Tyr

07/02/2014 14:04
Tyr (SEGOND, Français Courant, JÉRUSALEM, T.O.B.) : rocher. Ville phénicienne datant de la plus haute antiquité (#Esa 23:5-18 ; Antiquités 8.3.1). Selon les données bibliques, Tyr aurait été fondée postérieurement à Sidon, ou l’aurait surpassée (#Esa 23:12). Un texte d’Hérodote permet de situer la fondation de Tyr vers 2750 avant Jésus-Christ (Hérodote 2.44). Les historiens et les géographes de l’antiquité attestent que la ville primitive se trouvait sur le continent. Pour se protéger contre les assiégeants, elle se transporta sur un îlot rocheux séparé de l’ancienne ville par un bras de mer. De là provient le nom de Tyr : rocher. Les auteurs anciens font souvent allusion à sa position au milieu des eaux (#Ez 26:17; 27:32). La ville continentale s’appela dès lors Palaetyrus : Tyr l’ancienne. Les textes sacrés nommant ensemble Tyr et Sidon, placent toujours Tyr avant sa rivale ; Israël se trouvait plus près de Tyr que de Sidon, et Tyr ne cessait de gagner de l’importance. Au XVe siècle avant Jésus-Christ, l’Égypte assujettit Tyr, les tablettes de Tell el-Amarna en témoignent. Ville forte au temps de Josué (#Jos 19:29), située à la frontière d’Aser, elle ne fut allouée à aucune des tribus d’Israël. Hiram, appelé aussi Houram, roi de Tyr, entretint des relations amicales avec David et Salomon. Il fournit des matériaux pour le palais de David (#2S 5:11 ; #1R 5:15 ; #1Ch 14:1) ; il en procura aussi à Salomon pour la construction du Temple et d’autres édifices (#1R 9:10-14 ; #2Ch 2:2-15). Un ouvrier fondeur fort intelligent appelé aussi Hiram, fils d’une mère israélite et d’un père tyrien, exécuta les travaux d’art du Temple (#1R 7:13,14,40,45). Les Tyriens, nation pacifique, fabriquaient des teintures de pourpre, des objets en métal, en verre ; ils s’enrichissaient en parcourant les mers pour trafiquer avec les peuples les plus éloignés (cf. #1R 9:28). Les marchands tyriens étaient comparables à des princes (#Esa 23:8). Au IXe siècle avant Jésus-Christ, une colonie de Tyriens fonda Carthage, qui rivalisa avec Rome. 
 
      Malgré son esprit pacifique, Tyr dut souvent subir la guerre. Vers 724 avant Jésus-Christ, Salmanasar V, roi d’Assyrie, reçut la soumission de la cité continentale, et assiégea la ville maritime. Il mourut en 722, sans avoir pu s’en emparer (Antiquités 9.14.2 ; cf. probablement #Esa 23) ; Sargon, son successeur, y réussit. À cette époque, les relations amicales entre Tyr et Israël n’existaient plus. L’impie Jézabel, femme d’Achab, était fille d’Ethbaal, roi de Tyr ; elle fit beaucoup pour introduire en Israël le paganisme corrompu de sa patrie (#1R 16:31-33; 18:4,19). D’autre part, les prophètes accusent les Tyriens d’avoir livré des Israélites aux Édomites (#Am 1:9), volé leurs biens, et vendu des Israélites comme esclaves aux Grecs (#Joe 3:5-6). Esar-Haddon assiégea Tyr et la rendit tributaire. En 664 avant Jésus-Christ, elle se soumit à Assourbanipal. Au siècle suivant, les marchands tyriens très prospères trafiquaient avec toutes les régions du monde connu (#Ez 27). Jérémie prophétisa que Neboukadnetsar, roi de Babylone, s’emparerait de Tyr (#Jér 27:1-11). Le prophète Ézéchiel prononça contre Tyr une prophétie célèbre (#Ez 26:1-28:19 ; #Ez 29:18-20). Ces prédictions de Jérémie et d’Ezéchiel se rapportent surtout au siège de Tyr par Neboukadnetsar, qui dura 12 ans, de 585 à 573 avant Jésus-Christ (Contra Apionem 1.21). On ne sait si Neboukadnetsar s’empara réellement des 2 villes (cf. #Ez 29:18-20) ; éventuellement de la cité continentale seulement (#Ez 26:7-11 peut-être verset #Ez 26:12). Ce siège ne rapporta pas à Neboukadnetsar ce qu’il escomptait ; Tyr finit cependant par reconnaître sa suzeraineté. En 332 avant Jésus-Christ, après un siège de 7 mois, la ville insulaire tomba au pouvoir d’Alexandre le Grand qui avait jeté une digue entre la côte et l’île. Mais Tyr redevint rapidement florissante (cf. #Esa 23:15-18). 
     Jésus se rendit une fois dans le territoire de Tyr et de Sidon (#Mt 15:21-28 ; #Mr 7:24-31), dont les habitants cherchèrent plusieurs fois à bénéficier de son ministère (#Mr 3:8 ; #Lu 6:17). Jésus releva que les villes païennes étaient moins coupables que les localités galiléennes, qui avaient eu tant d’occasions d’entendre sa prédication et de voir ses miracles (#Mt 11:21,22 ; #Lu 10:13,14). Une communauté chrétienne se forma à Tyr ; Paul lui rendit visite (#Ac 21:3-6). Origène, exégète célèbre décédé vers 254 après Jésus-Christ, fut enseveli dans la basilique chrétienne de Tyr. En 323, Eusèbe, historien de l’Église et évêque de Césarée, prononça le sermon de consécration de la nouvelle grande basilique qu’éleva l’évêque Paulin. 
 
      Les Musulmans s’emparèrent de Tyr en 638 ; les Croisés en 1124. L’empereur Barberousse y fut enseveli. Quand les Croisés perdirent la ville, en 1291, il n’en restait guère que des pierres, qui servirent aux constructions de Beyrouth, d’Acre, de Jaffa. Tyr possédait 2 ports : l’un au nord-est de l’île, appelé sidonien parce qu’il regardait Sidon ; l’autre au sud s’appelait port égyptien. Le môle construit par Alexandre subsiste ; il mesure environ 800 m. La plupart des ruines, y compris celles de la cathédrale, datent de l’époque des Croisades. Un aqueduc amenait, du continent à la Tyr insulaire, l’eau des sources du Ras-el-Aïn. Les prophéties de Jérémie et d’Ézéchiel sur Tyr se sont accomplies. L’emplacement de la ville antique est inhabité. Le môle d’Alexandre et l’accumulation de sable ont transformé l’île primitive en une presqu’île. Une petite localité portant le nom arabe de Sour s’est élevée à la jonction de l’île et de l’isthme. Palaetyr, la ville continentale, a presque entièrement disparu. Il n’en reste guère que quelques hypogées. Le monument portant le nom d’Hiram ou plutôt d’Ahiram, n’est pas le tombeau de ce souverain mais le sarcophage de l’un de ses ancêtres. Voir Sarcophage ; Hiram. 
 
Ruines de Tyr.  ==> figure 11305 
 

 

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