÉPÎTRE DE JEAN

 

90-95 après Jésus-Christ

 

 

      L’épître est intitulée « 3 Jean ». C’est la troisième et la dernière des épîtres attribuées à l’apôtre Jean. De tous les écrits du Nouveau Testament, 2 et 3 Jean se rapprochent le plus de la forme épistolaire conventionnelle du monde gréco-romain, puisqu’elles sont d’individu à individu(s). Elles constituent les deux épîtres les plus courtes du N.T., chacune contenant moins de 300 mots grecs et pouvant tenir sur une seule feuille de papyrus (cf. v. #3Jn 13).

 

Auteur et date

 

       L’auteur de cette lettre est l’apôtre Jean. Il se désigne lui-même comme « l’ancien » (v. #3Jn 1), terme qui souligne son âge avancé et son autorité d’apôtre, ainsi que sa qualité de témoin oculaire des événements survenus durant la période fondatrice du christianisme, c’est-à-dire l’époque du ministère de Jésus, auquel il prit une part active (cf. #2Jn 1). Bien que la date de rédaction ne puisse être établie avec précision, certains indices, tels que l’étroite similitude de structure, de style et de vocabulaire avec 2 Jean (v. #3Jn 1 cf. #2Jn 1 ; v. 4 cf.  #2Jn 4 ; v. 13 cf.  #2Jn 12 ; v. 14 cf.  #2Jn 12), permettent de la situer à la même époque que celle-ci ou peu après, soit vers 90-95 apr. J.-C. Les trois épîtres ont très probablement été écrites vers la fin de la vie de Jean, durant son ministère à Éphèse.

 

Contexte et arrière-plan

 

       La troisième épître de Jean est probablement la plus personnelle des trois. Alors que 1 Jean a la forme d’une lettre générale adressée aux assemblées dispersées dans toute l’Asie Mineure, et alors que 2 Jean s’adressait à une dame et à sa famille (#2Jn 1), 3 Jean a de toute évidence un destinataire unique: « Gaïus, le bien-aimé » (v. #3Jn 1). Elle se classe, de ce fait, parmi les rares épîtres du N.T. destinées à une seule personne (cf. Phm). « Gaïus » était un nom très répandu au Ier siècle (cf. #Ac 19: 29 ; #Ac 20: 4 ; #Ro 16: 23 ; #1Co 1:14), mais comme, en dehors de l’adresse de l’épître, nous ne savons rien sur son destinataire, on suppose généralement qu’il était membre de l’une des Églises placées sous la responsabilité spirituelle de Jean.

 

       Comme 2 Jean, 3 Jean a l’hospitalité pour thème central, mais la perspective est différente: alors que 2 Jean mettait en garde contre l’hospitalité accordée aux faux docteurs (#2Jn 7-11), 3 Jean condamne le manque d’hospitalité à l’égard des fidèles serviteurs de Dieu (vv. #3Jn 9-10). L’apôtre avait appris que des enseignants itinérants connus et approuvés de lui (vv. #3Jn 5-8) s’étaient rendus dans une Église où ils s’étaient vu refuser l’hospitalité (le gîte et le couvert) par un certain Diotrèphe. Auteur d’un comportement autoritaire dans ladite assemblée (v. #3Jn 10), celui-ci était allé jusqu’à calomnier l’apôtre Jean en lançant contre lui des accusations malveillantes et à exclure de l’assemblée quiconque osait défier son autorité (v. #3Jn 10).

     Tout à l’opposé, Gaïus, très cher ami de l’apôtre et homme fidèle à la vérité (vv. #3Jn 1-4), avait appliqué aux serviteurs de Dieu itinérants le principe de l’hospitalité chrétienne. Jean écrivit donc pour faire l’éloge de l’hospitalité ainsi exercée envers de dignes représentants de l’Évangile (vv. #3Jn 6-8) et pour condamner les agissements tyranniques de Diotrèphe (v. #3Jn 10). L’apôtre promit de redresser personnellement cette situation et envoya cette lettre par l’intermédiaire d’un dénommé Démétrius, qu’il recommanda pour son bon témoignage parmi les frères (vv. #3Jn 10-12).

 

Thèmes historiques et théologiques

 

       Le thème de 3 Jean est l’éloge d’une hospitalité chrétienne correctement comprise et appliquée tout autant que la condamnation des manquements à ces principes.

 

Questions d’interprétation

 

       Selon certains, Diotrèphe aurait été un enseignant hérétique ou, du moins, aurait été partisan des faux docteurs condamnés dans 2 Jean. Cependant, l’épître ne fournit aucune indication claire permettant de tirer une telle conclusion; elle ne précise même pas, comme on aurait pu s’y attendre, la nature de la conception hérétique de Diotrèphe. Ce qu’elle indique en revanche, c’est que le nœud de ses problèmes résidait dans son arrogance et sa désobéissance. Or ce sont deux attitudes qui touchent tout autant les croyants dont la doctrine est orthodoxe que les hérétiques.

 

Plan

 

I. L’hospitalité chrétienne recommandée (1-8)

II. Les manquements à l’hospitalité chrétienne condamnés (9-11)

III. Conclusion au sujet de l’hospitalité chrétienne (12-15)

 

https://cms.dieu-avant-tout-com.webnode.fr/