Sacrificateur, Prêtre.

25/02/2016 16:53
Sacrificateur, Prêtre. 
Ministre attitré du culte, qui officie à l’autel et accomplit certains rites pour le compte de la communauté. Médiateurs entre l’homme et la divinité, les sacrificateurs ou prêtres formaient généralement une caste chez les Égyptiens, les Madianites, les Philistins, les Grecs, les Romains (#Ge 47:22 ; #Ex 2:16 ; #1S 6:2 ; #Ac 14:13). De temps immémorial ce furent des individus (par exemple Caïn, Abel), qui exercèrent certaines fonctions religieux avant que le sacerdoce soit organisé. Les patriarches s’acquittèrent de ces fonctions pour leur famille, leur tribu, par exemple Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Job. Le chef d’un peuple était aussi revêtu de la charge sacerdotale. 
 
      À l’époque de l’Exode, certains Israélites avaient cette prérogative par droit naturel. L’accroissement du nombre des Hébreux recourant à leurs services amena semble-t-il les Israélites investis de fonctions sacrées à s’y vouer uniquement (#Ex 19:22). Des sacrificateurs n’appartenant pas au sacerdoce lévitique continuèrent à officier même lorsque ce sacerdoce eut été organisé. Quand Dieu, sans passer par les sacrificateurs, se manifestait directement à un homme, celui-ci reconnaissait immédiatement son droit de sacrifier sans passer par les médiateurs officiels (#Jug 6:18,24,26; 13:16). Après le schisme, les Israélites pieux du royaume du nord ne purent plus recourir aux Lévites. Ils remirent alors en vigueur la coutume primitive : le père de famille, ou un autre Israélite autorisé, dressa l’autel et offrit les sacrifices à l’Éternel (#1R 18:30). 
 
      Le peuple, appelé au Sinaï à former une nation organisée, reçut en même temps un sanctuaire et un corps sacerdotal dignes de l’Éternel. Aaron et ses fils furent désignés pour le sacerdoce, déclaré héréditaire et réservé à la famille d’Aaron (#Ex 28:1; 40:12-15 ; #No 17:5; 17; 18:1-8 ; cf. #De 10:6 ; #1R 8:4 ; #Esd 2:36 et suivants). Tous les fils d’Aaron non atteints d’un défaut corporel, étaient sacrificateurs (#Lé 21:16 et suivants). Quand leur classe est mentionnée, il est question des « sacrificateurs », ou des « sacrificateurs, fils d’Aaron », allusion à leur ascendance (#Lé 1:5 ; #2Ch 26:18; 29:21; 35:14 ; cf. #No 3:3; 10:8 ; #Jos 21:19 ; #Né 10:39) ; on les nomme aussi « les sacrificateurs, les Lévites », rappel de leur tribu (#De 17:9,18; 18:1 ; #Jos 3:3; 8:33 ; #2Ch 23:18; 30:27 ; #Jér 33:18,21 ; cf. #Ex 38:21). Plus tard, on dit « les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadoq », désignation d’une branche de la famille d’Aaron (#Ez 44:15 ; cf. #Ez 43:19). Cette façon de désigner les desservants du culte était courante à l’époque où l’on distinguait nettement entre les simples Lévites, auxiliaires des sacrificateurs (#No 1:47-54), et les sacrificateurs eux-mêmes (#Ex 28:1). Sacrifier sur l’autel du tabernacle, et se servir de l’Ourim et du Toummim, ces fonctions-là étaient réservées strictement à la famille d’Aaron. L’histoire le prouve. 
   Les sacrificateurs avaient 3 devoirs essentiels : servir le Seigneur dans le sanctuaire ; enseigner la Loi au peuple ; consulter l’Éternel pour le peuple, au moyen de l’Ourim et du Toummim (#Ex 28:30 ; #Esd 2:63 ; #No 17:5; 18:5 ; #2Ch 15:3 ; #Jér 18:18 ; #Ez 7:26 ; #Mi 3:11). Le sacrificateur était soumis à des ordonnances particulières (#Lé 10:8). Il lui était interdit d’épouser une femme déshonorée ou répudiée. Il devait épouser une Israélite, vierge ou veuve, ayant une généalogie aussi régulière que celle du sacrificateur (#Lé 21:7 ; #Esd 10:18,19 ; Contra Apionem 1.7). Dans l’exercice de ses fonctions, il portait des vêtements sacrés, dont l’usage était défendu hors du Temple : 
 
1. Le caleçon, allant depuis les reins jusqu’aux cuisses ;
2. La tunique, ajustée au corps, d’une seule pièce, sans couture, atteignant (du moins aux époques tardives) les chevilles, et serrée sur les reins par une ceinture brodée de couleurs symboliques ;
3. Une sorte de bonnet. Toutes ces pièces étaient de fin lin (#Ex 28:39-42 ; Antiquités 3.7.1-3). Aux cérémonies religieuses, sacrificateurs et simples lévites avaient souvent un éphod de lin ; le port de ce vêtement, nullement comparable au luxueux éphod du souverain sacrificateur, n’était pas imposé (#1S 2:18; 22:18 ; #2S 6:14).
 
    Les sacrificateurs descendant d’Aaron (sans doute la 3e génération) reçurent, conformément à l’ordonnance mosaïque, 13 villes avec des pâturages et des terres, suffisantes aussi pour leurs successeurs (#Jos 21:10-19), dont le nombre augmenta considérablement au cours des siècles. C’est pourquoi David les divisa en 24 classes. Durant les semaines de grandes solennités, les 24 classes officiaient en même temps, mais d’ordinaire il n’y avait qu’une seule classe de service pour la semaine ; le changement s’effectuait le jour du sabbat, avant le sacrifice du soir (#1Ch 24:1-19 ; #2R 11:5,9 ; Antiquités 7.14.7). Seules 4 classes de sacrificateurs revinrent de Babylone avec Zorobabel (#Esd 2:36-39) ; mais les 24 furent reconstituées (cf. #Lu 1:5,9). Les sacrificateurs formaient une hiérarchie ayant à sa tête le souverain sacrificateur. Immédiatement après lui, il y avait un sacrificateur (#2R 25:18) qu’il faut probablement assimiler au « chef », ou « prince de la maison de Dieu » (#2Ch 31:13 ; #Né 11:11), et au « commandant du Temple » (#Ac 4:1; 5:24). Les chefs des sacrificateurs dont il est question dans le Nouveau Testament étaient le souverain sacrificateur en charge, les souverains sacrificateurs précédents encore vivants, et des membres de leurs familles. La confusion politique et la domination étrangère avaient infirmé la loi relative à la succession du souverain sacrificateur. Les Romains nommèrent et destituèrent à leur gré les hommes investis de cette charge très importante. Voir Anne ; Caïphe. 
 
      Les sacrificateurs de la Nouvelle Alliance. Dans l’Ancien Testament la hiérarchie religieuse se présentait comme suit : 
 
1. Aaron (ou son successeur), le souverain sacrificateur, ayant accès une fois l’an dans le lieu très saint au jour des expiations ;
2. Les sacrificateurs et les lévites, chargés du service du sanctuaire, exerçant leurs fonctions jusque dans le lieu saint ;
3. Le peuple, admis à présenter ses offrandes dans le parvis devant l’autel des holocaustes.
 
 
      Dans le Nouveau Testament, Christ est le souverain sacrificateur unique et parfait (#Hé 7:24-28) ; les croyants font tous partie du sacerdoce royal, étant devenus rois et sacrificateurs avec Celui qui les introduit jusque dans le lieu très saint, dont le voile a été déchiré (#1P 2:5,9 ; #Ap 1:6 ; #Hé 10:19-22) ; la foule à évangéliser se presse devant la croix du sacrifice expiatoire, clé du chemin qui mène à Dieu. C’est ainsi que tout en admettant largement les dons et les ministères particuliers, la Nouvelle Alliance ne connaît plus de clergé, caste séparée de prêtres ; car, pour elle, l’Église tout entière est un royaume de sacrificateurs. 
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