CHARLES-HADDON SPURGEON *** Salle musicale de Surrey. Accident fatal

13/06/2014 13:23
Salle musicale de Surrey. Accident fatal 
 
Cette salle, qui pouvait contenir 6 000 personnes assises et 2 000 debout, devait, pensait-on, se remplir, à voir comment celle d’Exeter Hall avait été promptement insuffisante. Mais on ne s’attendait guère à l’accident fatal qui en marqua l’ouverture. Le dimanche 19 octobre 1856, le service du matin avait lieu au local ordinaire de New Park Street. Le texte était « Éprouvez-moi en ceci, a dit l’Éternel des armées, si je ne vous ouvre les canaux des cieux et si je ne répands en votre faveur la bénédiction, de sorte que vous n’y pourrez point suffire ». Ce texte, choisi en vue du service du soir qui devait avoir lieu dans le nouveau local et qui répondait à la préoccupation générale de l’auditoire, amena M. Spurgeon à parler des déceptions que rencontrent dans le monde ceux qui se confient en d’autres qu’en Dieu seul. Après avoir dépeint ce désappointement par plusieurs comparaisons pittoresques, il en vint à représenter un navire qui part pour la haute mer, orgueilleusement chargé de nombreux passagers et d’abondantes provisions, et cinglant majestueusement sur les flots, lorsque le cri terrible Au feu ! Retentit dans les airs et fit succéder tout à coup aux plus belles espérances l’effroi, le désordre et la mort — ce passage a été considéré plus tard comme inspiré à l’orateur par un véritable esprit de prophétie. Vers cinq heures du soir, des milliers d’auditeurs s’acheminaient de toutes parts vers le nouveau local, et, à six heures cinq minutes, il regorgeait déjà. D’après les supputations les plus authentiques, le chiffre des assistants était, selon les uns, de 14 000 ; selon d’autres, de 12 000, et, selon les moins hardis, de 10 000. Ce qui demeure certain, c’est que plus de la moitié de la foule ne put entrer et obstruait les abords de l’édifice. L’intérieur de la salle, quoique encombré d’auditeurs excessivement serrés et pressés, paraissait parfaitement tranquille et recueilli. M. Spurgeon avait achevé la lecture et commençait la prière, quand tout à coup des cris sinistres se font entendre Au feu ! — Les galeries sont ébranlées ! — Les charpentes cèdent ! Aussitôt la panique se déclare. Tous se précipitent vers les escaliers, vers les portes et une cohue effroyable commence. On n’a pu s’expliquer cette étrange épouvante que par la venue de personnes malveillantes, désireuses de jeter du discrédit sur cette nouvelle tentative de prêcher aux masses. À peine remis de leur première épouvante, M. Spurgeon et ses amis firent de vains efforts pour calmer l’effroi de l’assemblée. Tout le monde se pressait vers les issues ; les personnes placées sur les galeries se précipitaient le long des escaliers, brisant les balustrades et tombant les unes sur les autres. Un grand nombre furent plus ou moins grièvement blessées et sept furent écrasées ! À l’ouïe de ce fatal résultat, M. Spurgeon, qui n’en fut informé que des derniers, tomba dans un état de prostration et de douleur extraordinaire. On l’emporta chez lui et on lui prodigua tous les soins. Mais cette secousse morale avait trop fortement ébranlé sa robuste santé, et il dut rester quinze jours sans reprendre la parole. On avait vivement débattu la question de savoir si l’on devait persévérer dans le projet de se servir de cette salle, et plusieurs des diacres de l’église étaient d’avis d’abandonner l’entreprise. Mais, comme il n’y avait, après tout, pas de raison valable pour se désister, on finit par adopter l’avis contraire et par se borner à prendre de sages précautions contre les perturbateurs, en mettant ces services le matin, au lieu du soir. Depuis lors, l’édifice a été rempli tous les dimanches et a même été tellement insuffisant, malgré son immensité, qu’on a eu l’idée de délivrer des cartes d’admission à un shilling (un franc et 20 centimes), et d’admettre en seconde ligne les auditeurs non munis de ces cartes, quand il restait quelque peu d’espace à leur offrir. 
       Au total, si les auteurs de la catastrophe précitée ont eu pour but de nuire à la réputation de M. Spurgeon, leur tentative coupable a dû leur laisser d’amers regrets, car rien n’a plus contribué au contraire à étendre sa renommée. On venait justement de commencer à publier ses sermons, dont la vente se trouva bientôt doublée et procura à l’auteur des témoignages d’estime venant de tous les points du globe. La noblesse, les personnages les plus distingués vinrent se placer au pied de sa chaire, avec des gens de toutes les classes de la société : hommes d’état, juges, avocats, orateurs, membres du parlement, dignitaires anglicans, pasteurs de toutes les dénominations, prêtres, poètes, peintres, acteurs de toute classe, et jusqu’au plus menu peuple, tous accouraient et tous s’en retournaient touchés et émerveillés. 
 

 

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