Samaritain

25/12/2015 16:51
Samaritain. Dans le seul passage de l’Ancien Testament où figure ce terme, il est synonyme d’habitant de l’ancien Royaume israélite du nord (#2R 17:29). Le Nouveau Testament appelle Samaritains les habitants du district de Samarie, au centre de la Palestine (#Lu 17:11-19). Sargon II déclare avoir déporté 27 280 Israélites, lorsqu’il s’empara de cette région. Le conquérant y laissa cependant des Juifs, qui se soulevèrent. Sargon entreprit de les dénationaliser en introduisant dans le pays des colons venus de Babylonie, de Hammath (#2R 17:24) et d’Arabie. Ces gens importèrent en Samarie leurs coutumes idolâtres. La population était alors clairsemée ; on ne cultivait plus le sol, dévasté par les guerres. Les bêtes sauvages, les lions abondaient, fléau de Dieu. Les nouveaux colons firent savoir au roi d’Assyrie qu’ils attribuaient ces malheurs à l’Éternel, Dieu du pays, dont ils ne connaissaient point le culte. Le monarque ordonna à l’un des prêtres israélites déportés d’aller s’établir à Béthel et d’enseigner à ces gens la religion de l’Éternel. Le prêtre ne put les persuader d’abandonner leur idolâtrie ancestrale. Dressant des emblèmes de leurs divinités sur les hauts lieux des Israélites, ils mélangèrent leur fausse religion à celle de l’Éternel (#2R 17:25-33) et maintinrent ce culte mixte postérieurement à la chute de Jérusalem (#2R 17:34-41). Esar-Haddon poursuivit la politique de Sargon, son grand-père (#Esd 4:2). Osnappar (Assourbanipal) acheva la colonisation en ajoutant aux Samaritains des gens de l’Élam et d’ailleurs (#Esd 4:9,10). 
 
      La nouvelle province de l’empire assyrien n’avait aucune puissance. Le roi Josias et ses fidèles parcoururent toute la Samarie et en détruisirent les idoles des hauts lieux (#2Ch 34:6,7), soutenant ainsi l’influence des Israélites restés en Samarie et de leurs sacrificateurs. Longtemps après, des Samaritains avaient encore l’habitude de faire le voyage de Jérusalem pour y assister au culte dans le Temple (#Jér 41:5). Quand Zorobabel ramena les Israélites de Babylonie à Jérusalem, les Samaritains demandèrent la permission de participer à la construction du Temple ; ils disaient avoir adoré le Dieu d’Israël dès l’époque d’Esar-Haddon. Zorobabel et les chefs repoussèrent leur collaboration (#Esd 4:2). 
 
     La plupart des Juifs refusèrent très tôt de s’unir aux Samaritains sur le plan social et sur le plan religieux. Cette répugnance dégénéra en antipathie intense (#Esd 4:3 ; #Lu 9:52,53 ; #Jn 4:9). Les Samaritains n’étaient point de pure race juive et pratiquaient une religion mixte. Josèphe (Antiquités 9.14.3) dit qu’ils se vantaient de leur parenté avec les Juifs quand la situation de ceux-ci était prospère, mais se disaient issus des Assyriens si les Juifs étaient dans l’adversité. Zorobabel, Josué et les principaux Israélites ayant refusé l’assistance des Samaritains pour rebâtir le Temple, ceux-ci se joignirent aux adversaires de cette reconstruction (#Esd 4:1-16). Ils s’opposèrent aussi à ce que Néhémie restaurât les murailles de Jérusalem (#Né 4:1-23). Leur chef était alors Sanballat, le Horonite dont le gendre fut exclu du sacerdoce par Néhémie. Sanballat éleva probablement le temple samaritain du mont Garizim ; voir Sanballat. Dès lors, des Juifs chassés de Jérusalem par des mesures disciplinaires prirent l’habitude de se rendre sur le Garizim, où les Samaritains les accueillaient avec plaisir (Antiquités 11.8.7). Lors des persécutions d’Antiochus Épiphane, les Samaritains renièrent leur parenté avec la race juive et, pour flatter le tyran, déclarèrent vouloir consacrer leur temple du Garizim à Jupiter, défenseur des étrangers (#/APCJ 2Ma 6:2). Vers 128 avant Jésus-Christ, Jean Hyrcan s’empara de Sichem et du mont Garizim, et détruisit le temple des Samaritains (Antiquités 13.9.1), qui continuèrent ensuite de célébrer leur culte sur son emplacement. Ainsi faisaient-ils à l’époque de Jésus (#Jn 4:20,21). 
 
      Leurs doctrines étaient alors assez analogues à celles des sadducéens. Comme eux, ils attendaient un Messie terrestre (#Jn 4:25). De l’Ancien Testament, ils n’acceptaient que le Pentateuque. Ils reçurent facilement l’Évangile que leur prêcha Philippe, car les miracles qu’il accomplit les convainquirent (#Ac 8:5,6). En outre, contrairement au judaïsme, le christianisme, marchant sur les traces de son fondateur, accueillait les Samaritains et leur conférait les mêmes privilèges qu’aux convertis issus du judaïsme (#Lu 10:29-37; 17:16-18 ; #Jn 4:1-42). 
 
      Une petite communauté samaritaine existe encore à Naplouse, l’ancienne Sichem, et aux alentours (environ 200 membres). 
 
     Le Professeur H. G. M. Williamson, de l’Université de Cambridge, donne une hypothèse plus récente concernant l’origine des Samaritains du Nouveau Testament (voir Illustrated Bible Dictionary, I.V.P., 1980, volume III, page 1378). Selon lui, les Samaritains du Nouveau Testament ne seraient pas les descendants physiques et spirituels des colons établis dans le Royaume du nord par Sargon II, Esar-Haddon et d’autres rois assyriens (et qui se seraient quelque peu judaïsés) (voir #2R 17). Williamson pense que l’origine des Samaritains du temps des évangiles et des Actes remonte au temps de la réoccupation de Sichem par quelques puristes de la religion juive, lesquels se sont séparés de Jérusalem au début de la période hellénistique en Palestine. Plus tard, ils ont construit leur propre temple sur le mont Garizim (#Jn 4:20). 
 
      L’hypothèse est intéressante. De toute façon, il a dû y avoir une véritable reconversion chez la population samaritaine (même au temps de Zorobabel) pour parler comme ils l’ont fait en #Esd 4:2, à moins que la déclaration n’ait été mensongère. Le dernier mot à ce sujet n’a peut-être pas encore été dit. Voir Pentateuque samaritain. 
 
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