Salmanasar

24/01/2016 08:00
Salmanasar (SEGOND, SYNODALE, Français Courant, JÉRUSALEM, T.O.B.) ; Shalmaneser (DARBY). Assyrien : Shulmanu-asharidu, le dieu Shulman est chef. Nom de plusieurs rois d’Assyrie : 
 
1. Salmanasar 1er, qui construisit, ou plutôt restaura la ville de Kalah. Il régna de 1280 à 1260 avant Jésus-Christ.
2. Salmanasar III, fils d’Ashur-nasir-pal. Régna approximativement de 858-824 avant Jésus-Christ. Énergique et persévérant, il fut le premier souverain assyrien qui entra en conflit aves les Israélites. Dès la première année de son règne, il se mit en campagne, franchit l’Euphrate, ravagea le pays des Hittites jusqu’à la Méditerranée. Outre les expéditions qu’il fit au nord, à l’est, et au sud de Ninive, il traversa l’Euphrate 20 fois. Pour lui barrer la route à l’ouest, les Syriens formèrent une ligue englobant Damas, Hammath et 12 rois du littoral. Des troupes des nations voisines renforcèrent de temps à autre la coalition. À Karkar, 853 avant Jésus-Christ, l’armée d’Achab, roi d’Israël, se joignit aux soldats de Damas pour combattre l’Assyrien ; voir Achab 1 ; Ben-Hadad 2. Salmanasar prétend avoir gagné la bataille de Karkar ; si ce fut le cas, il n’en tira aucun profit, car il ramena immédiatement son armée à Ninive. Le roi d’Assyrie réapparut 3 ans plus tard à l’ouest, mais la coalition l’arrêta de nouveau. L’année suivante, la 11e de son règne, il franchit l’Euphrate, pilla de nombreuses villes du royaume de Hammath, mais fut tenu en échec. La 14e année du règne, il revint et écrasa la coalition. La 18e année, en 842 avant Jésus-Christ, il vainquit Hazaël de Damas, sur l’Hermon. Les rois de Tyr, de Sidon et d’Israël (Jéhu) se hâtèrent de se soumettre et de payer un tribut.
Du règne de Salmanasar III, on a retrouvé plusieurs monuments bien préservés. Le plus beau est l’obélisque noir actuellement au British Museum. C’est un gros bloc de basalte, de plus de 1,80 m de haut, découvert à Kalah (Nimroud) en 1846. Ses 4 faces sont couvertes d’inscriptions et de bas-reliefs représentant les tributaires qui rendent hommage au roi, suivis de leurs nombreux présents. On voit en particulier Jéhu, roi d’Israël, se prosternant pour baiser le pied de Salmanasar (voir dessin), tandis que l’inscription porte : « Le tribut de Jéhu, fils d’Omri : argent, or, etc… » En réalité, Omri avait simplement régné avant Jéhu, sans être son père ; mais pendant longtemps les Assyriens avaient continué à parler d’Israël comme du « pays d’Omri ». À propos de la bataille de Karkar, Salmanasar écrit dans sa chronique qu’il a, entre autres, détruit « 10 000 hommes d’Achab, l’Israélite ». Il est très frappant de constater que ces découvertes archéologiques confirment une fois de plus l’historicité du texte biblique (ici le livre des Rois) nous apprenant d’autres détails historiques dont la Bible ne parle pas (voir Jéhu ; Ninive).
3. Salmanasar V, successeur de Tiglath-Piléser III, régna de 728-7 avant Jésus-Christ à 722, et commença ses campagnes en 725. D’après des Annales tyriennes, citées par Josèphe, il envahit la Phénicie. À l’approche des Assyriens, Sidon, Acre et la partie de Tyr située sur le littoral, secouant le joug de la Tyr maritime (bâtie sur une île), reconnurent la suzeraineté du roi d’Assyrie ; il se retira, puis revint attaquer les insulaires tyriens. Ceux-ci dispersèrent les navires assyriens, montés par des Phéniciens. Salmanasar se retira, mais laissa sur le littoral de nombreuses troupes qui bloquèrent l’île de Tyr durant 5 ans (Antiquités 9.14.2) ; elle finit par se soumettre à Sargon. Osée, roi d’Israël, tributaire de Salmanasar V, après l’avoir été de son prédécesseur, s’appuya sur So, roi d’Égypte et refusa de payer le tribut au roi d’Assyrie. Il avait peut-être été encouragé par la résistance de Tyr. Salmanasar fit prendre Osée à Arbèle (Galilée), ou ailleurs, puis assiégea Samarie ; cette capitale résista 3 ans avant de se rendre aux Assyriens (#2R 17:1-6; 18:9,10). Voir Sargon.
 
 
L’obélisque de Salmanasar. Le roi assyrien y relate ses victoires militaires et ses réalisations durant ses 31 ans de règne.  
 
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