Pauvre

06/11/2018 07:55

Pauvre. L’inégale répartition des biens matériels ne correspond pas à l’idéal voulu de Dieu. En octroyant Canaan à son peuple (#Ex 6:4,8), il assure d’emblée une équitable distribution des terres. La Loi de Moïse permet aux Israélites d’opérer des transactions sur leurs biens, mais elle exige que, tous les 50 ans, chaque famille puisse retourner librement dans la propriété qui lui est échue en héritage lors du partage du pays (#Lé 25:8 et suivants). Cette ordonnance, visant à empêcher l’accaparement des terres, n’a pas entièrement supprimé la pauvreté, due tantôt à la faute d’un individu ou de ses antécédents, tantôt à des circonstances dont Dieu connaît la raison. Dans la théocratie israélite, l’indigence résultant de la paresse ou du crime est théoriquement exclue ; les pauvres sont considérés comme des enfants malheureux et éprouvés, mais bien-aimés de Dieu. Tous les indigents, surtout les veuves, les orphelins et les étrangers, sont l’objet de la sollicitude du Seigneur et des Israélites pieux, selon des dispositions précises de la Loi. Toute personne souffrant de la faim a le droit de l’apaiser avec les raisins ou les épis cueillis dans la propriété d’autrui, mais il lui est interdit d’en emporter. (#De 23:24,25) Les pauvres ont la permission de glaner derrière les moissonneurs, de prendre les épis laissés à la lisière du champ, et la gerbe oubliée. Après les récoltes, le grappillage, la cueillette des fruits laissés sont réservés aux pauvres (#Lé 19:9,10; 23:22 ; #De 24:19-21). La 7e et la 50e année, la terre n’est ni cultivée ni moissonnée. Ce qu’elle produit durant ce repos appartient de droit à la collectivité, qui s’en nourrit gratuitement (#Lé 25:4-7,11,12).

      L’Israélite tombé dans la misère peut vendre son travail à un maître, pour un certain nombre d’années, mais recouvre sa liberté l’année du jubilé (#Lé 25:39-42). Le prêt sollicité par l’indigent doit lui être accordé, même aux approches de l’année sabbatique, qui permet légalement au débiteur de ne pas s’acquitter de sa dette (#De 15:7-10). Lors d’un dénombrement, chaque Israélite âgé de 20 ans, de sexe masculin, riche ou pauvre, doit payer, comme rachat de sa personne, un impôt d’un demi-sicle, destiné d’abord au tabernacle (#Ex 30:11-16), puis à l’entretien du Temple (#2R 12:5,6). Quant aux offrandes présentées au sanctuaire par des gens pauvres, elles peuvent être parfois inférieures à celles des riches (#Lé 12:8; 14:21; 27:8). La Loi exhorte les Israélites aisés à inviter à leur table les moins privilégiés, lors des solennités religieux et des occasions de réjouissance (#De 16:11,14). La Bible montre de nombreux gestes de compassion pour le pauvre (#Job 31:16-22). La Loi défend d’opprimer le faible (#Ex 22:20-26), mais recommande cependant de le juger avec impartialité. Les exigences de la justice doivent prévaloir (#Ex 23:3 ; #Lé 19:15).

      Les périodes de déclin religieux ont souvent coïncidé avec la violation des préceptes charitables de la Loi, ce qui a motivé les discours des prophètes contre la dureté et l’injustice (#Esa 1:23; 10:2 ; #Ez 22:7,29 ; #Mal 3:5). Ceux qui s’attachent à la lettre de la Loi, et négligent son esprit, font l’aumône par orgueil, pour être vus (#Mt 6:1-2). De nombreuses promesses de grâce et de protection concernent les Israélites pieux, mais pauvres (#1S 2:8 ; #Job 5:15; 34:28; 36:15 ; #Ps 9:19; 10:14; 12:6; 34:7; 35:10). Celui qui a pitié de l’indigent est l’objet des bénédictions divines (#Ps 41:2 ; #Pr 14:21,31; 29:7). Au cours de son ministère, Jésus témoigne beaucoup d’amour aux pauvres (#Mt 19:21 ; #Lu 18:22 ; #Jn 13:29, etc.) ; c’est à eux, particulièrement, qu’il adresse la Bonne Nouvelle (#Mt 11:5 ; #Lu 14:21-23). L’Église primitive regarde comme l’un de ses devoirs les plus sacrés celui de secourir ses membres dénués de ressources, et d’aider aussi, dans la mesure du possible, les pauvres n’appartenant pas à la communauté chrétienne (#Ac 2:45; 4:32; 6:1-6; 11:27-30; 24:17 ; #1Co 16:1-3 ; #Ga 2:10 ; #1Th 3:6).

      L’esprit de pauvreté, d’humilité, doit caractériser les riches aussi bien que les pauvres (#Mt 5:3). Il est expressément recommandé de ne jamais faire acception de personnes, et de ne pas mépriser les pauvres « que Dieu a choisis pour qu’ils soient riches en la foi, et héritier du royaume » (#Ja 2:1-5). Certes il ne suffit pas d’être pauvre pour parvenir au salut ; mais il est plus facile de l’accepter lorsqu’on n’est pas attaché à d’abondantes richesses (#Lu 18:24-27).

 

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