Sadducéens, Sadducaei, Saddoukaioi

24/01/2016 08:21
Sadducéens, latin Sadducaei, grec Saddoukaioi. Parti juif, opposé aux Pharisiens (Antiquités 13.10.6). Les Sadducéens, comparativement peu nombreux, étaient instruits et pour la plupart riches, influents, détenteurs de fonctions publiques (Antiquités 18.1.4). À en juger par l’orthographe, le mot dérive du nom propre Sadoc, souvent écrit Saddouk en grec. D’après les rabbins, le parti provenait d’un nommé Sadoc, qui vivait vers 300 avant Jésus-Christ et en serait le fondateur. Mais, comme il est évident que les membres de la plus haute artistocratie sacerdotale constituaient ce parti, on pense généralement que son origine remonte à un autre Sadoc (Tsadoq, #2S 8:17), souverain sacrificateur sous David. La souveraine sacrificature resta l’apanage de sa famille jusqu’à l’époque troublée des Maccabées. Ses descendants et ses partisans s’appelèrent Sadocites, autrement dit Sadducéens. Contrairement aux Pharisiens, qui accordaient une grande importance à la tradition des anciens, les Sadducéens ne se fondaient que sur les doctrines figurant dans le texte sacré. Pour eux, seule la loi écrite était déterminante (Antiquités 13.10.6), mais ils prétendaient avoir le droit de l’interpréter à leur guise (Antiquités 18.1.4). Ils demeuraient attachés à la lettre de l’Écriture, même s’il en résultait une grande sévérité dans l’exercice de la justice (Antiquités 20.9.1). 
 
      Contrairement aux Pharisiens, les Sadducéens niaient : 
 
1. La résurrection et la rétribution dans l’au-delà, déclarant que l’âme meurt en même temps que le corps (#Mt 22:23-33 ; #Ac 23:8 ; Antiquités 18.1.4 ; Guerre juive 2.8.14)
2. L’existence des anges et des démons (#Ac 23:8).
3. La prédestination, à laquelle ils opposaient le libre arbitre.
 
    Ils enseignaient que nous récoltons les conséquences directes de nos actes bons ou mauvais, et que Dieu ne s’occupe pas autrement de notre conduite (Antiquités 13.5.9 ; Guerre juive 2.8.14). Leur négation de l’immortalité et de la résurrection s’appuyait, disaient-ils, sur le fait que la Loi mosaïque ne contient pas de textes explicites relatifs à ces doctrines. Les Sadducéens ne tenaient aucun compte de la croyance des patriarches en l’au-delà et au séjour des morts ; cette croyance contenait pourtant en germe les révélations bibliques subséquentes de la résurrection du corps et du jugement futur. La foi des patriarches en la survie de l’âme est en effet incontestable. En niant l’existence des anges et des démons, les Sadducéens s’opposaient aux théories compliquées du judaïsme de leur époque ; mais passant à l’autre extrême, ils négligeaient à leur tour l’enseignement de la Loi (#Ex 3:2; 14:19). Au début, la secte enseigna probablement que Dieu confère des châtiments et des récompenses terrestres, selon le comportement des hommes. Mais s’ils prétendaient (comme Josèphe l’affirme) que Dieu se désintéresse de notre conduite, ils étaient en contradiction flagrante avec la Loi de Moïse, qu’ils disaient vouloir suivre (#Ge 3:17; 4:7; 6:5-7). Ils commencèrent sans doute par nier ce qui n’est pas expressément révélé dans la lettre de l’Écriture ; puis, de plus en plus influencés par l’hellénisme, ils finirent par adopter la philosophie d’Aristote en écartant toute doctrine qu’ils ne pouvaient démontrer rationnellement. 
 
      Origine et développement du parti des Sadducéens. Sur ce point, l’opinion de Schürer est celle-ci : la maison sacerdotale de Sadoc était à la tête du judaïsme au IVe et au IIIe siècle avant Jésus-Christ, sous les dominations perse et grecque. Cette aristocratie sacerdotale fit prévaloir la politique sur la religion, inconsciemment peut-être. 
 
      Au temps d’Esdras et de Néhémie, la famille du souverain sacrificateur inclinait vers le monde païen, voir Éliachib 5. À l’époque d’Antiochus Épiphane (175-163 avant Jésus-Christ), de nombreux sacrificateurs s’engouèrent d’hellénisme (#/APCJ 2Ma 4:14-16) ; les souverains sacrificateurs Jason, Ménélas, Alcime, se montrèrent férus de culture grecque. Sous les Maccabées, le peuple se déclara résolument pour la religion d’Israël et contre les mœurs païennes. Quand les Maccabées parvinrent à la souveraine sacrificature, les partisans de la maison de Sadoc s’adonnèrent à la politique et négligèrent de plus en plus les coutumes et les traditions des anciens, afin de cultiver l’hellénisme. Jean Hyrcan, Aristobule, Alexandre Jannée (135-78 avant Jésus-Christ) favorisèrent les Sadducéens. Sous la domination des Romains et des Hérode, la politique dépendait en grande partie des Sadducéens, les souverain sacrificateurs de cette période étant eux-mêmes de leur nombre (#Ac 5:17 ; Antiquités 20.9.1) 
 
    Sadducéens et Pharisiens se rendirent auprès de Jean-Baptiste, dans le désert. Le prophète les appela « race de vipères » (#Mt 3:7). Ils s’unirent pour demander à Jésus un miracle venant du ciel (#Mt 16:1-4). Le Seigneur mit ses disciples en garde contre les uns et les autres (#Mt 16:6-12). Les Sadducéens essayèrent de l’embarrasser par une question insidieuse, relative à la résurrection, mais il réfuta leurs arguments, et ils n’eurent rien à répondre (#Mt 22:23-33). Ils se joignirent aux sacrificateurs et au commandant du Temple, afin de persécuter Pierre et Jean (#Ac 4:1-22). L’apôtre Paul comparaissant devant le Sanhédrin, formé de Sadducéens et de Pharisiens, les divisa sur la question de la résurrection pour sauver sa vie (#Ac 23:6-10). 
 
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